Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Il y a une certaine solidarité dans la bêtise »

Amiens SC
Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport

Avouant lui-même être désabusé suite à la lourde défaite de l’Amiens SC face au Paris FC (3-0), mardi soir en match en retard de la 23ème journée de Ligue 2, Philippe Hinschberger ne peut que constater les dégâts et la lente descente aux enfers de son équipe. Entretien. 

Philippe, ça bascule encore sur une erreur…

On est très mal rentré dans notre match, on est rentré mou. On ne sait pas négocier ce genre de match quand l’adversaire ne met pas beaucoup de rythme, nous attend un peu et on fait pareil. La première mi-temps a été mauvaise, hormis quelques incursions d’Antoine Leautey. Il n’y avait pas assez de courses vers le but, de tranchant contre une équipe de Paris qui nous a rendu beaucoup de ballons. Par contre, ils ne sont venus que trois ou quatre fois dans notre surface mais ont été dangereux à chaque fois. Régis fait une bêtise mais on ne peut pas lui en vouloir, il en a arrêté aussi. C’est dommage qu’il n’arrête pas cette série qui perdure.

En voulez-vous à Régis Gurtner ?

Que je lui en veuille ou pas, c’est pareil. Ils se passent le relais des erreurs en ce moment. Il y a une certaine solidarité dans la bêtise derrière. J’aimerais bien qu’on soit plus solidaire dans notre manière de défendre, d’attaquer ou sur les corners parce qu’on est sur une formidable nébulosité de ce que l’on veut faire. Je ne vais pas lui en vouloir. Il n’a pas fait exprès, c’est juste malheureux. C’est comme ça. Le mec doit être à un mètre ou deux de la ligne de but…

A chaque petit grain de sable tout s’écroule avec cette équipe…

C’est quelque chose qui est récurrent, c’est usant. Je suis très usé quand je vois ça, ça m’énerve profondément. Même en deuxième mi-temps, on a des situations pour marquer, revenir au score, sans parler du deuxième but que l’on prend je ne sais comment. On aurait pu relancer sur les vingt ou vingt-cinq dernières minutes. Il a manqué trop de choses, de tranchant, d’efficacité, on fait une connerie. La barre était trop haute pour nous.

Ce sera l’année de tous les gâchis.

Le score est-il lourd ou juste ?

A la mi-temps, il est sévère que l’on soit mené parce que Paris n’est pas venu dix-huit fois dans notre surface. Il y a une belle frappe qui est repoussée par Régis mais je n’ai pas vu grand-chose d’autre. On donne le but, c’est malheureux et on scelle le match au retour des vestiaires et c’est encore plus con. A chaud, je n’ai pas beaucoup d’idées de réponses. Quand tu viens jouer à Paris, tu sais qu’ils sont dans leur situation préférentielle en menant au score parce qu’ils peuvent contrer avec des gens qui vont vite devant, courent vers le but. On n’est pas rentré dans le bon scénario. La différence entre les deux moitiés de saison c’est que jusqu’à la douzième journée, environ, on menait quasiment toujours au score et là, on est tout le temps mené, et c’est dur.

Paris a été efficace…

Ils ont eu cinq tirs cadrés, je crois, ils en mettent trois. Bravo à eux, ils ont mérité leur victoire, ils ont été efficaces, plus que nous.

Vous glissez dans la deuxième partie de tableau…

On a trois victoires en quatorze matches (ndlr : seize), c’est normal. Autant quand tu fais sept victoires en onze matches, ça te porte vers les sommets, autant quand tu en fais trois en quatorze (ndlr : seize), ça te fait irrémédiablement descendre. Ce sera l’année de tous les gâchis.

C’est donc ce sentiment de gâchis qui prédomine…

Franchement, là, oui. Je suis vraiment désabusé après ce match. Tu gagnes contre Pau dans un match difficile après trois matches sans gagner, tu vas à Saint-Etienne, tu fais ton match, tu peux espérer le gagner et là tu viens et tu te tires une balle dans le pied avant la mi-temps. On part toujours avec des handicaps.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

2 Commentaires

Commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *