Nicolas Rabuel (VAFC) : « La barre des 25 points est atteinte »

Nicolas Rabuel VAFC
Eddy Lemaistre/FEP/Icon Sport

Après le match nul de Valenciennes hier soir, l’heure n’était pas à la satisfaction, mais pas non plus à l’abattement. En tout cas, c’est l’état d’esprit de Nicolas Rabuel qui ne se veut pas fataliste concernant la situation. Il a confiance en ses joueurs pour rebondir. Entretien.

Après une soirée comme celle-là, quel est le sentiment le plus fort ?

D’être menés et de revenir, on l’avait déjà fait contre Nîmes et Saint-Étienne. C’est bien de le faire, ça permet de maintenir l’invincibilité à la maison. Maintenant, on a eu du mal à sortir de la pression d’Annecy en première mi-temps. On sait que c’est une équipe qui met beaucoup de pression. Il y a eu un manque de justesse technique, parce que nous étions fébriles. Est-ce que le fait d’aller chercher une victoire engendre cette fébrilité où on se déplace moins et on veut moins du ballon ? C’est cet ensemble de choses qui fait que.

Il y a une satisfaction, c’est d’avoir marqué deux buts. Ça faisait un moment que ça ne vous était pas arrivé…

À ce niveau-là, c’est bien. Ça ne nous est pas beaucoup arrivé. Malheureusement, on en prend deux, dont un qui est évitable, car c’est une perte dans notre moitié. J’ai trouvé que c’était un match engagé des deux côtés, avec des équipes qui cherchaient à aller vers l’avant. Je pense que c’était agréable à regarder. Ceci dit, avec encore des choses à corriger. Aller chercher la victoire aurait pu permettre de redonner de la confiance et de passer à autre chose.

Le fait d’avoir marqué et d’être revenus deux fois au score révèle quelque chose du caractère de l’équipe. Est-ce que cela peut lever le doute qui peut vous accompagner ?

Connaissant ce groupe, ce n’est pas forcément une surprise de revenir deux fois au score. Le fait de marquer deux buts doit nous donner confiance pour continuer d’aller grappiller des points. Il y avait cette barre symbolique des 30 points à passer, mais aussi des 25. Elle est atteinte. Il faut continuer de grappiller et déjà bien préparer Dijon.

Pour se rapprocher des 30 points, il n’y a pas 36 solutions…

Je crois que mathématiquement, même si on gagne à Dijon, on ne sera pas à 30. L’objectif est d’arriver à mi-parcours avec le plus de points possibles. Faire un petit bilan après Dijon pour se projeter sur la deuxième partie de saison.

Aymen (Boutoutaou) a mis un doublé. On l’a senti en forme dès les premières prises de balles. Sentiez-vous qu’il montait en puissance ?

Venu venir, pas forcément. Je discute beaucoup avec Aymen. L’idée, c’est de lui faire prendre conscience qu’il peut nous apporter plus. Et même à ce poste-là, car je sais que ce n’est pas son poste de prédilection. Quand je le mets sur le côté, je veux qu’il puisse animer notre jeu à l’intérieur et qu’il puisse se retrouver dans les zones de finition comme il l’a fait. C’est bien pour lui, que ça lui donne confiance, mais aussi conscience que peu importe son poste, il est capable de faire jouer les autres et donner des dernières passes dans les 30 mètres. Contre Amiens, c’est lui qui donne la passe à Mathis (Picouleau). Il est capable de marquer, il l’a en lui. J’espère que ça va lui faire franchir un cap dans la maturité pour qu’il nous apporte encore plus.

Le premier but qu’il met, c’est typiquement ce que vous attendez de lui…

Oui, après je l’ai déjà positionné à gauche pour qu’il rentre sur son pied droit et frappe. Il a montré qu’il pouvait faire l’inverse. Aymen, sur un éclair, il est capable avec son talent d’avoir ce type d’actions.

Avec ce qu’il a montré, il n’est pas prêt de revenir dans l’axe…

Encore une fois, je lui demande d’avoir cette alternance pour animer le côté avec Allan. Mais surtout dans son positionnement, d’être proche de Jas’ (Berthomier) et d’Ugo (Bonnet). Pour moi, le positionnement de départ, c’est un positionnement défensif. Quand on a le ballon, je sais bien que ce n’est pas un joueur de débordement. Et encore que, contre Amiens, il nous a montré que sans déborder, il est capable de se mettre en position de centre et de faire la passe décisive.

Les joueurs sont-ils frustrés ou y’a-t-il de la satisfaction d’être revenus deux fois ?

Il y avait plus de déception, de ne pas avoir retrouvé la victoire et son goût, que l’on recherche depuis un petit bout de temps. C’est bien, ça prouve qu’il veulent aller chercher plus.

Qu’avez-vous pensé du retour de Mathieu Debuchy ?

Debuch’, c’est quelqu’un, je sais que dans sa préparation, même s’il va louper quelques jours d’entraînement, il sait se gérer lui-même pour se mettre la charge pour être prêt le week-end. Il se connaît tellement bien que je ne suis pas surpris. Je sais qu’il était très bien physiquement avant sa blessure. Il a travaillé pour être prêt.

Quel est son apport auprès d’un effectif hétéroclite en termes d’âge ?

Il apporte ce qu’il est au quotidien. Debuch’, la séance est à 10 heures, il vient à 8 h – 8 h 15 pour prendre son petit dej’, se préparer en salle et s’entraîner. Jusqu’à 13 h 30 il est là, se réentraîne en salle et fait des soins. Il n’a pas besoin de beaucoup parler pour apporter cette exemplarité. On insiste auprès des jeunes pour qu’ils s’inspirent de ça, de son professionnalisme. À 37 ans, s’il est encore là avec ces prestations-là, c’est qu’avec le mec, tout est carré.

Quelle va être la clé contre Dijon pour briser cette spirale ?

Ça va être déjà de bien récupérer sur le plan athlétique et se conditionner. Quand tu as une période donnée où tu recherches la victoire, tu as tendance à avoir beaucoup de doutes et de questions. Il faut qu’on maintienne le cap, avec du travail. Mais je suis persuadé que ce déchet technique est dû à cette fébrilité, qui plus est à la maison. Quand on est à la recherche d’une victoire, on a un peu les pieds qui tremblent. J’espère qu’à l’extérieur, il y aura plus de décomplexion, sortir de ça, en se disant « on lâche les chevaux ». En début de saison, je sentais les mecs qui manquaient de présence devant le but. Ça va revenir, ça travaille, il faut rester unis. Le fait qu’ils soient déçus dans le vestiaire, c’est un bon signal

On imagine que le manque de confiance est un peu plus accentué pour les attaquants…

Oui, mais Aymen nous a amené de la confiance ! Il a fait le doublé, mais on accompagne au maximum nos attaquants qui sont à la recherche de buts et d’efficacité. Faire en sorte qu’une défaite bascule en match nul et un match nul en victoire.

Propos recueillis par Pavel CLAUZARD

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