Romain Revelli (USL Dunkerque) : « Un esprit se crée tout doucement »

Romain Revelli Dunkerque

Pour la première fois de son histoire, l’USL Dunkerque a signé un troisième succès de suite dans le championnat de Ligue 2. L’entraîneur des Maritimes, Romain Revelli, est longuement revenu sur le précieux succès de sa formation sur la pelouse du VAFC.

C’est une très belle soirée pour vous…

Quand vous gagnez ici, en termes de points c’est bon, et en étant compétiteurs, regarder le classement et voir que vous êtes au-dessus de la zone rouge, ça fait du bien, parce que c’est toujours quelque chose qui vous hante. Il y a aussi la qualité du match que l’on a fait face à une bonne équipe. J’ai trouvé que c’était un match assez intense, rapide, avec beaucoup d’intensité. Il a fallu tenir cette équipe. Par la suite, le match nous a souri mais il s’est passé comme on voulait qu’il se passe.

Ce but précoce vous a-t-il aidé dans votre plan de jeu ?

C’est peut-être ce but qui a donné l’intensité au match parce que Valenciennes a été mené tout le match et s’est retrouvé obligé de mettre de l’intensité. Ce que l’on voulait faire, c’était jouer avec trois attaquants parce qu’ils ont trois bons relanceurs. On ne voulait pas être trop bas, trop vite pour jouer des attaques, essayer de rivaliser dans la maîtrise pour tenir dans le match. Après ce but, on a eu trente minutes où ils nous ont fait reculer parce qu’ils étaient menés. Notre premier but, c’est quelque chose que l’on avait travaillé en jouant dans le dos de leurs pistons avec des relais, pour mettre de la vitesse. Après, c’était un match où on a fait ce que l’on a pu pour garder de la maîtrise parce qu’ils ne pouvaient pas tenir ce rythme tout le temps. Passer sur les côtés nous a permis d’avoir des contres, des situations, de mener. Le match se passait bien.

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L’entame de seconde période vous libère dans ce match ?

On s’est bien parlé à la mi-temps parce qu’on pensait qu’on allait vivre une entame terrible. On voyait que ça allait être dur, compliqué. Le troisième but a toujours une incidence terrible dans un match, d’un côté comme de l’autre. Malgré leur retour, je pense qu’on n’a pas été tant en danger que ça défensivement. Notre souci a toujours été de fermer l’intérieur du jeu avec nos trois attaquants au départ et nos deux milieux. C’était vraiment notre soucis parce qu’on sait qu’ils ont un très bon jeu combiné axial avec Robail qui est un joueur exceptionnel, capable de déclencher des choses, des remises en une touche. Sur la fin du match, les moments d’orage se sont calmés.

La prestation de votre équipe est donc satisfaisante pour vous ?

Il faut être heureux, humble. C’est un match où il y a eu beaucoup d’intensité parce qu’il y a eu un but très tôt. C’était un vrai derby, engagé, il y a eu des cartons mais c’était correct dans l’esprit. Les détails tournent pour nous. pour une fois, on marque aux bons moments. A ce niveau, quand tu marques en débuts de mi-temps, ça fait mal. On a su les contenir dans leurs temps forts mais ils ont ensuite faibli physiquement. Ca a été un match dur, il y a des bobos, c’est le point négatif. Surtout, félicitations aux joueurs parce qu’avec nos armes, avec nos valeurs, on les a un peu écœuré dans la rigueur et la discipline. On a eu un peu de chance aussi, il faut l’admettre et il y a aussi des sauvetages héroïques sur la ligne. Ca, c’est l’âme que je veux de mon équipe. Quand vous êtes coach, ça aide à valider le travail tactique.

Valenciennes n’a pas eu non plus énormément d’occasions…

En première mi-temps, ils ont fait énormément de centres. On avait mis Yohou dans l’axe pour des raisons de physique. Il a bien répondu. Sur les deuxièmes ballons, on a été un peu limite, notre gardien était là. Ils ont eu beaucoup de centres sans avoir trop d’occasions, en effet.

