Titi Buengo (US Camon) : « Cette saison me laisse un goût amer »

Désireux de jouer la montée en National 3, l’US Camon ont finalement été rattrapée par son manque de constance et son incapacité à garder un score jusqu’au bout. Terminant la saison à la cinquième place, les Camonois vont se régénérer durant l’intersaison pour tenter de faire mieux la saison prochaine. C’est en tout cas l’ambition de leur entraîneur, Titi Buengo. Entretien.

Titi, êtes-vous déçu de la finalité de ce dernier match ?

Non, je ne le suis pas. Il n’y avait plus d’enjeu et ce dernier match résume notre saison. On laisse des points en route, on a beaucoup d’occasions qu’on n’arrive pas à concrétiser. Il fallait que ça se termine.

Il fallait enfin boucler cette saison…

Elle me laisse un goût amer, cette saison. Je suis un peu frustré parce qu’on espérait mieux mais malheureusement, le terrain est le seul juge. On a eu des manques à certains matches, certains endroits, certains secteurs. Forcément, on ne pouvait pas espérer ce bond auquel on aspirait en début de saison.

Quels sont ces manques ?

Déjà, l’investissement du groupe, de certains joueurs, de la concentration. Pour prendre autant de buts alors qu’on encaissait très peu sur les dernières années… Il nous a aussi manqués de l’efficacité sur la première partie de championnat.

C’est un milieu d’hypocrites, et ça vient souvent de personnes qui n’ont rien fait dans le football et qui veulent donner des leçons, aboient à droite, à gauche.

Tout ça donne un bilan d’ensemble assez moyen…

Exactement. On sort de cette saison avec neuf matches nuls, dont plusieurs où on encaissait un but dans le temps additionnel. On aurait dû gagner ces matches, mais encore une fois, c’est le terrain qui décide et il faut faire avec.

Estimez-vous toujours que cette équipe avec le potentiel pour finir plus haut ?

Elle avait le potentiel, oui, mais on n’était que dans la théorie et à un moment donné, il faut être dans la pratique. Elle n’a pas fait ce qu’il fallait pour tirer le meilleur du groupe.

Tirez-vous des leçons de cette saison ?

Comme à chaque fois, oui. Cela faisait deux ans que l’on ne finissait pas les saisons, là on vient d’en finir une et c’est vrai que c’est déstabilisant. Sur les deux dernières années, on était quand même bien. Là, dès le départ, on a senti que ce n’était pas comme les autres années. On sera très vigilant en début de saison prochaine sur pas mal de compartiments comme les choix d’hommes, l’état d’esprit du groupe. Ce sera vraiment le mot-clé pour bâtir une belle équipe.

Est-ce nécessaire d’apporter du changement ?

Il y aura du changement, c’est une certitude, mais il n’y a pas lieu d’en avoir dix non plus. Il y aura un état d’esprit nouveau qui fera du bien au groupe. Il est en manque de cohésion, d’état d’esprit. Quand on ne s’intéresse pas à la vie du groupe, c’est impossible de vivre les choses avec. Là-dessus, on ne se trompera plus. On n’ira plus chercher des individualités mais plutôt des joueurs qui vont apporter mais aussi se fondre dans le groupe. A Longueau, il n’y a pas de star, de joueur supérieur. Par contre, il y a une vraie cohésion, une âme et un respect de ce que l’entraîneur met en place. C’est le succès d’un collectif. Ca apporte une vraie réflexion, mais elle était déjà quelque peu en place. On attendait juste de finir la saison et de faire le point pour se projeter différemment.

Le 11HDF

Avez-vous été amené à réfléchir à votre avenir à la tête de l’équipe ?

Non. On avait un projet avec le président mais on a eu deux ans de Covid qui nous ont ralenti.  Après j’ai réfléchi un petit peu, parce que quand on est dans un club et qu’au sein de ce club, on vous tire dessus… Personnellement, je m’en fous parce que je ne dois rien à personne. Si ce n’est pas à Camon, ce sera autre part, on n’est que de passage là où on est, mais de voir que dans le club, il y a des personnes qui vous tirent dessus, ça porte à réflexion. On se sent un peu moins à l’aise. Aujourd’hui, je serai renfermé sur mon rôle d’entraîneur, sur l’évolution de cette équipe, la faire grandir et le reste, je m’en fous carrément. C’est un milieu d’hypocrites, et ça vient souvent de personnes qui n’ont rien fait dans le football et qui veulent donner des leçons, aboient à droite, à gauche. C’est ça que je trouve marrant et triste à la fois.

Ca n’a pas été une saison facile…

Ah non, du tout ! J’ai travaillé avec des personnes qui m’ont quitté en cours de route, on s’est retrouvé démuni de pas mal de choses, d’adjoints que j’avais au départ. Quand tu tires le bilan, je sais que je n’aurai plus confiance à l’aveuglette comme j’ai pu le faire auparavant. Je ne pèse pas mes mots, c’est vraiment un environnement de p*tes (sic). C’est vraiment le terme pour décrire certaines personnes dans ce milieu. J’ai été vraiment déçu par rapport à ça. Je sais que j’ai la confiance de mon président, de certaines personnes du club et c’est tout ce qui compte.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

CAMON – STEENVOORDE : 2-2 (1-0)

22ème journée de Régional 1

Stade Lucien Jovelin, Camon

Arbitre : M. Thibault

Buts : Touré (35′), Megharbi (57′) pour Camon

US Camon : Chivé – Adam, Sakho, Ngosso, Kondo – Meraoumia, Faïz – Pechin, Adon, Touré, Megharbi

Entrants : Kandé, Bornoville, Badibanga

Entraîneur : Titi Buengo

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