Philippe Hinschberger (Amiens SC) : « Etre à la hauteur de l’événement, de la fête »

Amiens SC Hinschberger
Loic Baratoux/Icon Sport

Frustré par la saison de son équipe, Philippe Hinschberger attend que l’Amiens SC affiche le même degré d’implication face à Auxerre, qui joue sa montée en Ligue 1, que le week-end dernier face au Paris FC. Le tout pour éviter de terminer sur une énième mauvaise note et par la même occasion ne pas fausser la course à la montée. Entretien.

Philippe, comment abordez-vous ce dernier match pour l’Amiens SC ?

Auxerre doit gagner son match et ce sera un très gros match dans une très belle ambiance. On verra des images que l’on aimerait voir plus souvent. Ça va être top. Il faut que l’on soit à la hauteur de l’évènement et je ne parle même pas du résultat. On doit avoir un comportement irréprochable, exemplaire. C’est la seule chose que j’attends parce que ce serait très mal venu que l’on ne l’ait pas. On n’a rien à jouer là-dessus mais on a notre honneur à mettre en cause. Je ne suis pas soucieux par rapport à ça.

Peut-on encore miser sur ça à la dernière journée ?

La nature humaine est faite comme ça. On en a pris six à Toulouse et ça nous a servi de leçon. Quand on rentre mal dans nos matches contre ce genre d’équipe… Auxerre a la faculté offensive la plus importante du championnat. Quand on voit leurs offensifs, c’est magnifique, ça joue très bien au ballon. On va avoir fort à faire, ils vont attaquer, sont habitués à marquer des buts. On n’est pas là pour dire que l’on va jouer un 0-0 aléatoire. Le stade est plein, les gens attendent du spectacle et il faut que l’on soit à la hauteur de la fête, que l’on joue notre rôle et pas celui de sparring-partner. On doit y aller en tant qu’opposant qui a la ferme intention de jouer son match. Après, si Auxerre est meilleur et qu’ils nous battent, on leur dira bravo et on leur souhaitera bonne chance pour la suite. Si on est meilleur, ce sera bien joué de notre part. Les données sont claires, pour moi.

Mais on ne peut s’empêcher de penser à Toulouse…

Auxerre sera plus prêt que nous au coup d’envoi, c’est une évidence. Ils ont un objectif tellement fort qu’ils ne peuvent pas passer à côté de cette occasion de bien rentrer dans le match, de l’emballer, d’essayer de marquer. On sait que l’on aura fort à faire défensivement et j’attends que l’on soit bien défensivement pour que l’on puisse proposer la résistance la plus farouche, c’est normal. Après, la vérité du terrain, je ne l’ai pas, elle sera pour demain soir.

Ce sont des moments à ne pas rater. Pour les apprécier, il faut attaquer, ne pas oublier de défendre, de rentrer dans son match.

Est-ce finalement le meilleur contexte pour l’Amiens SC ?

C’est ce qu’il y a de mieux pour moi, en tout cas. On termine par deux gros matches et on fait deux stades pleins. La semaine dernière, au regard du contenu, on aurait mérité un bien meilleur sort. C’est formidable d’aller jouer ce genre de match. En plus, on rentre dans les beaux jours, le temps est bon, les stades sont pleins, c’est génial ! On est heureux de participer à ça, de finir comme ça. Il y avait 22000 à Valenciennes par exemple la semaine dernière. Ce sont des moments à ne pas rater, il faut les apprécier. Pour les apprécier, il faut attaquer, ne pas oublier de défendre, de rentrer dans son match.

Vous étiez dans la situation similaire à celle d’Auxerre l’an dernier avec Grenoble. L’équipe qui joue quelque chose sur une dernière journée se sent forcément portée par une forme d’élan naturel…

Quand on est dans cette position à la dernière journée, c’est qu’on a mérité de l’être. Beaucoup de choses ont été mises en place. On a eu un dernier match très difficile à Rodez qui aurait pu nous sortir des barrages. On a gagné 1-0 sur un pénalty un peu heureux à un quart d’heure de la fin. L’attente du barrage contre le PFC au Stade des Alpes était présente pour beaucoup de monde et on a été présent au rendez-vous. Ce sont des échéances que les gens ne veulent pas rater.

Et dire que la meilleure mi-temps de la saison de l’Amiens SC était au match aller face à cette même équipe d’Auxerre….

C’est vrai. On aurait dû mener 2 ou 3-0 à la mi-temps. Cette deuxième nous a mis dans le tracas, le pétrin. C’était une grosse désillusion par rapport à notre préparation qui était plutôt bonne en termes de jeu et de buts marqués. La première mi-temps confirmait cette bonne forme mais la deuxième nous a fait tomber de haut. Derrière, vous allez à Ajaccio avec une défense centrale qui a vingt ans de moyenne d’âge et dix matches de Ligue 2 dans les jambes… C’est trop court. Le point d’orgue a été la défaite contre Quevilly ici où on a pris contre sur contre. C’est de l’histoire tellement ancienne qu’on n’a pas trop envie d’y repenser. On sera dans un autre contexte. Si on prend l’équipe d’aujourd’hui et qu’on la calque sur celle de la première journée, on ne va pas trouver beaucoup de doublons. On a une équipe complètement différente et je souhaite que l’on termine de belle manière.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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