Stéphane Cabrelli (Linas) : « On est prêt pour un nouvel exploit »

Stephane Cabrelli Linas
Dave Winter/Icon Sport

A la tête de la formation de Linas-Montlhéry, adversaire de l’Amiens SC dimanche en seizième de finale de coupe de France, Stéphane Cabrelli veut voir son équipe jouer sa chance à fond pour tenter d’écrire une des plus belles pages de l’histoire de la compétition. Entretien.

Stéphane Cabrelli, dans quel état d’esprit êtes-vous à la veille de votre seizième de finale contre Amiens ?

Tout est au beau fixe. On est prêt pour une nouvelle fête, pour essayer de faire un nouvel exploit. C’est un événement déjà pour nous d’être en lice pour une qualification en huitièmes de finale de Coupe de France.

Après avoir éliminé Dunkerque et Angers aux tours précédents, on n’a plus vraiment peur de personne ?

On ne va pas faire non plus les vieux routiers, les garçons blasés. Mais, effectivement, on n’est plus totalement néophytes à ce niveau-là. On sait qu’on doit rester concentré sur le match. La différence avec Angers, c’est qu’il n’y avait pas de média, il n’y avait personne avant le match. Depuis notre qualification, on est sollicité tous les jours. On ne s’en plaint pas, ça fait partie du charme de la coupe pour nous, les petites équipes. L’important est de maintenir suffisamment de concentration pour rester la tête au vrai événement, le match.

Il n’y avait pas eu plus d’emballant que ça après l’élimination de Dunkerque ? 

Entre guillemets, ce n’était que le septième tour. Des clubs de National 3 qui éliminent des Ligue 2, ça arrive plus souvent. L’impact médiatique et populaire est plus important quand les 32es de finale arrivent et qu’on élimine une Ligue 1. Petit à petit, c’est une vraie aventure qui se construit après avoir démarré au mois de septembre. La première grosse étape est Dunkerque, la deuxième étant Angers et on a désormais un troisième gros morceau qui se dresse sur notre route, avec Amiens. On verra si on est capable de continuer notre aventure. En attendant, notre parcours est déjà assez beau.

Linas Angers
Catherine Steenkeste/Icon Sport)

Justement, comment expliquez-vous cette nouvelle belle épopée en coupe de France cette saison ?

On obtient rien sans chance, mais nos qualifications contre Dunkerque et Angers ne sont pas imméritées non plus. On gagne dans le temps réglementaire, sans avoir encaissé le moindre but. S’il faut prendre des buts contre Amiens et gagner aux tirs au but, je prends quand même ! Contre Angers, on a bien démarré le match, on marque rapidement et ensuite on a plutôt bien géré sans être mis en difficulté. Cela prouve que ça ne tient pas du miracle, même s’il nous a fallu un peu de chance au niveau du scénario ou sur certains instants du match. Il y a aussi beaucoup d’aléatoire en coupe de France, c’est difficile de dire qu’on va faire quelque chose.

Il commence à y avoir une vraie culture de la coupe à Linas…

Après, le groupe était déjà là dans son ensemble il y a deux ans, quand on a joué le PSG (ndlr : défaite 6-0 en 32es de finale). C’est vrai qu’on a appris à aimer la coupe et qu’on ne l’a pas négligé depuis le début. On a toujours eu une grosse implication sur tous les matches. Il y a un petit esprit coupe de France qui commence à se développer. C’est une compétition exceptionnelle, qui procure des scénarios extraordinaires. C’est quelque chose à part et quand on y goûte ça donne envie d’y revenir. Ça met aussi de la lumière sur le club, ça permet de le faire grandir autant que ça fait grandir l’équipe qui affronte des formations professionnelles. C’est aussi une bonne chose dans l’optique du championnat qui reste notre pain quotidien.

On veut gagner ce match et on pense qu’on a des chances de pouvoir le faire.

Il y a deux ans, c’était le PSG de Cavani. Quel souvenir en gardez-vous ? 

C’était une fête pour tout le monde, le président, les joueurs, les supporters… Cette année, c’est très différent. C’est toujours une fête pour le club, il y a une vraie effervescence. Par contre, pour le staff et les joueurs, c’est avant tout de la compétition, sauf si on était amené à rencontrer à nouveau le PSG bien évidemment. Avec tout le respect qu’on devait à Dunkerque et à Angers et qu’on doit à Amiens demain, on joue pour créer l’exploit, pour passer et pas juste se dire qu’on reçoit un gros, qu’on baisse les armes et qu’on est déjà content de notre parcours. On veut gagner ce match et on pense qu’on a des chances de pouvoir le faire.

