Quelques heures après l’annonce de la mise à l’écart d’Omar Daf par l’Amiens SC, Bruno Paris nous livre son analyse de la situation. Selon le polémiste de l’émission la Tribune sur ICI Picardie, la position du technicien sénégalais était devenue intenable, malgré des circonstances atténuantes. Entretien.
L’Amiens SC vient d’annoncer la mise à l’écart d’Omar Daf, à la veille d’un match crucial à Boulogne. Etes-vous surpris de cette décision ?
Qu’à moitié ! Parce que depuis quelques temps, quelques grosses semaines, je sentais qu’Omar Daf était en danger. Il était d’autant plus en danger qu’avec l’arrivée de 5 nouveaux joueurs, c’est-à-dire 50% d’une équipe-type, les résultats ne sont toujours pas là. J’ai lu les propos du président délégué, Christophe Duprez. J’ai vite compris qu’il allait se passer quelque chose. J’avais envisagé ce renvoi, mais la grosse surprise est qu’il intervienne avant Boulogne-sur-Mer, un match qui est quasiment capital. Ils ont certainement voulu provoquer quelque chose. Maintenant, malgré les recrues, Omar Daf est resté fidèle à son système de jeu. Son jeu était malheureusement anesthésiant, même pour les supporters.
En occultant le timing, la décision ne vous semble donc pas illogique, notamment dans l’optique de créer un électrochoc au sein du groupe ?
On n’a jamais vu une équipe d’Amiens capable de prendre un match en main, de dominer son adversaire. Son équipe n’a jamais fait un match plein, c’était une mi-temps correcte à chaque fois. On a toujours été dans la réaction. Même lundi soir, son équipe a commencé le match repliée dans ses 40 derniers mètres. Ensuite, on s’étonne que ça manque de lucidité quand on s’approche du but adverse ? Son approche n’a jamais changé, qu’importe les joueurs ou le système de jeu. C’est une déception que ça se termine comme ça. J’ai longtemps été un adepte et un défenseur d’Omar Daf. Maintenant, on a tous des yeux pour voir ce qui se passe sur le terrain.
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Quelle est la part de responsabilité d’Omar Daf, un entraîneur que vous avez beaucoup défendu avant de faire varier votre position ces dernières semaines, dans la saison galère de l’Amiens SC ?
Il a une vraie part de responsabilités, mais on ne lui a pas fait de cadeau non plus. En particulier, cette année. Il y a encore eu ce recrutement fait à l’emporte-pièce. On nous parle d’un défenseur central début janvier et il arrive tout sauf un défenseur central. Les joueurs arrivent le lundi à 19h30 pour un mercato qui se termine à 20 heures. Des joueurs qui ne jouaient nulle part. Je me demande même si certains s’entraînaient encore avec le groupe professionnel. Ça, c’est à sa décharge, clairement.

Maintenant, il est aussi rentré dans un combat de coqs avec John Williams en écartant certains joueurs, comme ça, d’un claquement de doigts. C’était sans doute pour répondre au recrutement effectué par John Williams, avec encore une fois des joueurs qui n’étaient pas prêts. Il a aussi voulu prendre son président au mot en mettant tout de suite les cinq nouveaux joueurs, une chose impensable chez Omar Daf, lui qui dit toujours qu’il faut remettre en forme les joueurs quand ils arrivent. C’était clairement joué avec le feu. Et je suis prêt à prendre le pari que certains joueurs comme Yanis Rafii et Amine Chabane vont revenir dès demain (vendredi).
On ne peut pas s’empêcher de faire le parallèle avec la saison d’Omar Daf à Dijon, déjà limogé à deux mois du terme de la saison avec la finalité que l’on connaît tous. Redoutez-vous le même sort pour l’Amiens SC ?
A vrai dire, depuis quelques semaines, je n’osais pas trop en parler, mais je me penchais déjà sur cette saison d’Omar Daf à Dijon. Quand il a été démis de ses fonctions, il restait déjà neuf matchs de championnat et le capital points était catastrophique avec 26 points en 29 journées (0,89 point par match contre 0,92 cette saison, ndlr). Ce n’est peut-être qu’une coïncidence, mais Amiens se retrouve dans une situation similaire pour éviter la relégation. J’aurais peut-être attendu le match de Boulogne, même si Omar Daf sentait le vent du boulet. Il a eu tort de ne pas vouloir changer sa façon de jouer. C’était devenu bancal. Il fait partie de ces entraîneurs qui pensent qu’on peut gagner des matchs sans attaquer ou sans attaquant sur le terrain.
Selon vous, il n’était plus l’homme de la situation ?
Ça devenait compliqué dans la mesure où on lui a, soi-disant, amené des renforts. Et que les résultats tardent à arriver, que les prestations sont toujours aussi monotones. Et puis il y a toujours cette partie physique qui est inexistante depuis le début de saison. C’est quand même pas normal que contre n’importe quelle équipe, l’Amiens SC n’arrive pas à tenir un match complet. Le club a décidé de se séparer d’Omar Daf, mais il y a sans doute d’autres ajustements à faire au sein du staff technique, notamment au niveau de la préparation physique.
Pour le remplacer, Amiens a décidé de miser sur le tandem Ielsch-Costa pour le moins inexpérimenté. Est-ce bien sérieux au regard des enjeux ?
Déjà, pour un club qui n’a pas d’argent soi-disant, ça va coûter un beau billet cette affaire-là. Il va falloir indemniser Omar Daf (sous contrat jusqu’en juin 2027, ndlr). Il va falloir peut-être s’acquitter d’une amende pour le duo… Cet argent aurait été plus utile pour procéder à un recrutement judicieux, effectué par un professionnel. C’est un peu triste d’en arriver là. Malheureusement, les spectateurs vont encore devoir avaler tout ça. J’espère que l’Amiens SC va s’en sortir, qu’importe l’identité du coach, même si ce sera compliqué.
Propos recueillis par Romain PECHON
Crédits photo : Sylvain Thomas/FEP/Icon Sport

Le timing montre encore une fois tout l’amateurisme du duo . Ça me ferait bien rire qu’ils finissent directement relegables.
pour remplacer Omar Daf, pas besoin d un nouvel entraîneur faisont confiance a liesh Costa pour les entraînements et mettons johns Williams comme manager ce trio arrivera à sauver l Amiens Sc de la relégation par contre johns Williams est un peu trop a Bordeaux
Entièrement d’accord avec B. Paris.
Pour une direction qui compte ses sous au centime….. ce n’est pas vraiment un bon calcul !.
Maintenant qui pour sauver l’ASC de l a relégation pour les 10 dernières journées ? Pascal Dupraz par ex ? (Kombouaré n’étant plus libre…..) 🙂
Nicolas Usai dès maintenant ?