Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Qu’on arrête de passer pour des cons ! »

Hinschberger Amiens SC

Lanterne rouge et pire défense du championnat avec toujours aucun point marqué, l’Amiens SC est en pleine crise au moment de se rendre à Guingamp, ce samedi pour le compte de la 4ème journée de Ligue 2. Frustré par ce début de saison raté, Philippe Hinschberger a hâte que son équipe débloque son compteur pour ne « plus passer pour des cons » ! Entretien.

Philippe, avant d’aller à Guingamp avec trois défaites en autant de matches, ressentez-vous vos joueurs touchés ou plutôt revanchards après ce début de saison raté ? 

Fragilisé, non. On ne peut pas dire ça. A notre sortie de préparation, on ne s’attendait pas à cette accumulation de défaites. J’ai déjà fait des préparations bien pires que ça, en termes de résultats et de qualité de jeu. Je suis un peu surpris et je pense que la deuxième mi-temps contre Auxerre nous a fait un peu de mal, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs. Ce sont des choses qui peuvent arriver pourtant. Globalement, les débats étaient assez équilibrés sur ce premier match. L’accumulation de défaites peut alors mettre un peu le doute dans l’esprit du groupe, tu oses un peu moins. On peut aussi constater qu’on a pris pas mal de contres depuis le début de saison. Ce n’est pas accabler uniquement les défenseurs car il faut aussi regarder la manière avec laquelle on perd le ballon devant. Contre Quevilly, notre meilleur geste était une perte de balle devant et un contre. C’est arrivé huit ou neuf fois dans le match avec trois buts encaissés, une barre et un poteau. Il faut vraiment réfléchir par rapport à tout ça.

Mickaël Alphonse (Amiens SC) : « Il y a un problème de niveau pour certains joueurs »

Et vite prendre des points…

Maintenant, il faut rester positif car tout n’est pas à jeter. On avait quand même fait une bonne première mi-temps contre Quevilly, c’était assez sévère d’être mené à la mi-temps. Maintenant, c’est trop facile pour l’adversaire, en atteste la statistique qui dit qu’on a pris six buts sur les huit derniers tirs cadrés concédés. Il faut qu’on change notre comportement défensif dans les trente derniers mètres. On fait partie des équipes qui concédaient le plus de tirs. Tout ça confirme que l’adversaire s’approche trop facilement de nos buts. Ce n’est pas qu’un souci au niveau de la défense. Il faut vraiment qu’on rende moins de ballons. On manque aussi de malice pour stopper les actions. Il faut corriger notre comportement à la perte du ballon. Il faut que chacun se réveille par rapport à ça. Je veux bien qu’on n’y remédie pas mais il va falloir marquer quatre buts par match. Et c’est impossible d’y parvenir tous les week-ends. Durant la semaine, on a travaillé sur les aspects qu’on pensait nécessaire sur notre équipe, par rapport à nos manques, les buts qu’on peut encaisser et trouver aussi les joueurs qui peuvent jouer car on a aussi des défections. On a un peu remué les choses lundi à la reprise en passant tout de suite à la vidéo du match de Quevilly, où on n’a même pas regardé ce qu’on a fait de bien. J’ai déjà connu ce genre de début de saison, une fois à Laval, une fois à Metz. Et ça c’était mal terminé, parce que ça ne peut pas bien se terminer quand tu prends trop de retard.

Celui qui n’est pas dans l’urgence aujourd’hui n’est pas dans la réalité du sport professionnel, de la Ligue 2.

Est-ce qu’il y a déjà urgence ?

Bien sûr ! Celui qui n’est pas dans l’urgence aujourd’hui n’est pas dans la réalité du sport professionnel, de la Ligue 2. On a déjà neuf points de retard sur le premier. Jouer au football, c’est bien mais gagner des matches de temps en temps c’est mieux. Dans les défaites, tu n’es pas dans un optimisme forcené, tu cherches les solutions parfois là où il y en a pas. On est encore dans les starting-blocks, on n’est toujours pas parti. Les autres sont partis devant nous. On n’est pas encore partis. J’attends qu’on décolle, qu’on prenne des points pour arrêter de passer pour des cons, en étant la dernière équipe à zéro point. Ce n’est pas forcément mirobolant pour certains mais là on est dans une position pas du tout agréable.

[J4] Amiens SC : Diakhaby forfait, Badji incertain

Ressentez-vous vos joueurs vexés par la situation alors qu’ils affichent peu de caractère sur les matches depuis le début de saison ?

S’ils ne le sont pas, il faut qu’ils changent de métier ! Il faut aller jouer au tennis de table en amateur ! Je n’ai rien contre le tennis de table, mon président a même été un grand joueur de tennis de table.

Le plus dur est de maintenir ce groupe sous confiance…

Le staff est là pour encourager les joueurs, les guider, les mettre en confiance. Depuis le début que je suis ici, on a déjà été plus en confiance qu’aujourd’hui c’est très clair. Maintenant, on n’a pas de raison de douter non plus ! Entre la colère, la réaction, l’envie de mieux faire, de déclencher ton compteur points, ce sont des choses qui doivent habiter les joueurs en priorité. Ce n’est pas avec trois phrases avant le match que tu vas transformer ton équipe non plus. A un moment donné, c’est soit chacun se prend un peu en main et se met au niveau où on le connaît, ou bien on sera en difficulté. Il n’y a pas 50 solutions. En attendant, je ne suis pas dans la panique. Ca m’emmerde (sic), c’est vrai. Je suis déçu, contrarié, je tente d’analyser le pourquoi du comment, j’ai des bouts de réponse en moi. Je sais dans quelle direction je veux aller avec cette équipe, j’y arriverai ou pas mais je ne changerai pas de direction.

Propos recueillis par Romain PECHON

2 Commentaires

Commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.