Kevin Rocheteau a fait un match incroyable…

Je le connais bien, je sais bien le gérer. Je l’ai eu à Cholet et il a été meilleur buteur et meilleur joueur du National. Il a manqué le début de saison à cause de blessures et ce n’était pas simple. C’est un garçon qui fait beaucoup d’efforts parce qu’il a eu des blessures graves. Durant la trêve internationale, là où des joueurs peuvent prendre parfois un kilo, il a été nickel. Dans l’idée du match, on voulait qu’il soit en électron libre. On sait qu’il aime bien venir sur le côté gauche, décrocher, prendre le ballon. Humblement, il permet d’avoir un peu plus de créativité dans l’équipe comme peut le faire Robail à Valenciennes, un joueur que j’affectionne beaucoup. Il était dans ce registre, a pris le match dans le bon sens parce qu’il a d’abord pensé à défendre l’axe et à respecter les consignes. Quand vous prenez le match comme ça, vous êtes récompensés.

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Est-ce un match référence, selon vous ?

Parfois, ça sourit parce qu’on a fermé l’intérieur, on les a fait un peu déjouer, parce que le message passe alors qu’on avait beaucoup d’absents. On avait trois suspendus et Demba Thiam qui se fait un petit bobo la veille du match. On n’avait plus d’arrière droit, on voulait jouer à trois donc Emeric (ndlr : Emeric Dudouit) est allé là. L’esprit d’équipe fait plaisir. On dit que je change beaucoup l’équipe, mais on a des blessés, des suspendus… C’est une équipe qui joue le maintien, ça prend beaucoup de cartons, ça joue avec ses armes. On voit qu’un esprit se crée tout doucement, les joueurs répondent. Ceux qui rentrent le font bien, il y a moins d’états d’âme. C’est un bon championnat, il faut être très humble dans cette Ligue 2. Quand on voit encore les résultats de cette journée, il ne faut pas croire que ça va se faire tranquillement. Chaque match est un vrai combat et c’est dur d’enchaîner.

La prestation de Rocheteau va-t-elle vous inciter à garder ce système ?

Pas forcément. Le système est mis en fonction du match. On a joué comme ça parce que Valenciennes joue à trois derrière. A Pau, parce qu’on était à dix, et contre Bastia, on a joué à quatre derrière. Ce sont surtout les principes qui comptent. On était un peu déçu de nos prestations dans les entames contre Pau et Bastia malgré les victoires parce qu’on était moins sur le porteur, on chassait moins, on se faisait percer et pourtant on avait gagné. On a essayé de ne pas se leurrer et de travailler toute la semaine sur avancer. Je trouve qu’on a avancé sur eux, et ça c’est un principe de jeu, que vous soyez à quatre ou cinq derrière. Il faut rester dans les principes qui sont de défendre en avançant, jouer vertical à l’image des buts que l’on met. Même si à l’extérieur vous ne sortez que cinq ou six fois, il faut accompagner les actions et jouer vertical.

Quelle est la gravité des différentes blessures ?

Demba Thiam, il s’est arrêté à l’entraînement hier. Ca n’avait pas l’air trop grave, mais il ressent des petits points précis sur la cuisse. J’espère que ça ne sera pas trop long. C’est un peu embêtant. Pour Adon Gomis, le staff médical a bien géré. Il a fallu le recoudre. Il fallait attendre de faire l’intervention et j’ai dû attendre pour peut-être faire un changement. C’est dur parce que je pensais que ça ne durerait que deux ou trois minutes mais ça a duré sept ! Je ne pensais pas que ça durerait aussi longtemps, sinon j’aurais fait un changement. On s’est posé la question du changement, finalement ça nous a souri, on a bien fait. Si on avait pris un but à ce moment, on aurait pleuré. La plaie était trop ouverte, il était à vif. Pour Jérémy Vachoux, on va faire des examens. Sur un dégagement, il a ressenti très haut une douleur musculaire et c’est sûr que c’est une lésion du muscle de la frappe. On va récupérer du monde aussi pour la semaine prochaine. On a un effectif qui est prêt pour ça.

Propos recueillis par Arthur LASSERON, avec A.R

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