Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Si on continue comme ça, on va droit dans le mur ! »

Hinschberger Amiens SC

Très affecté après la défaite de l’Amiens SC face à QRM, Philippe Hinschberger ne pouvait que constater les criantes lacunes de son équipe après trois journées de championnat et autant de défaites au compteur. Entretien. 

Philippe, quel sentiment vous laisse cette troisième défaite de suite…

Je suis très circonspect de ce que j’ai vu. On a pris le match par le bon bout avec l’occasion de Chadrac puis le but. C’était plutôt pas mal. On a fait vingt minutes de bonne facture. On a mis la pression sur l’adversaire, on a ouvert le score. On avait demandé de mettre de la pression et ça a plutôt bien fonctionné. Après, le problème c’est que sur le premier ballon qui vient dans notre surface de réparation, on encaisse un but et c’est compliqué. On ne peut pas espérer des résultats quand on prend deux à trois buts par match. Ensuite, Quevilly a montré ce qu’il savait faire, c’est normal, ils ont fait leur match. A dix contre onze ils ont encore trouvé des situations de contre et on est incapable de gérer ces situations aujourd’hui. On a vraiment du travail à faire là-dessus. Ce n’est pas possible de subir autant de situations sur des pertes de balle. Quand on sait qu’en plus l’adversaire est prompt à le faire… Toutes ces choses on les connaît, on n’est pas surpris de la prestation de Quevilly qui mérite cent fois sa victoire. On doit en prendre cinq ou six.

Ridicule face à QRM, l’Amiens SC sombre déjà dans la crise !

C’était beaucoup trop simple pour QRM…

Quand on est en position pour frapper un corner, on sait qu’ils laissent un attaquant devant, on a deux joueurs derrière, ce garçon doit être pris en charge ! Soit on ne fait pas attention, et je pense que c’est ça, soit je ne sais pas. Ce n’est pas possible ! Ce n’est pas une action de jeu. On ne peut pas empêcher l’adversaire de ne pas dégager le ballon sur des coups de pied arrêtés. Tout ça, c’est toujours une suite d’évènements, qu’ils soient positifs ou négatifs. On n’est pas au niveau de la Ligue 2, c’est tout, il faut appeler un chat un chat. On a pris deux, trois et trois buts. Défensivement, on n’est pas au niveau. Quand le ballon vient dans notre surface, on n’est pas tranquille, à l’image du troisième but où Nazon fait un peu ce qu’il veut. Bien sûr, il faut chercher des solutions si elles peuvent exister, c’est mon travail de remettre l’équipe dans le droit chemin. On ne s’attendait pas à ce début de saison. On est renvoyé à nos études.

Bruno Irles (QRM) : « Le collectif a fait la différence »

Votre homologue a mis en avant la force collective de QRM. On ne ressent pas ça à Amiens….

On est dans une dynamique négative avec deux défaites avant d’aborder ce match de Quevilly qui est une équipe de transition. On est bien tombé dans le panneau, mais on tombe dedans parce qu’on perd des ballons. Nos défenseurs doivent aussi être meilleurs que ça pour contrôler les attaquants adverses. Il est bien évident que les deux équipes ont deux trajectoires différentes. Quevilly-Rouen est sur une dynamique de montée avec un groupe déjà constitué l’année dernière et nous on est plutôt sur un chemin de rédemption, de retrouver les couleurs de l’Amiens SC. Je trouve que chacun le porte un peu comme une croix. On a besoin de se libérer par rapport à tout ça pour redevenir une équipe de Ligue 2. On a des joueurs-clés qui n’ont pas forcément été au niveau ce soir. C’est important tout ça. Quand on voit jouer Quevilly, ils se trouvent tranquillement. En plus ils mènent, trouvent des contres et ont des situations plus favorables. Attaquer à onze contre dix dans la dernière demi-heure ce n’est pas plus facile, c’est encore pire.

Soit on est nuls derrière, soit on perd trop de ballons devant. Il y a certainement un peu de toutes ces choses.

Cet effectif est beaucoup trop léger en l’état actuel

Tu ne peux pas continuer comme ça, sinon tu vas droit dans le mur, c’est clair. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé durant le dernier mois, parce qu’on faisait quand même des matches d’un autre acabit même si ce n’était que de la préparation. Les équipes belges nous ont mis des pains et beaucoup de pression mais on s’en était plutôt bien sorti malgré le dernier match qui a dû nous alerter. On est rentré dans une forme de doute, on le sent. On cherche des solutions, on hésite alors que quand on fait des choses simples comme sur le premier but, on est comme les autres, on n’est pas plus maladroits. Aujourd’hui, tu ne peux pas t’estimer au niveau de la Ligue 2 quand tu prends trois buts par match. Soit on est nuls derrière, soit on perd trop de ballons devant. Il y a certainement un peu de toutes ces choses. Sur ce match, il y a eu énormément de lacunes.

Hinschberger Amiens SC

Vous aviez évoqué le terme de mini-crise en cas de défaite, on est clairement dedans…

C’est vrai. On est dans un manque de confiance criant et notre jeu s’en ressent. Quand tu perds tes trois premiers matches, en prenant trois buts par matches et en marquant péniblement un but par match… J’ai un peu de mal à comprendre ce qu’il s’est passé dans ce dernier mois et pourquoi on en est arrivé à déjouer. On fait des trucs en dépit du bon sens. J’ai déjà fait des débuts de saison de merde, c’en est un. Je ne vais pas m’énerver. Je considère toujours que l’être humain est bon, que le joueur de football professionnel fait du mieux qu’il peut. Mon rôle, avec le staff, est de les accompagner, de gérer un petit peu, les remettre en confiance, de ne pas être forcément dans la critique non plus mais savoir appuyer où ça fait mal.

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Quels leviers avez-vous ?

Je sors d’un match perdu chez nous 3-1 contre un promu… A chaud tu as envie de faire des choses qui ne sont jamais très intelligentes. On a besoin d’un peu de réflexion par rapport à tout ça. On a des améliorations à amener à notre équipe aussi, par du recrutement extérieur et aujourd’hui, on est au pied du mur pour le faire. Si à un moment donné on hésite en disant « on va voir », et bien on a vu !

Les dirigeants ont-ils conscience de ça ?

Oui, ils le savent. On voudrait trouver quelqu’un qui peut nous amener un peu de sérénité, de puissance parce qu’on en manque au milieu et parfois derrière dans les duels. On fouille, ça fait longtemps et quand les saisons sont commencées c’est compliqué pour trouver les joueurs. On a envie de récupérer plus qu’un seul joueur sur des postes défensifs et au milieu.

Propos recueillis par Romain PECHON

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Un commentaire

  1. Et malheureusement, si les saisons de suivent, tu n’auras personne avant Noël… Le patron en défense n’est pas là, c’est terrible d’avoir une équipe qui ne se sent pas en confiance derrière. Aller Amiens, courage les gars