Mathis Lachuer : « Important pour moi de m’imposer à l’Amiens SC »

Lachuer Amiens SC

Devenu titulaire avec l’Amiens SC, Mathis Lachuer fait partie des joueurs les plus scrutés en ce début de saison. Déterminé à l’idée de s’imposer avec son club formateur, le milieu de terrain de bientôt 21 ans a choisi le 11 Amiénois pour évoquer ses nouvelles responsabilités et ses ambitions. Entretien. 

Mathis, six mois après avoir fait vos débuts en Ligue 2, vous êtes aujourd’hui titulaire avec l’Amiens SC. Comment vivez-vous cette ascension assez rapide ? 

C’est vrai, ça va vite mais dans les deux sens. Je me souviens que quand je suis arrivé au centre de formation j’ai vu que ça pouvait aller vite avec les entraînements avec les professionnels, le match amical que j’ai joué contre Courtrai. Je sais que ça va vite mais après dans le foot, on sait qu’on peut avoir une forte ascension et redescendre du jour au lendemain. J’essaye de garder cette régularité qui est difficile dans le football. Je mets tous les moyens en place, notamment sur l’hygiène de vie pour ne pas connaitre de blessure comme j’ai eu l’année dernière.

Mathis Lachuer (Amiens SC) : « C’est à nous de trouver le déclic ! »

Cette blessure aurait pu être un vrai coup d’arrêt dans votre progression ?

C’est ça. Après j’ai toujours gardé confiance en moi. Ma famille m’a mis dans les meilleures dispositions aussi. C’était dur mais quand tu vois tous tes potes jouer, que tu es dans la salle du kiné, que tu regardes les matches, t’as envie de jouer. J’ai faim de jeu, faim de compétition, j’ai envie de découvrir le monde professionnel. Il faut rester solide dans la tête. C’est une expérience qui m’a servi et qui va me servir pour ma carrière. Je sais qu’il y a des erreurs à ne pas reproduire, et je sais ce qu’il faut faire pour éviter les blessures.

Amiens SC : Août pour chasser les doutes ?

Après votre premier match en pro, vous aviez dit que vous saviez que votre heure était venue. Pour quelles raisons ?  

Parce que je suis revanchard. Je savais que j’aurais ma chance et il faut savoir la saisir. Je savais que je ne l’aurais qu’une seule fois et pas deux. Je n’avais qu’une chose en tête, montrer tout mon potentiel, mon jeu, montrer qui est Mathis Lachuer. Je pense que j’ai fait de bons débuts, il faut continuer, ce n’est qu’une étape dans ma carrière. Il faut continuer pour aller encore plus haut. Ces derniers mois, j’ai déjà passé un cap. Déjà avec l’enchaînement des matches que l’on a eu avec le Covid, j’ai pu voir ce qu’étaient les entraînements en pro. Je n’ai pas pu connaître ça avant car j’étais blessé. J’ai passé un cap, et je sais qu’il faut que je donne ma vie pour le football pour essayer d’être le plus performant possible sur le terrain.

Ce qui vous a amené à être encore plus pointilleux durant l’intersaison…

Tout à fait. Avant je faisais le programme que l’on me donnait. Comme mon père est dans le football, il m’a donné 2-3 conseils. Si tu veux durer dans le football, il faut une bonne hygiène de vie, le sommeil aussi c’est important, ne pas trop couper parce que c’est ce qui provoque les blessures en partie. Cette année j’ai fait une bonne intersaison, avec mon père et le programme du préparateur physique du club. C’est ce qui fait que je ne suis pas blessé pour l’instant.

Mathis Lachuer, déjà indiscutable au milieu.

Votre défi est désormais de confirmer cette belle première impression laissée ces derniers mois…

C’est ça, être régulier toute la saison. Après je ne me prends pas la tête, je sais que j’ai des choses à apprendre, je suis jeune. C’est à moi d’être frais mentalement pour être le plus lucide. Il faut encore que je travaille pour accompagner davantage mes actions, prendre plus de volume dans les duels. Essayer de passer un cap physiquement, monter en puissance. Jouer encore plus vers l’avant pour aider mon équipe.

L’an dernier, alors qu’on évoquait de possibles prêts en Ligue 2 cette saison pour de jeunes joueurs formés au club, vous aviez tout de suite dit que vous seriez toujours Amiénois cette saison…. (il coupe)

C’est important pour moi de m’imposer ici, quand on connaît l’histoire entre l’Amiens SC et ma famille. J’ai envie de montrer toutes mes qualités à tout le monde, même à moi-même. C’était important de rester à Amiens cet été. Je voulais vraiment m’imposer dans cette équipe et j’espère que c’est ce que je vais faire cette saison.

