Zahir Zerdab : « On est loin de ce que Camon pourrait et devrait produire »

Le 11HDF

Capitaine d’une équipe de l’US Camon qui visait la montée en début de saison et qui n’a gagné que deux de ses sept premiers matches dans le championnat de Régional 1, Zahir Zerdab n’a pas cherché d’excuse après le nouveau faux-pas contre Longueau (1-2), dimanche. Selon l’expérimenté attaquant de 39 ans, la formation entraînée par Titi Buengo n’est tout simplement pas encore une équipe. Entretien.

Comment expliquez-vous cette défaite dans le derby ? 

On perd ce match sur des erreurs individuelles, notamment dans le placement. Le football est fait d’erreurs, mais là certaines étaient trop grossières. Surtout, on n’arrive pas à corriger tout ça depuis le début de saison. Cela nous coûte de gros points et à force on n’arrivera plus à les rattraper.

Ce match était justement l’occasion de recoller à votre adversaire et de pouvoir regarder vers le haut. Ce n’est finalement pas le cas…

Aujourd’hui, on est loin de ce que Camon pourrait et devrait produire. Depuis deux ou trois ans, on n’a pas un super jeu mais on arrivait à compenser ça par une solidité défensive. On n’avait pas les mêmes défenseurs, ils étaient peut-être moins de qualités mais ils faisaient moins d’erreurs. Offensivement, on était également beaucoup plus efficace. Sur ce match, on n’arrive pas à mettre en place notre jeu. Des dédoublements, des combinaisons, des centres, on a rien de tout ça. Même notre jeu vertical n’est pas bien huilé.

Quelles sont les raisons de cette difficulté récurrente à jouer en équipe ?

La mayonnaise n’a pas encore pris, mais le problème c’est que la saison avance. Il y a des choses travaillées à l’entraînement qui ne sont jamais reproduites en match. On préfère tenter des choses difficiles, individuellement. Dès qu’on perd un joueur comme Landry Matondo, on a perdu toute identité de jeu. Il faudrait pouvoir s’adapter mais ça s’avère compliqué pour beaucoup de joueurs.

Ne faut-il pas faire une croix sur la montée, arrêter d’en parler, et simplement commencer à gagner des matches ? 

Il y a des choses annoncées parce qu’on est tous des compétiteurs. Après c’est toujours bien de faire un point après cinq-six matches pour voir où on en est. Et on remarque que les qualités individuelles, les parcours de chacun ne font pas un collectif. On a perdu contre des équipes qui ne sont pas forcément meilleures, et je ne parle même pas de ce match contre Longueau, qui n’était pas un top match et qui peut basculer d’un côté comme de l’autre. Je pense plus aux défaites contre Marck et Grande-Synthe. On ne constate pas un grand écart, mais on perd tous ces matches là. Et aujourd’hui, ces équipes sont sept ou huit points devant nous. Il faut effectivement prendre match après match désormais.

Sentez-vous le groupe fragilisé par ce début de saison ? 

Je ne dirais pas fragilisé. Il y a du monde à l’entraînement, du monde qui veut bien faire. Le souci est que tout le monde n’a pas encore compris le projet collectif que le coach doit aussi réussir à faire comprendre. Pour autant, je ne suis pas inquiet, on va gagner des matches, on a la qualité pour. Quant à savoir si l’objectif (ndlr : la montée) sera atteint, je ne sais pas, la saison est encore longue. Après, annoncer des choses en début de saison après deux années écourtées… On ne savait pas vraiment comment se situer. Et je répète les noms, les parcours, ça ne suffit pas. Ce que l’on montre collectivement depuis le début de saison ne ne nous permet pas de dire qu’on est au-dessus. N’importe quel observateur qui vient nous voir jouer constate qu’il n’y a pas d’automatismes dans l’équipe. Ca me frustre vraiment. A la fin des matches, j’ai l’impression que je pourrais encore jouer une heure sans problème. Je ne trouve pas le plaisir en allant jouer le dimanche en ce moment, qu’on gagne ou qu’on perde. La victoire aurait caché un peu les choses, mais ça n’aurait pas occulté notre déficit dans le jeu et le manque de plaisir qu’on peut ressentir.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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