Sébastien Léraillé (ESC Longueau) : « Pas un derby mais un match important »

Léraillé Longueau

Au pied du podium avant son court déplacement à Camon, l’ESC Longueau est déterminé à entretenir sa bonne série à l’occasion d’un match jugé important par son entraîneur Sébastien Léraillé. Non pas en raison de la notion de derby mais pour bien démarrer 2022 et ainsi rester dans les clous pour le maintien. Entretien.

Comment abordez-vous ce derby contre Camon ?

Il faut rapidement se retirer cette notion de derby parce que quand on annonce ça dans la presse ou quand les joueurs se connaissent très bien, tu risques de voir un match qui ne sera pas forcément de qualité. On aura deux équipes de qualité, je pense que Camon a un peu de retard sur son tableau de marche en vue de l’accession en N3 et c’est un match important pour eux. De notre côté, on est dans l’optique de prendre des points parce que l’objectif est d’être dans les cinq premiers à la fin des matches « aller ». J’ai dit aux garçons que c’était un match comme les autres, qu’il fallait prendre des points et qu’il ne fallait pas se mettre de pression pour jouer un tel match. Il y a deux ans, on s’était mis une pression terrible après l’accession en R1 et puis on était passé complètement au travers. On avait été catastrophique sur le match aller. Camon nous a été supérieur sur les deux dernières années, ce qui est normal parce que ce n’est pas le même projet et c’est une équipe qui a beaucoup de qualité, de talent, notamment sur le plan offensif, mais ils ont aussi un équilibre avec des joueurs d’expérience que je n’ai pas. Ils sont plus dans l’individualité en étant capable de faire la différence à n’importe quel moment. Nous, on est plus sur le collectif. Je m’attends à une prestation collective de qualité.

Au regard du début de saison, vous abordez ce match avec quelques certitudes et un peu de confiance…

Oui, mais on repart de zéro parce qu’il y a eu une coupure. Le dernier match joué, c’était contre Chevrières (ndlr : le 28 novembre) où on n’a pas été très bon. On s’est qualifié aux pénaltys dans des conditions atmosphériques très compliquées. Le contexte du match n’a pas non plus aidé avec des faits de jeu qui nous ont mis en difficulté. Oui, on a de la confiance aussi parce qu’on a bien bossé entre Noël et le Nouvel An même si je n’ai pas pu avoir tout le monde, les garçons ayant droit de prendre des vacances. On a joué la carte de la confiance avec une reprise à cette date et puis trois séances cette semaine qui étaient de qualité. Maintenant, la réalité des entraînements de la semaine n’est pas celle du dimanche parce qu’en face il y a un adversaire de qualité qui pose des problèmes et qui, à un moment donné, peut te repousser dans tes derniers retranchements. Maintenant, j’ai confiance en mes garçons, ils savent ce que j’attends d’eux. Encore une fois, les joueurs ayant fini 2021 ne seront pas forcément ceux alignés ce week-end mais j’ai l’avantage d’avoir un effectif de qualité en quantité et je peux m’appuyer sur tout le monde. On repart de zéro et les joueurs n’ont aucune certitude de pouvoir jouer ou non. Les cartes sont redistribuées, à eux de me prouver sur le terrain qu’ils méritent de jouer et ça fait partie de la concurrence.

Avez-vous une crainte de revivre le scénario de septembre 2019 (ndlr : dix cartons jaunes et un rouge avaient été distribués) ?

On ne maîtrise pas ce genre de chose en étant entraîneur. Je sais comment je vais préparer mes joueurs dans mon discours, mais tu ne maîtrises pas le joueur de A à Z. Le seul truc que tu peux faire, c’est activer certains leviers. Dans mes causeries, j’évolue de plus en plus en étant plus sur le positif et en allant chercher des leviers footballistiques plus qu’émotionnels. Tous les ans, j’essaye de changer de leviers. On parle beaucoup plus tactique, d’intentions de jeu. Quand tu discutes avec des garçons très matures, ils disent qu’on est dans la formation du joueur, mais en séniors tu dois alterner les deux entre l’émotionnel et la formation. Si dimanche on a les bonnes attitudes, on reviendra avec un résultat.

Est-ce surinterpréter que de dire que ce match est très important dans votre saison ?

Il est important pour le maintien. On ne concourt pas dans la même cour avec Camon. Je ne peux pas me permettre de prendre un Zahir Zerdab, Jonathan Isambart, Ryan Da Veiga, Mathurin Sakho ou encore Landry Matondo. Pour moi, les meilleurs joueurs de la région sont à Amiens Nord et à Camon. J’ai des bons joueurs, c’est ma philosophie parce que je ne voulais pas chambouler ce groupe de qualité à l’intersaison. On a fait venir Charles Duvauchelle qui est un des meilleurs attaquants de la Somme, mais voilà. Aujourd’hui, on n’est pas dans le même projet, il ne faut pas se leurrer. Longueau en N3, ce n’est pas maintenant, il y a encore beaucoup de travail de structuration du club, marketing et de communication à faire. Je travaille dans le Pas-de-Calais, je côtoie beaucoup de présidents de foot, de hand, de futsal au niveau national, et quand ils expliquent la façon dont ils ont amené leur club à ce niveau et l’évolution, on n’y est pas encore. Donc si c’est pour faire l’aller-retour…

Ce match est important parce que je souhaite que Longueau reste le plus longtemps possible en R1

Et puis, si on va en N3 pour sacrifier une partie du club, ce n’est pas ma façon de voir les choses. A chaque fois que tu sacrifies une partie de ton club pour aller jouer au niveau national, derrière, quand tu retombes, tu vas rapidement dans les plus bas niveaux de la Ligue. On n’est pas prêt aujourd’hui. Après, s’il y a des opportunités de recrutement, on va la saisir, on est comme tout le monde, mais j’ai juste dit aux garçons qu’on avait un groupe de qualité, que ça me plaisait de les coacher et mettre en place ce que l’on voulait mettre en place mais que pour aller au-dessus, il y a un degré d’exigence à avoir et on n’a pas encore le même que celui des équipes de haut de tableau du Pas-de-Calais. Ce match est important parce que je souhaite que Longueau reste le plus longtemps possible en R1, parce que c’est la locomotive du club, mais en-dessous, j’ai des éducateurs qui bossent bien, des jeunes qui sont très bien classés au niveau Ligue, d’autres qui sont en District mais jouent l’accession en Ligue et il ne faut pas l’oublier non plus. Longueau, c’est une famille, une institution, pas simplement une équipe. Alors en effet, ce match est important pour le maintien parce que c’est vital pour le club.

Comment gérez-vous la nouvelle vague de crise sanitaire ?

Il n’y a pas de vestiaires ni de douche, déjà. Pour l’instant, on ne nous a pas demandé de mettre en place des tests PCR comme en coupe de France. Aujourd’hui, je suis très surpris que la Ligue des Hauts-de-France n’ait pas demandé à repousser les matches jusque fin janvier, mais je respecte le choix. Mais je suis également très surpris qu’on laisse des tournois de foot en salle sur les premiers week-ends de l’année. Ca flambe de partout, mais on laisse des rencontres de futsal et des tournois… Des Ligues ont remis jusque fin janvier, on continue à jouer, il faut respecter, mais je suis très surpris.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

Vous avez relevé une coquille ou une inexactitude dans cet article ? Contactez la rédaction en précisant le titre de l'article

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *