Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Prendre conscience de la situation »

Amiens SC Hinschberger
Amiens Football

Dix-neuvième après douze matches et au moment de recevoir Valenciennes, la troisième meilleure équipe à l’extérieur, l’Amiens SC n’a clairement plus de temps à perdre, sous peine de s’engluer avec danger dans la zone rouge. Après avoir réuni un groupe de cadres en début de semaine, Philippe Hinschberger espère que groupe est prêt à repartir à la bataille. Entretien.

Après la défaite à Dijon, vous aviez parlé de grand chantier. Concrètement, qu’avez-vous fait cette semaine ?

On a regardé quelques petites choses, comme habituellement. On ne va pas sortir un lapin du chapeau toutes les semaines. On s’est remis au boulot dès lundi en chassant ce match de Dijon, où on nous a fait beaucoup de reproches parce qu’on n’a pas marqué, ce qui n’est pas faux, parce qu’on n’a pas cadré, ce qui est plus grave. Quinze jours avant, on avait pris un point à neuf contre onze, donc il faut chasser de la tête que c’est infâmant de ne pas gagner à onze contre dix. On n’est pas la seule équipe en difficulté.

On peut parler de Caen, Nancy ou Dijon qui sont bien en deçà de leurs attentes. On ne se complaît pas dans le malheur des autres, mais c’est malheureux pour nous parce que personne ne s’attendait à ça. Maintenant, de plus en plus urgemment, il faut vraiment prendre conscience de la situation. On a besoin de guider cette équipe, il faut leur faire confiance, les accompagner, il y a un staff technique pour ça. J’ai réuni quelques joueurs cadres pour qu’ils puissent porter l’équipe quand elle est difficulté. Si nos plus expérimentés sont les premiers à sombrer, ça ne va pas aller.

Quel est le plus gros problème aujourd’hui ?

Plus que toute autre chose, c’est une question d’état d’esprit, à vrai dire. Aujourd’hui, il n’y a plus de calcul, et dans mon choix des dix-huit, il n’y a plus de calcul non plus. J’ai pu être patient, faire confiance, etc, mais je n’ai plus le droit de me tromper sur un seul joueur. L’appel dans les dix-huit, aujourd’hui, c’est plus que jamais au mérite, ce qui est souvent le cas mais parfois on peut aussi être un peu plus « lest ». Ce n’est pas les jambes ou les pieds à faire progresser, parce qu’on a les joueurs que l’on a et ils sont très bons, d’autres sont plus moyens techniquement, mais c’est la tête qu’il faut faire avancer. Le travail à la perte du ballon, ce n’est ni dans la tête, ni dans les jambes mais dans la tête et parfois, on part de loin.

Dans ce genre de situation, on peut être tenté de modifier beaucoup de choses. C’est ce que vous avez laissé entendre la semaine dernière…

C’est normal, on réfléchit à toute sorte de processus, de chose que l’on peut mettre en place. C’est notre état d’esprit qui est à creuser, c’est clair. Je ne vais pas étaler nos manques, mais on en a sur nos pertes de balle, notre premier travail défensif sur certains joueurs, individus. On en a qui sont concernés avec le ballon et moins quand on ne l’a pas, mais c’est pareil dans chaque équipe. On peut parler de système, de choix de joueurs, mais à un moment donné quand on va sur le terrain, il faut courir, faire des efforts. C’est primordial. Mettre autant de justesse que l’on peut en mettre. On est moins juste quand on est dix-neuvième que quand on est troisième. C’est con, mais c’est comme ça.

Avez-vous le sentiment que votre vestiaire a bien conscience de l’urgence de la situation ? 

J’espère ! C’est un vestiaire qui n’a pas beaucoup d’émotions, et c’est difficile à voir où est le curseur de conscience de gravité, mais les mecs ne sont pas fous. Aujourd’hui, il y va de leur carrière, de la mienne aussi. Je pense qu’ils sont tous bien conscients de ça. On ne va pas tout jeter non plus. Nos matches sont moyens, moins bons que ceux que l’on a pu faire en préparation, on en a déjà parlé, on joue moins relâché donc on a toujours tout le temps le frein à main. A un moment donné, il faut faire les choses à fond, que ce soit vers l’avant ou l’arrière, et après il faut arrêter de discuter, se mettre au boulot, cavaler. Il n’y a pas d’autre issue. Si on en est là aujourd’hui, c’est qu’on n’a pas su se rebeller non plus. Pour moi, la grande réflexion est sur les matches à domicile. C’est ça qui nous manque aujourd’hui.

Propos recueillis par Romain PECHON

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Julien
Julien
3 mois il y a

« Aujourd’hui, il y va de leur carrière, de la mienne aussi. »

Ils rêvent peut-être tous d’aller faire carrière au Kazakhstan…