Pourquoi l’Amiens SC a eu raison de prêter Tanguy Ndombélé

Plusieurs grands clubs européens manifestent leur intérêt pour Tanguy Ndombélé et des sommes folles sont évoquées pour son transfert. Certains supporters amiénois regrettent donc le prêt avec option d’achat signé avec l’Olympique Lyonnais. Attelons-nous, donc, à démontrer l’intérêt de ce type d’opération pour l’Amiens SC. 

Le point de départ : un prêt payant avec option d’achat

Tout d’abord, il est bon de rappeler que ce prêt n’était pas assorti d’une option d’achat obligatoire. Aucune clause d’un contrat de prêt ne peut obliger quelque partie à lever une option. Le terme perd ainsi tout son sens. L’expression appropriée est « option d’achat conditionnée ». Pourquoi avoir donc procédé ainsi plutôt que de réaliser une vente sèche à l’Olympique Lyonnais ?

Pour Amiens, l’intérêt était triple : le premier était faire entrer de l’argent immédiatement (ndlr : deux millions d’euros). Le second, de donner une plus grande visibilité au joueur et avoir un retour sur investissement grâce au pourcentage à la revente (20%) inclus dans la transaction. En outre, Amiens s’assurait également une entrée d’argent non négligeable (ndlr : huit millions d’euros) à l’issue de sa première saison en Ligue 1, dont l’issue sportive était incertaine. Enfin, rien ne dit que la cote de Tanguy Ndombélé serait identique aujourd’hui si ce dernier était resté à Amiens.

La réalité : un risque minimum devenu un pari gagnant

Le risque pour Amiens de prêter Tanguy Ndombélé était absolument nul. En cas d’échec, l’international espoir revenait dans l’effectif amiénois, et rapportait deux millions d’euros dans les caisses du club. Dans le cas contraire, le joueur obtenait une valeur marchande intéressante. Permettant ainsi de miser sur une entrée d’argent supplémentaire en raison de la clause de revente incluse dans le deal initial.

Pour le coup, ce processus de transfert était également important en vue du maintien. En assurant, si l’option est levée, une indemnité totale de dix millions d’euros, le club voyait en fin de saison une compensation financière en cas de relégation permettant au club d’avoir un budget conséquent en Domino’s Ligue 2. Le maintien n’étant pas une certitude en début de saison, les dirigeants amiénois avaient anticipé toutes les éventualités.

Une option d’achat à une date bien précise

A ce stade de l’intersaison, l’Olympique Lyonnais n’a toujours pas communiqué sur la levée de l’option d’achat. Ni sur la signature du contrat de Tanguy Ndombélé. En effet, le contenu du contrat de prêt n’étant pas divulgué, seuls les clubs et la Ligue de Football Professionnelle (LFP) sont au courant de son contenu, notamment sur les conditions de l’option d’achat.

Il est donc possible que la levée de l’option soit conditionnée à un nombre de matches disputés, à une place atteinte par le club, etc. Toutefois, il est surtout fort probable que cette option soit à lever à une date postérieure au 30 juin 2018. Et pour cause, l’exercice comptable de l’Amiens SC s’étend du 1er juillet au 30 juin. En levant l’option d’achat en juillet, l’Olympique Lyonnais permet à Amiens d’inscrire cette indemnité à son bilan comptable de la saison 2018/2019, s’assurant ainsi un risque quasi nul devant la Direction Nationale du Contrôle de Gestion (DNCG).

Et maintenant ? Près de 20 millions d’euros ?

Bien que l’on ait pu douter de son intérêt, cette opération pourrait donc devenir l’affaire du siècle dans le camp amiénois. A minima, Amiens est assuré de toucher dix millions d’euros puisque l’option d’achat sera levée par l’Olympique Lyonnais. Sachant que le pourcentage à la revente court tout au long du contrat du joueur dans le Rhône, le club picard finira bien par toucher un bonus substantiel à la revente.

Et ce peut-être dès cet été, où Amiens pourrait tout bonnement doubler son bénéfice si un grand club européen propose une offre avoisinant les 60 millions d’euros souhaités par l’OL. Dans un tel cas de figure, Amiens toucherait à nouveau dix millions d’euros, soit une somme totale de vingt millions d’euros pour le départ de Tanguy Ndombélé.

Une bonne opération pour un club à la recherche d’une stabilité financière et désireux de ne pas connaître pareil destin que bon nombre d’anciens « petits clubs ».

Kévin KONRAD

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