Mathis Lachuer (Amiens SC) : « Ce qu’a fait mon père me donne de la force »

Lachuer Amiens SC

Parmi les nombreux jeunes joueurs sur lesquels l’Amiens SC a décidé de miser depuis plusieurs mois, Mathis Lachuer est l’un des plus symboliques puisque son père, Julien, a également porté le maillot amiénois au tournant des années 2000. Un héritage que le jeune milieu de terrain de 21 ans est fier d’assumer aujourd’hui. Entretien. 

Mathis, n’est-ce pas un poids, parfois, d’être le fils de Julien Lachuer, de porter ce nom quand on est joueur de l’Amiens SC ? 

C’est vrai que ça a des inconvénients mais ça a aussi des avantages. Surtout, je vois ça comme un point positif. Je suis fier de ce que mon père a fait dans sa carrière. Tout ça me donne de la force pour vouloir faire comme lui mais aussi comme mon oncle (ndlr : Yann Lachuer). C’est aussi positif car ils ont connu des choses dans le monde professionnel. Je peux m’appuyer sur leur expérience, mon père me donne beaucoup de conseils en ce sens. Depuis quelques semaines, il prend un peu plus de recul. On a aussi pris un agent pour ça, parce que avoir son fils dans un autre club que le sien (entraîneur des gardiens à Brest, ndlr), ça peut paraître un peu compliqué et spécial. De s’appuyer sur son expérience, ça me permet de gagner beaucoup de temps. Quand j’étais petit, j’allais le voir aux entraînements, je voyais comment ça se déroulait. C’est pour ça que ça n’a pas été un choc lors de mon passage dans le monde professionnel. Je savais à quoi m’attendre mentalement. Là-dessus, ça a été un gros point positif.

Mathis Lachuer : « Important pour moi de m’imposer à l’Amiens SC »

Votre père a évoqué le stress qu’il pouvait parfois ressentir quand il vous voit jouer. Vous en avez déjà parlé ensemble ?

Il ne montre pas trop ses émotions. Il est plutôt exigeant avec moi. Il veut que je donne le meilleur de moi-même. C’est plutôt ma mère qui est stressée, je le vois dans les messages d’avant-match. Après, c’est moi qui suis sur le terrain, c’est à moi de tout donner.

Amiens SC : Mathis Lachuer et le poids de la filiation

Et quand est-il avec votre oncle, Yann, qui était comme vous un milieu de terrain ?

Mon oncle m’appelle environ une fois par mois pour me dire ce qu’il pense de mes matches. Comme il a joué au milieu de terrain, il me donne beaucoup de conseils. Il me fait part de son expérience. Quand j’étais petit, je ne l’écoutais pas forcément parce que je ne me disais pas que je pouvais atteindre son niveau. Maintenant, dès qu’il a un conseil, si je peux prendre un temps d’avance, c’est bon à prendre. Quand j’étais petit, je voulais jouer dans le cœur du jeu. Je voulais toucher beaucoup de ballons. Gardien ? Je n’aimais pas trop. Avec la pluie, surtout quand j’étais en Bretagne, ce n’est pas l’idéal (rires).

On évoque beaucoup votre famille du côté paternel mais vous pouvez également sur celle du côté maternel, qui vous entoure au quotidien à Amiens…

C’est bien d’avoir sa famille près de soi. On sait que pour les jeunes, c’est souvent compliqué de se faire à manger par exemple. Moi, j’ai la chance d’avoir ma grand-mère pas loin de moi. Si j’ai un problème, je peux contacter mes oncles. C’est top d’avoir un cadre familial pas loin et c’est une force. Je peux être pleinement focus sur le foot.

Dans le football, il n’y a pas d’âge, qu’on soit jeune ou pas, il faut savoir prendre les choses en main sur le terrain.

Vous avez beau être jeune, vous dégagez déjà beaucoup de maturité et vous ne semblez avoir peur ni de rien ni de personne. D’où vous vient cette assurance ? 

Je pense que ça vient de l’éducation des parents. Ils m’ont toujours dit qu’il ne fallait pas avoir peur de se montrer. Dans le football, il n’y a pas d’âge, qu’on soit jeune ou pas, il faut savoir prendre les choses en main sur le terrain. Si le coach nous fait confiance, c’est qu’on a le niveau pour jouer. C’est donc à nouveau de tout donner, de ne pas calculer, de montrer qu’on peut jouer à ce niveau. C’est comme ça que je vois les choses, il faut se donner à 200%, jouer chaque match comme ci c’était le dernier. Et surtout profiter, ne pas oublier qu’on a la chance de jouer au football. Je ne veux rien avoir à regretter par la suite.

Lachuer Amiens SC

D’autant que tout n’a pas été idyllique avant votre arrivée à Amiens…

J’étais au pôle espoir à Ploufagran. Après, je suis parti faire des tests partout en France. Je suis allé à Lyon, Monaco, Paris et puis Rennes. C’est Rennes que j’avais le plus aimé parce que l’école était bien structurée et c’était important pour moi. J’ai commencé ma formation à Rennes à 15 ans. Quand c’était fini avec Rennes, j’ai fait une semaine d’essai à Amiens. Le coach Patrice Descamps m’avait ensuite appelé pour me dire qu’il me prenait. Je me souviens que j’avais marqué dès le premier match amical où j’ai joué. Le coach a, par la suite, décidé de me donner de l’importance en me donnant le brassard de capitaine. Ensuite, j’ai gravi les étapes pour atterrir en professionnel.

Avez-vous des regrets à propos de votre passage à Rennes, où vous n’avez pas été conservé ?

J’étais resté sur un échec à Rennes. Ça fait partie du foot, on sait que ce n’est jamais facile. Peut-être que j’étais trop tendre. Je n’ai peut-être pas fait les choses qu’il fallait. Je ne suis pas rancunier envers Rennes, mais je suis revanchard dans le sens où l’on ne m’a pas donné ma chance. J’ai su la saisir à Amiens et c’est bien pour moi et ma famille.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Emilien PAU et Arthur LASSERON

Retrouvez la première partie de notre entretien exclusif avec Mathis Lachuer

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