Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « On a besoin de gagner, de prendre des risques »

Amiens SC Philippe Hinschberger
Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport)

Battu sans démérité par l’AC Ajaccio mercredi en match en retard de la 20ème journée de Ligue 2, Ce qui n’empêche pas Philippe Hinschberger de faire preuve de prudence, bien qu’il soit conscient de la nécessité de se montrer ambitieux pour aller glaner une victoire extrêmement précieuse. Entretien.

Philippe Hinschberger, vous allez retrouver Guingamp, un adversaire que vous avez déjà affronté à deux reprises pour autant de victoires…

Pour l’instant, ça nous a bien réussi chez eux, en espérant que ça réussisse chez nous. Ca reste une équipe avec un fort potentiel offensif. Comme tout le monde, dès qu’un joueur un peu majeur n’est pas là, tu es peut-être un peu moins performant, mais avec Gomis, Abi, Phaëton, il y a encore du matériel pour jouer devant. Sur les côtés, ils sont au complet et on sait que Livolant et Barthelmé bougent pas mal. C’est une équipe assez inquiétante sur le plan offensif et on l’a vu sur la deuxième mi-temps en coupe là-bas. A 3-0, on pensait avoir fait proprement notre travail mais on s’est fait balayé quand même derrière. Ils marquent deux buts, peuvent en mettre deux ou trois autres de plus. Ca a été très chaud.

A quoi vous attendez-vous de la part de cet adversaire qui risque d’être amoindri ?

On va voir comment ils sont constitués parce qu’ils ont quelques absents aussi. Après, ils feront comme ils voudront. De notre côté, on devra s’attendre à un adversaire qui va vendre chèrement sa peau encore une fois. J’ai vu Grenoble à Guingamp qui a changé des choses en montrant des signaux comme s’ils voulaient cadenasser. Je ne vois pas Guingamp comme ça. Une fois que le ballon est parti des défenseurs ou que le gardien a relancé, tous les joueurs qui touchent le ballon sont des bons joueurs. Ils vont rester dans ce qu’ils savent bien faire, mettre du mouvement. Il y a certainement une prise de conscience à un moment donné quand tu prends trop de buts mais c’est peut-être plus par des mouvements, des réductions d’espaces, des rapprochements de ligne, je ne sais pas. En tout cas, dans son ADN, cette équipe reste très joueuse et c’est difficile de faire autrement. Quand tu as des bons joueurs, tu as envie de jouer.

Depuis le match de coupe de France, Guingamp s’est relancé et compte cinq points de plus que vous aujourd’hui. La donne est-elle différente ? 

On a toujours un match en retard, mais comme j’ai dit avant Ajaccio, ces matches c’est zéro point tant qu’on n’a pas fait de nul ou gagné. Guingamp a eu ses résultats et je ne me pose pas trop la question. C’est une équipe qui a fait une meilleure partie de saison que nous, ils attendent mieux chez eux aussi, mais ils sont capables d’avoir des bons résultats avec des bons joueurs. La donne qui change, non. On a besoin de gagner des matches, on a besoin de six ou sept victoires sur la deuxième partie si on ne veut pas être en difficulté. Si on en gagne moins, on devra récupérer des points en plus sur des nuls.

Allez-vous forcément procéder à des rotations pour ce deuxième match en trois jours ?

On est rentré dans un truc et ça tournera demain ou mercredi. Faire quatre matches quand tu reviens d’une période où tu as des garçons qui n’ont pas joué pendant un mois, c’est très risqué. C’est déjà accidentogène d’enchaîner les matches alors il faut faire attention. Sur certains postes, on a la possibilité de faire des rotations. On a un effectif disponible par rapport à tout ça, à part Mickaël Alphonse, Adama Diakhaby qui s’est ressenti d’une contracture à la cuisse avant-hier. On a à peu près tout notre effectif et on a tout le loisir de faire ce que l’on veut.

Est-ce envisageable et viable de commencer un match avec la formule qui a terminé contre Ajaccio, à savoir seulement deux milieux de terrains et trois joueurs à vocation offensive ?

Tout est jouable, il faut garder un équilibre, c’est tout. Il ne faut pas penser qu’à attaquer parce qu’actuellement, ce qui fait défaut, c’est que l’on prend un petit but quand il ne faut pas. On reste sur deux défaites en championnat face à des équipes qui sont top 4, c’est compliqué aussi contre eux. Je pense qu’on a mieux figuré contre Ajaccio qu’à Paris. Vouloir marquer et gagner c’est bien, mais si on prend un but, c’est plus dur de gagner, sauf si, comme contre Grenoble, on en prend un à la 85ème alors qu’on a quatre buts d’avance. Là, c’est moins grave.

Cette vérité-là n’est pas forcément celle du début de match.

On a été dans une formule plus offensive en fin de match contre Ajaccio, mais on avait aussi deux attaquants en début de match qui étaient capables d’être en soutien. Sur la dernière demi-heure, c’est vrai qu’on a beaucoup poussé du fait du score aussi. Il ne faut pas se tromper, on est mené, on pousse, l’adversaire a reculé un peu, laissé jouer tout en essayant de choper les contres. Cette vérité-là n’est pas forcément sur un début de match non plus. Dans ma tête, c’est les changements que j’avais envisagé en cas de difficulté ou si l’on ne menait pas au score à l’heure de jeu. On a besoin de gagner des matches et pour ce faire, tu dois prendre des risques.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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