Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « On est suffisamment passé pour des cons, on veut avancer »

Amiens SC Hinschberger

Capable de montrer du caractère à Nîmes pour arracher un match nul longtemps inespéré, l’Amiens SC doit désormais confirmer à domicile, où la première victoire se fait toujours désespérément attendre, ce mardi face à Pau. Un sentiment partagé par Philippe Hinschberger qui estime que son équipe n’a plus de temps à perdre et qu’elle doit être en mesure de surfer sur la vague de la fin de match dans le Gard. Entretien.

Dans quel état d’esprit abordez-vous ce deuxième match de votre triptyque hebdomadaire ?

La fraîcheur sera importante, comme à chaque fois dans ces matches rapprochés, mais je pense que le nul qu’on a tiré dans les cinq dernières minutes nous met plutôt de bonne humeur. La fatigue se fait moins sentir que si on avait perdu, mais ça ne se joue à pas grand-chose. Ça reste un côté largement positif. Après il ne faut pas trop se poser de questions, toutes les équipes sont dans la même configuration. C’est le seul match en semaine avant décembre et on s’entraîne aussi pour pouvoir enchaîner trois matches, même si c’est en six jours cette fois.

Ressentez-vous une nouvelle dynamique au sein du groupe après ce point pris à Nîmes ?

Il y a plusieurs choses. D’abord il y a le point, mais il y a surtout les buts. On en a mis trois, pour la première fois de l’année ! S’il faut marquer trois buts à l’extérieur pour revenir avec un point, c’est chaud. Ça nous donne des stats un peu moins ridicules que l’on pouvait avoir avant ce match et là-dessus, il y a vraiment de quoi capitaliser. Il faut surtout bien prendre conscience qu’on est capable de faire des choses. Il faut bien rentrer dans nos matches à domicile, prendre conscience des forces et faiblesses de l’adversaire, surtout de ses forces. Ils ont un quatuor offensif qui est très bon, ils vont nous poser des problèmes mais il faut qu’on sache l’accepter mais ce n’est pas pour ça qu’on est obligé de prendre des buts à chaque fois.

Il est grand temps de débloquer le compteur victoire à la maison…

Notre parcours à domicile est famélique, on peut le dire. Ce n’est pas histoire de vexer, on n’a pris qu’un point sur douze et on n’a mis que deux buts ! Avec ça, tu ne peux pas avancer, ce n’est pas possible. Heureusement que nos résultats à l’extérieur permettent d’avancer parce qu’on n’a pas fait si mal que ça et on a pris un peu de points. Notre objectif prioritaire est de trouver la clé pour gagner un match à domicile. On est suffisamment passé pour des cons, maintenant on veut avancer.

Je pense que c’est un public qui a besoin de vibrer et c’est très frustrant de ne pas réussir à leur plaisir.

Il n’y a pourtant pas une pression folle à la Licorne, ce n’est pas un chaudron…

On aimerait bien que ce soit un chaudron et emmener les gens avec nous. Ce serait bien qu’on trouve deux trois décalages et qu’ils soient contents. Je pense que c’est un public qui a besoin de vibrer et c’est très frustrant de ne pas réussir à leur plaisir. On est mauvais dans les trente derniers mètres à domicile, on n’est pas assez juste techniquement, on ne s’applique pas dans nos dernières passes… En deuxième mi-temps, contre Nîmes, on a trouvé des décalages, on a poussé, on a frappé, on a tapé la barre, on a mis trois buts, on a mis des centres, on a trouvé des joueurs dans la surface de réparation… des choses simples ! Le tout, contre une équipe qui était chez elle, menait 3-1 et qui défendait quand même chèrement sa moitié de terrain.

Il faut réussir à reproduire ça à domicile…

On est capable de le faire, il ne faut pas trop réfléchir. Il faut enflammer les matches à domicile et actuellement, on en a fait trop peu. On n’a fait qu’un match de bon à domicile si je prends tous les bouts de matches. C’est insuffisant, mais à chaque première incursion de l’adversaire dans la surface, on encaisse. Notre problème est d’arriver à passer au-dessus de ça, se dire que si on échoue dans notre partie offensive, ce n’est pas grave et il faut mieux défendre. On a payé très cher nos premières occasions. J’attends plus de maîtrise collective, qu’on arrête de faire des conneries. On prend deux buts sur des rentrées de touche contre Nîmes ! Contre Rodez, on avait aussi pris le but sur une perte de balle évitable aussi. Il faut qu’on limite tout ça.

Propos recueillis par Romain PECHON

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