Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Il faut lâcher les chevaux ! »

Amiens SC Hinschberger
Eddy Lemaistre/FEP/Icon Sport

Désireux de vite tourner la page de l’élimination de l’Amiens SC en coupe de France, Philippe Hinschberger attend désormais de son équipe qu’elle confirme contre Guingamp, pour le compte de la 18ème journée de Ligue 2, le sursaut entrevu en fin d’année dernière avec les quatre points pris à Valenciennes et Laval. Entretien. 

Philippe, l’Amiens SC n’a pas le temps de gamberger après son élimination en coupe…

Non et après le dernier tir au but j’étais tout de suite passé à autre chose. Ce n’est pas la peine de ressasser les choses. On n’a pas été capable de travailler une solution offensive pour marquer au moins un but à une équipe de National 3 à onze contre dix. On a pourtant les occasions pour le faire. On n’a pas non plus fait preuve d’une grande confiance au moment des tirs au but. On a aussi fait preuve d’un certain manque de caractère là-dessus. On avait de jeunes joueurs mais finalement on a commencé cette rencontre avec les seuls (Siriky) Diabaté et (Junior) Fofana qui s’en sont quand même pas mal sortis. Pour le reste, il y avait cinq titulaires de Laval puis des joueurs habilités à jouer dans cette équipe. On n’a pas fait ce match avec une équipe de U17. On est éliminé de la coupe de France, c’est gênant, ça fait parler de nous en mal mais c’est derrière nous. Je me focalise tout de suite sur les deux matches contre Guingamp et Bordeaux. Place au championnat.

Vous pensez qu’il faut faire la part des choses entre la coupe et le championnat…

La moitié de l’équipe sur le terrain demain (ndlr : mardi) n’a pas joué samedi. Elle est donc concernée par l’élimination mais pas directement. On voulait aussi présenter l’équipe la plus compétitive contre Guingamp. Je rappelle qu’on a fait 24 heures de bus en une semaine, en rentrant à 6 heures du matin de Laval et à 3 heures du matin de Thaon. On a accumulé de la fatigue et c’était tout à fait logique. J’ai vu beaucoup d’équipes tourner aussi sur ce tour de coupe de France. On aura donc une équipe proche de celle qui a joué à Laval.

Parvenez-vous à comprendre les réactions hostiles suscitées sur les réseaux sociaux par l’élimination de l’Amiens SC à Thaon et en substance par certains de vos choix ?

Je ne regarde pas les réseaux sociaux. Je ne suis ni sur Facebook ni sur Twitter ni sur Instagram. Je peux voir des choses quand on veut bien me les montrer. Avec l’âge, j’ai fini de me priver des avis des uns et des autres. Ce qui n’empêche pas les gens de discuter, de s’exprimer. Si quelqu’un peut me prouver que l’équipe alignée à Thaon-les-Vosges – quand bien même le terrain était compliqué – était incapable de se qualifier… Si on avait fait les deux mi-temps comme la première, j’aurais dit oui. Là, c’est quand même incroyable de ne pas marquer en deuxième mi-temps. Sur le coup, j’ai le soutien de mon président. On en avait parlé avant, il a très bien compris la situation. Il sait aussi l’importance donnée au championnat, où on est à quatre points de la deuxième place. On est dans la position du tireur tapi dans l’ombre. On a juste envie de prendre des points pour avancer en championnat. Sachant que, dans mon for intérieur, je suis persuadé qu’on sera capable de faire des séries.

J’ai juste envie de basculer à 30 points à un match de la fin de la phase retour, ce qui serait déjà une très bonne opération.

On l’a fait en première partie de saison, on est capable de gagner chez nous, on a gagné trois fois à l’extérieur. Il nous reste à retrouver l’efficacité offensive qui nous a fait défaut sur les deux derniers matches à domicile, sur le match de Thaon. Sachant qu’on a retrouvé ça sur les matches de Valenciennes et Laval en mettant quatre buts en deux matches, ce qui est un très bon ratio. J’ai juste envie de basculer à 30 points à un match de la fin de la phase retour, ce qui serait déjà une très bonne opération, même si on a trainé un peu en route. On avait 20 points à la dixième journée, c’est vrai que ça peut donner des regrets. Maintenant, on ne sait pas comment ça va être pour les autres. Peut-être que Le Havre, pour qui ça va très fort aujourd’hui, va aussi connaître trois défaites d’affilée. Et à partir de là, ça peut aller très vite et ça peut se resserrer.

Cette élimination en coupe de France va sans doute aussi renforcer vos convictions à propos de votre équipe-type…

Aujourd’hui, oui. Après ça peut toujours bouger sur un poste ou deux, mais quand tu fais des matches comme à Valenciennes et Laval avec plutôt la même équipe et que ça se passe plutôt bien, tu n’as pas envie de réparer ce qui n’est pas cassé. Quand ça va bien, il faut en profiter aussi. Je ne me pose pas trop de questions du coup. On a eu du mal à sortir de la spirale des quatre défaites, on reste sur deux bons matches à Laval et Valenciennes qui me donnent le sentiment qu’on est plutôt sur la bonne voie. On reste aussi sur deux défaites à domicile et on veut vraiment retrouver la victoire à domicile. On a manqué un peu de flamme en deuxième période contre Saint-Etienne et contre QRM on se fait prendre en contre. Ce qui est complètement con comme scénario. On veut retrouver les images de joie après les matches à la Licorne. La victoire à Laval doit nous donner de l’appétit. Il faut qu’on lâche les chevaux.

Vous avez évoqué la possibilité de franchir la barre des 30 points. Serait-ce suffisant pour rendre le bilan de la première partie de saison forcément positif ?

Aujourd’hui, on mériterait plus que 30 points par rapport à notre début de saison. On a pris uniquement quatre points en six journées, ce qui représente un gros gros coup d’arrêt. On aurait pu allègrement, gagner un match de plus et au moins faire un match nul. Avec quatre points de plus, on peut presque viser 34 points à la trêve, ce qui te met plutôt bien. A 30 points à la trêve, il faut être meilleur en deuxième partie de saison si tu veux avoir une belle surprise à la fin. Maintenant, cela reste un meilleur temps de passage que la saison dernière, ce qui prouve qu’on est plutôt en progression. Mis à part la première journée : ndlr : la deuxième et la quinzième aussi), on n’est jamais sorti des cinq premiers. On ne va quand même pas pleurer. Si on gagne contre Guingamp, ce que je souhaite, ça fait 9 victoires en 18 matches, soit une victoire sur deux. Avec Grenoble, on a fini quatrième en étant pas tout à fait à une victoire sur deux, c’est dur de garder ce rythme. C’est pour ça que les séries sont très intéressantes, pour te permettre d’avoir un nul ou une défaite par-ci par-là. Maintenant, on a deux matches à faire contre deux très belles équipes que sont Guingamp et Bordeaux.

Propos recueillis par Romain PECHON

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