Matthéo Xantippe (Amiens SC) : « Je ne pense pas que beaucoup de personnes m’attendaient »

Amiens SC Lusamba Xantippe

Avec Mathis Lachuer, Matthéo Xantippe est l’unique rescapé de la colonie de joueurs formés au club et lancés dans le grand bain depuis la relégation de l’Amiens SC en Ligue 2 et qui dispose encore d’un temps de jeu important cette saison. Affecté par la situation actuelle, le latéral gauche demeure néanmoins confiant quant à la capacité des Amiénois à rectifier le tir. Entretien.

Matthéo Xantippe, après une première année à vous entraîner de manière régulière avec le groupe professionnel, votre heure est venue cette saison…

Je ne pense pas que beaucoup de personnes m’attendaient ici, que ce soit au club ou ailleurs. Je prends ce que j’ai à prendre, c’est du bonus parce qu’on ne m’attendait pas. J’essaye d’être performant, de montrer au coach que j’ai ma place. C’est sûr que l’année dernière, ce n’était pas mon tour, j’ai su être patient, j’ai continué à travailler et ça commence à fonctionner, mais il reste beaucoup de chemin.

Vous aviez le sentiment qu’on ne s’attendait pas à ce que vous jouiez autant ?

Pas forcément dans ce sens-là, mais plus dans celui où je suis le jeune avec le 33. C’est comme ça que je prends les matches. Je suis concentré sur le terrain, mes performances. Etant Amiénois, je suis focus à 100% sur l’Amiens SC.

Quel est le sentiment dans le cocon familial de vous voir jouer en professionnel ?

Il y a de la fierté, forcément. Il m’a dit que si j’écoutais l’entraîneur, de regarder les plus grands, j’allais continuer à apprendre et tout suivra. C’est le meilleur des conseils, je pense.

Avant l’arrivée d’Harouna Sy, le club a débuté la saison avec uniquement vous au poste de latéral gauche. Puis, Philippe Hinschberger a décidé de vous faire confiance pour faire office de doublure. Comment avez-vous vécu cette situation ? 

J’en ai discuté avec le coach, j’ai senti la confiance qu’il avait en moi. Il m’apporte de la confiance et apprend à me libérer sur l’aspect offensif pour savoir percuter, tenter sans arrière-pensée. Il attend de moi plus de rigueur défensive et c’est mon axe de progression. Après, c’est à moi de ne pas le décevoir. Harouna est un joueur de Ligue 2 de grande qualité, qui apporte beaucoup de choses au niveau physique, je suis en très bons termes avec lui, j’essaye d’apprendre à ses côtés.

Ça n’a pas été facile, ça commence tout doucement à prendre, on le sent à l’entraînement, en match. Maintenant, il faut vraiment des choses concrètes, des actes.

L’an dernier, beaucoup de jeunes joueurs ont été dans votre position actuelle. Vous nourrissez-vous de leur expérience ?

C’est sûr que je discute souvent avec eux, j’essaye d’apprendre au maximum avec Iron (Gomis) qui est encore au club mais je suis toujours en contact avec Nathan (Monzango), Darell (Tokpa) et Florian (Bianchini). On se parle souvent et j’essaye de prendre un peu de tout le monde.

Et ils doivent vous dire que le plus dur est d’enchaîner, de s’installer…

C’est ça. La régularité est le plus important dans le football. Savoir faire des bons matches, c’est bien, mais être performant régulièrement c’est compliqué, surtout en Ligue 2 où c’est un football de duels, de combat, d’agressivité.

Et encore plus dans une équipe qui se cherche depuis le début de saison…

Certes. Après, on a eu une fin de mercato étonnante mais c’est là que la mayonnaise commence à prendre. C’est en ce moment. Ça va aller beaucoup mieux. Je suis en mode « découverte » même si je dois rester professionnel. Ça n’a pas été facile, ça commence tout doucement à prendre, on le sent à l’entraînement, en match. Maintenant, il faut vraiment des choses concrètes, des actes, il faut passer un cap dans notre jeu. Ça va le faire.

Votre entraîneur a souvent parlé d’un vestiaire qui ne dégage pas beaucoup d’émotions. En tant que joueur formé au club et natif de la ville, ça ne doit quand même pas être simple d’accepter cette 18e place…

Etant amiénois, né à Amiens, ça m’a affecté parce que j’ai cet ego, cette fierté qui me disent qu’on ne doit pas se retrouver à cette place. Je dois rester professionnel dans la tête, mais c’est sûr que ça m’a affecté. Il y a cinq ou six ans, j’étais supporter et ça m’affecte forcément.

Propos recueillis par Romain PECHON

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