Mathis Lachuer : « Je veux jouer à l’Amiens SC la saison prochaine »

L’Amiens SC et Mathis Lachuer, c’est donc une histoire amenée à durer ? 

Il me reste encore deux ans de contrat. Mon agent est en négociation avec Amiens pour voir si on peut me prolonger. Moi, je reste focus sur le foot, je laisse l’aspect extrasportif à mon agent. Je n’ai pas de plan de carrière en tête. Je vis au jour le jour. Là, je suis à Amiens et je reste concentré sur Amiens parce qu’on sait dans le foot, tout va vite, on peut avoir une blessure et tout voir s’écrouler. Je fais les choses comme elles viennent. Je joue et après, on verra. On ne sait pas de quoi et fait l’avenir.

Tant que je joue je suis content. Que ce soit en 8 ou en 6, le but est d’être performant pour aider l’équipe.

En attendant, quelles sont vos ambitions pour cette nouvelle saison avec l’Amiens SC ?

Jouer et de gagner le plus de match collectivement. La saison passée, avec la relégation administrative, ça a été compliqué pour le club. On a fini dixième la saison dernière. On a eu un maintien assez courageux. On repart avec une base cette année, l’année dernière, le groupe avait totalement changé. On n’a pas énormément de nouveaux joueurs à intégrer. On intègre plus facilement au projet de jeu les nouveaux.

Depuis vos débuts, on vous a vu évoluer aussi bien devant la défense qu’en tant que relayeur, encore dernièrement contre Auxerre et Ajaccio, à quel poste êtes-vous le plus à l’aise ?

Tant que je joue je suis content. Que ce soit en 8 ou en 6, le but est d’être performant pour aider l’équipe. Je n’ai pas vraiment de poste préférentiel. Après c’est vrai que devant la défense je me sens bien. Ça ne me dérange pas de jouer 8 ou 6. Avec Iron (Gomis) et Arnaud (Lusamba) c’est vrai qu’on est très complémentaires. Arnaud c’est un peu le leader technique. Avec Iron on est encore jeunes. Je suis entouré de deux bons joueurs. On sait qu’Arnaud est là pour nous soutenir et nous encourager. Avec Iron, on a cette complicité, même dans la vie de tous les jours, alors ça aide sur le terrain. Ça peut donner que du bon à l’équipe.

Amiens SC Lachuer

L’an dernier c’était Alexis Blin qui avait ce rôle, on aurait pu imaginer que le club allait recruter pour le remplacer mais ce n’est pas le cas. C’est une sacrée marque de confiance ?

C’est clair. J’ai pu aussi montrer que je pouvais remplacer Alexis, même si c’est compliqué de prendre sa place évidemment avec son rôle de capitaine, son expérience en Ligue 1. L’idée sera d’apporter un petit plus. J’ai mon pied gauche qui est plutôt pas mal. La récupération de balle aussi, où je dois encore travailler physiquement. Le cassage de ligne également, je peux donner un plus à l’équipe avec ça.

Et les coups de pied arrêtés que vous tirez depuis la préparation…

Quand j’étais en N3 ou avec les U19, j’ai toujours eu ce pied gauche naturel. Le coach m’a demandé si je pouvais tirer les coups de pied arrêtés pendant la préparation. J’ai fait deux passes décisives contre Toulouse sur corner, donc il m’a donné cette responsabilité de tirer les coups de pied arrêtés. Ça me va très bien, je suis content, et j’essaye d’aider un maximum mon équipe en tirant bien les CPA, on sait que ça peut être une arme redoutable. Le coach avait sorti une statistique qui dit que 35% des buts étaient marqués sur coups de pied arrêtés, du coup il faut les prendre en compte.

Amiens SC : Trois renforts et deux départs dans les tuyaux ?

On parle beaucoup de vous depuis le début de saison chez les supporters du club. Ressentez-vous une attente particulière à votre sujet ? 

Je ne fais pas trop attention à tout ça. Ce sont plutôt les membres de ma famille, ma mère, mon père ou bien encore mes oncles qui s’occupent de ça. Je reste concentré sur le terrain, je ne me préoccupe pas de l’extrasportif. Je ne me mets pas de pression particulière par rapport à tout ça. Pour ce qui est des supporters, ça me donne encore plus de force. L’année dernière, il n’y avait pas de monde dans les tribunes. Là, avoir joué ce premier match à la Licorne avec du public, j’ai adoré. C’est une énergie supplémentaire qui te pousse à te donner à 200%. Je n’ai qu’une seule idée en tête : mouiller le maillot.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Emilien PAU et Arthur LASSERON

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