Ryan da Veiga (Amiens Portugais) : « Je ne m’y retrouvais plus à Camon »

Double buteur lors du succès de l’Amiens Portugais dans le derby de Régional 2 face à la réserve de l’AC Amiens (3-0) dimanche dernier, Ryan Da Veiga réalise des débuts remarqués avec sa nouvelle équipe. Transfuge surprise de l’US Camon au début du mois de février, l’attaquant de 25 ans voulait tout simplement retrouver le plaisir perdu dans son ancien club. Entretien.

Ryan, vous avez parfaitement géré ce match « tournant » dans l’optique du maintien en Régional 2…

C’était un match compliqué où il y avait de l’enjeu. Une défaite nous aurait rapprochés du bas de tableau et ça les aurait relancé. C’est une réserve de N3 et ils vont peut-être accélérer en fin de saison en ayant du renfort donc on se devait de les laisser derrière. Ce n’était pas un match facile, on l’a bien entamé en marquant dès le début et ça nous a rendu la tâche facile. C’était un duel direct et il fallait une victoire, peu importe la manière.

Le plus dur était déjà fait à la mi-temps mais vous avez su rester sérieux par la suite…

Rentrer à 2-0 à la mi-temps était un peu traître. Ce score est un peu traître pour moi. Tout le monde est resté solidaire et on a continué à proposer du jeu quitte à moins se livrer, à être tranchant quand il fallait l’être, mettre le troisième but qui nous a mis à l’abri. On a essayé de rester solide que ce soit défensif ou dans le cœur du jeu. Tout le monde a fait le job et c’est de bon augure pour la suite. On reste invaincu en 2022, il y a une bonne dynamique sur les trois matches depuis mon arrivée, les mecs sont investis à l’entraînement et ça fait plaisir.

Vous sentez donc cette dynamique au quotidien…

Je le sens depuis que je suis là. Quand je suis arrivé, j’ai senti un groupe un peu meurtri, timoré par la peur de mal faire alors qu’il y a de la qualité. Je pense que ça venait de la frustration du début de saison. Avec Benoît on échangeait beaucoup et il m’a dit qu’ils avaient des scénarios de match compliqués parce qu’ils dominaient mais ne marquaient pas. C’est cette frustration qui rendait le groupe fragile. J’essaye d’apporter ce supplément d’âme en disant aux mecs de ne pas lâcher, d’être toujours dedans et ça paye. On a gagné à Nogent à la 93ème, à Beauvais on perd 2-0 mais on revient à 2-2, là on gagne 3-0 contre une équipe qui avait de belles descentes. C’est une équipe qui va beaucoup gêner et je préfère les avoir derrière que proches de nous.

Benoît Sturbois est-il la raison de votre arrivée aux Portugais ?

C’est un concours de circonstances. Je jouais tous les matches à Camon mais Benoît me connaît et sait qu’être titulaire n’est pas quelque chose qui me satisfaisait forcément. Il y a des choses qui se passaient en interne qui ne me plaisaient pas forcément et j’ai préféré couper court et partir, quitte à louper de belles choses parce que Camon a un très bon groupe. C’est moi qui suis allé vers Benoît et je lui dis que s’il avait besoin de moi pour la fin de saison, j’étais disponible parce que j’avais besoin de retrouver du plaisir, chose que j’avais un peu perdue.

Ca s’est fait assez rapidement. Il a une rigueur de travail, met tout le monde sur le même pied d’égalité, il n’y a pas différence. Il demande la même rigueur à tout le monde et ça me plaît. Avant d’être mon coach, c’est aussi mon ami mais il y a ce respect que j’essaye de lui rendre sur le terrain. Mon objectif en venant c’est d’essayer d’aider le club à se maintenir. Il a des principes, une rigueur de jeu et mériterait d’entraîner encore plus haut. Il a été champion de R1 deux fois, ce n’est pas pour rien en gérant une réserve. Il a de la qualité et le fait qu’il soit coach aux Portugais m’a fait venir, c’est clair.

Comme beaucoup d’autres joueurs…

Exactement, et si vous leur demandez, ils diront la même chose. Et je ne dis pas ça parce que je m’entends bien avec aujourd’hui. Au départ, on ne s’entendait pas du tout. J’étais en CFA à l’AC Amiens, je redescendais parfois et on se prenait la tête tout le temps. C’est l’aspect qualitatif des entraînements avec le peu de moyens qu’il a qui joue. On n’a pas un effectif de N3, on n’est pas sur un terrain d’entraînement facile à pratiquer mais il essaye toujours d’apporter cette rigueur, de mettre des choses en place. Ce n’est que bénéfique pour lui et j’essaye de l’aider au mieux.

La gestion du groupe était-elle un point noir à Camon ?

Je n’ai pas envie de tirer sur le club. Je ne m’y retrouvais plus d’une manière générale, je ne prenais plus de plaisir que ce soit à l’entraînement ou en match et plutôt que pénaliser l’équipe, j’ai préféré partir. Il y a des choses plus compliquées aussi mais je n’ai pas envie de déballer ça dans la presse. Plutôt que rester, péter les plombs, prendre un rouge en match et manquer de respect au coach et au président, j’ai préféré partir. Je suis quelqu’un de très réfléchi, assez mûr et il vaut mieux partir et donner du plaisir aux autres. Je préfère aider Benoît ici plutôt qu’être à un endroit où je ne prenais plus de plaisir. Je suis dans l’affectif et quand je ne prends pas de plaisir, ça se ressent sur le terrain.

On imagine que vous en avez pris sur ce match avec ce doublé…

Benoît m’a fait venir pour ça. Même si je ne suis pas un buteur dans l’âme, j’ai marqué et j’ai délivré des passes décisives sur les derniers matches. J’essaye d’être décisif d’une manière générale pour Benoît. Je veux bonifier le travail de tout le monde parce que tout le monde fait ce qu’il faut. Je ne défends peut-être pas autant mais j’essaye de faire le boulot devant et ça me fait plaisir de voir tout le monde mouiller le maillot.

Vous avez eu une adaptation express…

Je n’ai pas joué avec tout le monde. Seulement avec Sofiane (Ameur) et Chirel (Ngakosso) et personne d’autre dans l’équipe. On se comprend dans cette équipe et j’ai aussi un profil qui permet de bonifier le jeu. Ils jouent beaucoup en petits appuis courts et dans la verticalité et moi je suis un joueur de profondeur. J’ai des ballons et si je marque c’est parce que j’ai les ballons aux bons endroits.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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