Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Etre digne de notre rang »

Hinschberger Amiens SC
Loic Baratoux/FEP/Icon Sport

Dernière équipe du top 5 avant l’ultime journée de la phase aller, l’Amiens SC aimerait bien profiter de son déplacement à Bordeaux pour pleinement se repositionner et par la même occasion marquer les esprits en s’offrant le scalp d’un des cadors du championnat. Et pour Philippe Hinschberger, son équipe est désormais prête à faire face à ce genre d’adversité. Entretien. 

Philippe, dans quel état d’esprit abordez-vous ce dernier match de la phase aller pour l’Amiens SC ?

On a deux gros matches qui arrivent contre le deuxième et le premier. C’est dommage de ne pas avoir gagné avant-hier pour pouvoir mettre une bonne pression sur Bordeaux avec deux points de retard. Si on envisage de manière pessimiste, on pourrait se retrouver à sept points mais si ça se passe bien, on peut vraiment recoller aussi. On se déplace avec de l’ambition de jouer les trouble-fêtes. On ne sera pas favori sur ce match, c’est clair. C’est une très bonne équipe et c’est dommage que l’on n’ait pas pu confirmer mardi.

Quels atouts faut-il mobiliser pour espérer battre cette équipe de Bordeaux ? 

Il faudra une grosse équipe de l’Amiens SC qui va devoir batailler défensivement contre les offensifs de Bordeaux qui ont du talent, de la vitesse, de la puissance, de la technique. Ca joue avec beaucoup de monde devant, on devra faire très attention là-dessus. A contrario, il faut qu’on soit capable de leur poser des problèmes défensifs pour les étirer, aller dans la profondeur et faire mal là où on peut. Si on part faire ce match en les regardant jouer, on n’a aucune chance. Il faut que l’on ait de l’ambition dans notre jeu, que l’on soit digne de notre rang. On est cinquième de L2, on va jouer chez le deuxième, il n’y a pas beaucoup d’écart entre les deux clubs.

Il ne faut pas subir, se mettre à trente mètres du but et attendre que ça se passe.

Ca risque de se jouer sur pas grand-chose mais j’attends qu’on ait un autre comportement contre une grosse équipe de L2, je pense qu’on est capable de l’avoir. Il faut que ce soit différent de Metz, Caen ou Le Havre où on s’est fait noyer. Il faut régler les problèmes défensifs quand vous en avez, attaquer quand vous en avez la possibilité. Il ne faut pas subir, se mettre à trente mètres du but et attendre que ça se passe. On a une équipe qui est plus mature, plus prête dans sa maîtrise collective pour pouvoir résister à ça.

Je pense qu’on a une équipe capable d’être au niveau de l’affiche, plus qu’en début de saison.

Le moment est-il venu de marquer les esprits et de chasser les quelques doutes qui peuvent entourer votre équipe en raison de votre manque d’efficacité offensive ?

On a surtout un doute sur notre capacité à finir les actions aujourd’hui, les chiffres nous donnent entièrement raison. On ne va pas inventer quelqu’un qui va nous mettre quatre buts par match. Je ne veux pas taper sur mes attaquants. Ils ont des occasions, sont présents sur ces occasions. Après, c’est la qualité du dernier geste, la justesse technique, peut-être l’agressivité offensive, se déplacer encore mieux dans les zones. Je ne sais pas comment le match va se passer, mais je pense qu’on a une équipe capable d’être au niveau de l’affiche, plus qu’en début de saison, parce que tu as des garçons qui sont là en pleine forme comme Leautey, Kakuta de retour à son meilleur niveau, Gélin qui oriente les affaires. Si nos défenseurs sont dans un bon jour, on a quand même une défense difficile à passer.

Avez-vous le sentiment que l’Amiens SC fait déjà face à un vrai tournant de sa saison ?

On est loin du Havre, si on perd on sera loin de Bordeaux et il va falloir cravacher pour revenir. Ce serait assez intelligent de notre part de faire un résultat positif, mais ils ont le même raisonnement. En nous battant, ils peuvent mettre une équipe à sept points. On est conscient de ça et c’est tout à fait normal.

Vous abordez ce dernier match de la phase aller avec 28 points et avec en point de mire la barre des 30 points. Le bilan de la première partie de saison dépend lui aussi forcément de cette rencontre à Bordeaux…

Le match de mardi aurait pu nous propulser à trente points, ce qui est un bon total quand on voit que Le Havre en a déjà 39. Le bilan qu’on fera à la fin de la phase « aller » nous laissera des regrets, même si on gagne à Bordeaux, parce qu’on a laissé pas mal de points en route mais on en a pris aussi que l’on ne méritait pas forcément, on a tendance à l’occulter. Que ce soit nos quatre défaites, où on se demande encore comment on a fait pour perdre les quatre matches, ou encore celui de mardi ou de Valenciennes. Je pense qu’on aura en regrets entre trois et six points minimum sur la phase « aller ». C’est en tout cas meilleur que l’année dernière. Les aménagements prévus en début de saison avec la réduction du groupe, l’intégration de jeunes du centre de formation, un autre état d’esprit dans le vestiaire, ça a été payant. Pour le club en lui-même, c’est aussi une piste.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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