Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Monter en Ligue 1, c’est difficile, on va batailler »

Questionné sur son effectif, Philippe Hinschberger a avoué être encore en phase de découverte. Ce qui est sûr, c’est que le nouvel entraîneur de l’Amiens SC compte prendre en considération les qualités et les limites de celui-ci pour trouver la meilleure formule possible, sans être guidé par la moindre doctrine de jeu. Explications.

Bernard Joannin a fait part de l’ambition du club de remonter dans le cadre d’un cycle de trois ans. Vous avez réussi à convaincre Bernard Joannin que vous étiez l’homme pour atteindre cet objectif ?

Je suis monté à Metz en 2016 sur une demi-saison, on s’est maintenu derrière, ce qui était un bon résultat, mais le président part sur un projet sportif de trois ans et il cherchait quelqu’un pour épouser ce projet. Il ne m’a pas mis la pression de gagner cette saison. On fera le championnat que l’on fera. C’est très dur de monter ! J’ai gagné dix-huit matches avec Grenoble, ce qui est mon meilleur total, je pense, et on n’est pas monté ! Monter en Ligue 1, c’est difficile. On va batailler, s’accrocher, l’objectif est posé, à nous de le faire, mais on verra si ça se fera ou pas.

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Quel est votre avis sur la dernière saison livrée par Amiens en Ligue 2 ?

Sur les deux matches que l’on a joués face à eux, on a affronté une équipe bien organisée, difficile à jouer, qui défend beaucoup. Ils manquaient peut-être de flamme, d’étincelle, ce quelque chose qui fait que l’on prend du plaisir en regardant cette équipe. C’était un bloc très compliqué, avec des joueurs costauds, de l’impact mais aussi certains qui ne rendent pas tranquille quand ils ont le ballon comme (Steven) Mendoza – même s’il est parti – ou (Arnaud) Lusamba et d’autres que je vais oublier aujourd’hui. J’ai un total respect pour cette équipe et on savait que ce serait compliqué de la battre. C’est d’ailleurs une des rares équipes que l’on n’a pas battues sur les deux matches.

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L’an dernier, Amiens a utilisé beaucoup de jeunes joueurs. Quel est votre avis à leur sujet et quelle place comptez-vous leur octroyé au sein de votre groupe ?

J’ai joué l’Amiens SC deux fois, des jeunes ont certainement joué mais Francis (De Percin) s’en rappelle mieux que moi, mais on doit déjà s’occuper de son équipe avant de regarder l’adversaire. J’arrive avec un œil neuf et je verrai ça dès les premières semaines d’entraînement. Maintenant, on aura des jeunes parce que les cinq minots du groupe professionnel, quand on a un centre de formation comme Amiens, ils doivent en être issus. Ils doivent prendre ces places avec l’objectif de prendre du temps de jeu et gagner des places.

Pour être très simple, je suis entraîneur de football et je ne suis pas là pour m’occuper des ordinateurs ou ouvrir les bières.

Quel est votre méthode de travail au quotidien, on dit notamment que vous déléguez beaucoup de compétences à votre adjoint ?

On a tous une manière de travailler différente et je ne connais pas celle de mes prédécesseurs. Aujourd’hui, ma manière de fonctionner épouse parfaitement mon tandem avec Francis qui prend en charge une majeure partie de l’entraînement. Ça me permet de prendre de l’altitude et d’être plus dans l’observation que quand on est partie prenante. Animer des entraînements est énergivore et on y perd un peu de lucidité. Pour être très simple, je suis entraîneur de football et je ne suis pas là pour m’occuper des ordinateurs ou ouvrir les bières. Je me concentre sur ma tâche d’entraîneur et sur le groupe professionnel en priorité. Je garde mon énergie sur les choses qui me semblent importantes et je peux être plus performant que si je pars dans tous les sens. Ma manière de travailler est aussi liée à ma personnalité. J’aime travailler dans une bonne humeur avec du professionnalisme mais sans se prendre au sérieux. Aujourd’hui, on est rentré dans un cycle individuel dans la préparation athlétique. Après, les mises en place commenceront au premier jour d’entraînement.

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Quel style aimeriez-vous donner à votre équipe ?

Je ne peux pas dire que je suis un entraîneur d’attaque placée ou de contre parce que si vous ne maîtrisez pas toutes les facettes du jeu, c’est compliqué sauf si on est le PSG. Quand vous jouez contre des blocs hauts ou des blocs bas, ce n’est pas le même comportement. Un joueur de vitesse ne va pas s’exprimer de la même manière. On doit être capable, aujourd’hui, d’être performants sur les attaques placées, sur les relances au sol du gardien, dans les transitions, en contres, dans le jeu vertical, de passer beaucoup sur les côtés. Quand vous avez fait tout ça, vous avez fini d’attaquer et il faut penser à défendre. On essaye tous de faire la même chose mais ce qui différencie un entraîneur d’un autre, c’est la prise de risque et la manière d’accepter de se déséquilibrer. Pour battre un bloc, il faut accepter de se déséquilibrer.

A quelle saison vous attendez-vous ?

Ce sera dur parce que les équipes sont bonnes. Cette saison, même Châteauroux a donné la leçon à tout le monde une fois Marco Simone arrivé. Il peut y avoir des retournements de situation en cours de saison très spectaculaires. Quand on voit des équipes moins huppées comme Rodez, Dunkerque, Pau et Chambly, il y a une difficulté énorme à les battre. On n’est plus sur cinq équipes qui caracolent en tête et le reste derrière. Les équipes sont bien organisées, les staffs sont performants et il y a des bons joueurs partout. J’ai hâte de découvrir l’effectif, ce qui peut transpirer n’est pas forcément la même chose quand on est au milieu du groupe. Il y a toutes ces choses à voir. On aura cinq semaines à partir de dimanche pour préparer notre chantier.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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