Pierre-Alain Lavillette (Ailly-sur-Somme) : « Atterré de la conduite des instances fédérales »

Pierre-Alain Lavillette

Dans l’attente d’une potentielle reprise des compétitions, Ailly-sur-Somme a fait son retour à l’entraînement il y a quelques semaines, en petit comité. Tour d’horizon avec son entraîneur, Pierre-Alain Lavillette, en cette période compliquée de crise sanitaire.

Comment se passe la reprise de l’entraînement ?

On a repris quand on a eu l’autorisation à la mi-décembre. On fait ce que l’on peut en faisant des ateliers pour permettre aux joueurs de s’entretenir du mieux possible. Avec la restriction du couvre-feu, on a des joueurs qui ne peuvent pas être présents. Malgré tout, on continue pour ceux qui peuvent être là.

Jugez-vous utile de s’entraîner sans contacts ?

C’est utile physiquement et psychiquement. Dans la situation actuelle, c’est important pour pouvoir sortir de la routine et se dépenser physiquement. Ça fait du bien à tout le monde. Personnellement, ça me fait du bien d’aller au stade deux fois par semaine m’occuper des gars, même si c’est dans des conditions qui ne sont pas optimales. Ça fait du bien de les retrouver en respectant les normes plutôt que d’être chacun de son côté. C’est un moindre mal, même si c’est sûr que ce n’est pas la panacée de ce que l’on recherche quand on pratique le football.

Quels aménagements avez-vous trouvé pour faire face au couvre-feu ?

On a essayé de mettre en place quelque chose le week-end mais ce n’est pas simple parce qu’il y a beaucoup de joueurs qui ont des impératifs autre que le football dans ce contexte. Ce qui mine beaucoup, d’un point de vue général, c’est de ne pas savoir ce que l’on va faire. Aujourd’hui, on a personne qui sait si on pourra reprendre ni dans quelles conditions. On n’a pas de dates, d’échéance, rien du tout ! C’est minant pour le moral de tous.

Vous regrettez donc principalement l’absence de communication…

Bien sûr. Je comprends que ça soit compliqué, il n’y a pas de soucis, ça l’est pour tout le monde. Je suis instituteur, je sais de quoi il s’agit, mais avoir des perspectives avec des hypothèses, ce serait un soulagement pour tout le monde. On aimerait qu’ils nous disent ce qu’il se passera en fonction de l’évolution des choses et les instances devraient être capables de nous le dire. Tout le monde a besoin de savoir où il va, mais c’est comme ça pour tout le monde. Personne ne sait comment ça va évoluer. On retrouve dans le football ce que l’on voit dans la société française aujourd’hui. Il y a les mêmes interrogations et inquiétudes.

Croyez-vous tout de même à une reprise de la saison ?

Je n’en sais rien du tout. On nous fait faire un couvre-feu, tout le monde fait les efforts mais on se retrouve avec un taux plus élevé que quand on l’a démarré. Il a les variants qui arrivent et amènent encore plus d’incertitudes donc on ne sait pas. Et c’est le problème : on ne sait pas. Je pense que c’est le reflet de ce que vit chaque individu en France actuellement. Nous, c’est un loisir, un sport, mais c’est aussi une échappatoire qui permet de garder un lien. On parvient encore à pratiquer, certes dans un fonctionnement qui n’est pas celui que l’on voudrait, mais on arrive à le faire un peu quand même alors qu’il y a beaucoup de domaines où ils ne font rien.

En cas de reprise, comprendriez-vous que l’on priorise la coupe de France ?

Je ne comprends absolument pas cette logique ! Le président de la Fédération française de football est sous le joug des sponsors de la coupe de France et il n’en a rien à foutre du monde amateur. Je suis atterré de voir un discours comme celui-là, comme je l’ai été quand on pouvait envoyer plusieurs journées de championnat avant la coupure si on n’avait pas fait la coupe cette année. Elle a eu lieu, dans les conditions que l’on connaît. Je ne comprends absolument pas et je suis atterré de la conduite des instances fédérales à ce sujet.

Que vous inspire le changement à la présidence de la LFHF ?

Des élections ont été faites avec des choix par rapport à une politique ou une autre. Mais le monde amateur conditionne tout. Le football amateur fait vivre le football professionnel, pas l’inverse. Je pense que prioriser une formule comme la coupe de France au détriment de toutes les instances qui travaillent dur pour faire en sorte que le football vive dans les villages et les quartiers, je trouve ça déplorable.

Tous propos recueillis par Adrien ROCHER

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