Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Les critères d’efficacité, on n’a pas la main dessus »

Avec quatorze buts inscrits depuis le début de saison, et quatre rencontres sur les cinq dernières sorties en Ligue 2 sans marquer le moindre but, l’Amiens SC est encore à la recherche d’une animation offensive performante. Plus que jamais Bamba-dépendante, l’attaque amiénoise peine à se trouver un avant-centre régulier et décisif. Décryptage de la situation avec Philippe Hinschberger. 

L’Amiens SC n’a aucune certitude

En l’espace d’un match, face à une équipe de première division de district, l’Amiens SC a montré l’étendue de son problème dans le secteur offensif. Auteur d’un triplé en seconde période, Tolu Arokodare avait avant ça galvaudé un nombre important de situations lors du premier acte. Capable de coups d’éclat mais incapable de faire preuve de régularité et de professionnalisme, l’attaquant nigérian symbolise, à lui seul ou presque, le fiasco offensif de la formation picarde depuis le début de saison. « Lui et Badji ont vendangé cinq ou six occasions nettes en première période contre une D1, reconnaît Philippe Hinschberger. Après quelle est la différence entre sa première mi-temps où il peut marquer trois buts et la deuxième où il en met trois en un quart d’heure ? Simplement, il les a mise au fond. »

Le problème est que Tolu Arokodare n’aura pas toujours autant de situations franches pour faire sauter le verrou adverse, surtout lorsqu’on constate que l’Amiens SC se procure moins de deux situations nettes en moyenne par match depuis de très longues semaines. « Ces critères d’efficacité, on n’a pas la main dessus. On aimerait que nos attaquants marquent plus et tout le temps. Nos joueurs offensifs n’ont pas assez de statistiques, surtout ceux qui ont joué, assène l’entraîneur amiénois. Je ne vais pas attaquer ici, mais on n’a pas de grosses stats offensives. » En effet, le trio Tolu-Badji-Lahne, soit les trois attaquants de pointes à sa disposition, ne cumule que six buts après quinze journées de championnat. A titre de comparaison, d’autres équipes en difficulté comme Bastia et Dunkerque peuvent compter sur Benjamin Santelli ou Malik Tchokounté, chacun auteur de cinq buts.

A défaut de pouvoir compter sur un buteur régulier, Philippe Hinschberger pourrait donc être tenté d’aligner davantage de joueurs offensifs, allant peut-être jusqu’à succomber aux désirs de certains de voir le trio Bamba-Badji-Tolu aligné dès le coup d’envoi. Reste à savoir si un tel trio est viable dans la configuration tactique actuelle. « Bien sûr que ça l’est, répond le technicien qui vient tout juste de fêter son 62e anniversaire. Ca nous met du poids devant, la complémentarité des joueurs je n’en suis pas intimement persuadé, mais globalement là où tu envoies le ballon, tu peux tomber sur un costaud, encore faut-il savoir de temps en temps garder le ballon, ce que l’on ne fait pas toujours bien non plus. Il y a plus à travailler là-dessus que sur le dernier geste. Savoir caler les ballons, c’est hyper important. On l’a vu samedi dernier que c’est un peu compliqué. Il faut que l’on s’attache à progresser là-dessus. »

Et le plus vite possible sera le mieux pour une équipe qui n’a gagné que deux matches après quinze journées et qui en est encore à se questionner sur son animation offensive. Preuve, si besoin il en était, que le recrutement a encore été raté dans les grandes lignes durant cette dernière intersaison.

R.P.

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