C’est pour cette raison que vous avez souhaité jouer sur votre terrain à Linas et non pas aller à Bondoufle comme ça avait pu être le cas par le passé ? 

Sincèrement, c’est un faux débat ! On a un super synthétique, quand les joueurs vont arriver ils vont voir la qualité de notre synthétique qui est tout neuf et de dernière génération. Ils n’ont peut-être pas l’habitude de jouer ou de s’entraîner sur ce genre de surface, mais c’est moins problématique pour eux que d’aller sur un terrain en herbe qui serait un bourbier. Là, ils pourront faire le contrôle qu’ils ont envie de faire, il n’y aura pas de faux rebond. Ça va également plus vite, ce qui doit avantager l’équipe plus technique, donc Amiens. Le terrain est grand. Après, il y aura le côté folklorique avec les tribunes et la main courante, d’accord. Mais en ce qui concerne le terrain, je peux assurer que ça ne peut pas être une excuse. C’est souvent le faux débat des équipes professionnelles quand il y a une mauvaise surprise. Ensuite, on n’a pas souhaité aller à Bondoufle, le stade aurait été à moitié vide. Ce n’était pas intéressant et c’était plus compliqué à organiser pour le club. Le choix vient surtout de là.

A quoi vous attendez-vous contre Amiens ? 

On sait très bien qu’il n’y aura plus d’effet de surprise. Amiens va venir en étant prévenus, tout en se disant que c’est quand même un bon tirage quand on arrive en seizièmes de finale. C’est raisonnable et ça leur offre une bonne opportunité d’aller au tour suivant. On sait que ce sera plus compliqué. De notre côté, il faut se remettre dans un mode de compétition et d’exploit, ça peut être un peu plus compliqué mentalement. Il ne faut pas croire que ce sera plus simple parce qu’on vient de sortir une Ligue 1, il faudra en faire beaucoup plus pour espérer la même finalité contre Amiens. C’est surtout ça le plus dur pour nous.

Comment se sont passés les quinze jours depuis votre qualification contre Angers et craignez-vous que la trêve est un peu coupée votre élan ?

C’est compliqué à dire. Je pense que la possibilité de pouvoir couper une semaine dans la foulée du match était important. Il faut espérer que ça n’ait pas cassé notre bonne dynamique. Depuis deux mois, on avait tout gagné en championnat et en Coupe. Là, on a repris l’entraînement lundi, on s’est entraîné tous les jours sauf vendredi.

Linas Coupe
Catherine Steenkeste/Icon Sport)

Amiens a préparé ce match en étant extrêmement perturbé entre blessures, retards pour les joueurs partis à l’étranger et des premiers cas de Covid. Quel regard portez-vous sur tout ça ?

On ne va pas faire les faux-culs et faire croire que ce n’est pas une bonne nouvelle pour nous. S’ils sont confrontés à tous ces problèmes, ça peut nous aider bien évidemment. A contrario, il ne faut pas que ça suscite du relâchement chez les joueurs. Maintenant, c’est toujours ça de pris et ça peut peut-être niveler un peu plus les valeurs.

Vous n’avez pas été confronté à ce genre de problèmes, on pense notamment aux cas de Covid ?

De l’extérieur, on peut se dire « c’est quand même bizarre il n’y a pas de cas chez les amateurs et pleins chez les professionnels. On va être honnête, on ne fait pas des tests tous les jours. Forcément, on détecte moins de cas positifs à partir de là. En début de semaine, on a eu un joueur cas contact, il a fait un test qui s’est révélé négatif. On a aussi eu un autre joueur qui a eu des symptômes et qui s’est fait tester.  Si on faisait des tests, peut-être que j’aurais trois ou quatre joueurs forfaits. Lundi, un pharmacien va également venir faire la dose de rappel aux joueurs qui ne l’ont pas encore. Cela n’empêche pas qu’on puisse avoir des asymptomatiques qu’on ne peut pas déceler.

Quelle sera la teneur de votre dernier discours avant le match ? 

On va miser sur l’exploit ! On peut-être la première équipe de l’Essonne à aller en huitièmes de finale depuis la création de la compétition. Ensuite, il ne doit pas y avoir beaucoup de clubs de National 3 qui arrivent en huitièmes de finale en éliminant trois club professionnels au passage. Tout ça n’est pas à la portée de tout le monde, ça rendrait notre parcours encore plus exceptionnel. Et aller en huitièmes de finale, ça n’arrive peut-être qu’une seule fois dans leur carrière de footballeur. Même si on sait qu’on n’est pas favoris, que ce sera compliqué, il ne faut pas passer à côté de cette chance. On va vraiment axer notre discours sur ça.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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