Mathieu Dubrulle : « L’Amiens SC n’a que ce qu’il mérite ! »

Dubrulle

Chaque mois ou presque, notre confrère de France Bleu Picardie, Mathieu Dubrulle nous livre son regard sur la saison de l’Amiens SC en Ligue 2 dans la chronique intitulée l’œil de Mathieu. Pour cette première chronique de 2021, le commentateur historique de l’ASC livre son analyse sur la saison décevante du club picard et fait part de son scepticisme quant au projet global des dirigeants amiénois. 

Quel regard portez-vous sur la défaite de l’Amiens SC face à Sochaux ? 

C’est la défaite de trop. Parce que c’est la neuvième de la saison, qu’elle laisse Amiens à onze points de la cinquième place et qu’elle met fin aux derniers espoirs de jouer le haut de tableau. Parce qu’elle est décevante aussi dans la manière et au niveau de l’état d’esprit affiché. On a définitivement la sensation qu’un ressort est cassé. Amiens ne cesse d’afficher ses limites. On a encore eu le droit à une première mi-temps catastrophique sur le plan des intentions, avec un vrai manque de conviction, comme si l’équipe était de plus en plus frileuse. L’impuissance offensive n’a-t-elle fini par déteindre sur la mentalité de cette équipe ? Cette équipe ne dégage aucun enthousiasme aussi bien dans son jeu que dans sa façon d’être. Nous n’avons eu le droit qu’à de simples étincelles cette saison.

Amiens SC : Une chute dans l’indifférence générale ?

Pourtant, à la fin de la phase aller, après cette victoire à Niort, on avait tous le sentiment qu’Amiens avait peut-être un coup à jouer sur cette deuxième partie de saison. Puis, la machine s’est tout de suite enrayée…

Cela me paraît déjà super loin ! C’était le deuxième match en 2021, après avoir été sauvé par l’inspiration de Mickaël Alphonse à Guingamp. Finalement, ce match à Niort était un accident, pour preuve (Chadrac) Akolo a mis deux buts ce jour-là. Amiens n’a pas su s’appuyer sur ce match, qui était sans doute l’un des meilleurs de la saison, pour continuer de grandir. A ce moment-là, (Steven) Mendoza ne jouait pas et son retour devait apporter une plus-value offensive à ce groupe, puisqu’il est censé être notre meilleur attaquant. Amiens a finalement ronronné depuis ce match, n’est pas parvenu à se transcender pour prendre des points contre des équipes à sa portée et n’est restée qu’une équipe moyenne de milieu de tableau. Maintenant, il faut éviter de se faire peur et valider rapidement le maintien.

La série d’invincibilité de neuf matches sans défaite entre décembre et janvier n’était donc qu’une simple parenthèse au cœur d’une saison aussi décevante que morose ? 

C’était une illusion dans l’idée qu’on pouvait jouer le haut de tableau. Surtout que cette série ne suffisait pas à masquer des matches très laborieux et des victoires acquises dans la douleur. Personne n’oublie le miracle contre Chambly, le retournement de situation face à Rodez ou bien la deuxième mi-temps extrêmement poussive contre Dunkerque au début de la série. Tout ceci démontrait déjà que cette équipe manquait de caractère et de sérénité. On prenait des points, on avait envie d’y croire mais Amiens avait déjà atteint son plafond. Toutes ses lacunes ont éclaté au grand jour par la suite et ça a fini par coincer contre des équipes pourtant à la portée de l’Amiens SC.

Amiens SC Tanchot Lusamba
Panoramic

Comment expliquez-vous cette incapacité à passer le cap nécessaire pour devenir une équipe ambitieuse sur cette fin de saison ? 

Il y a bien entendu les insuffisances offensives de cette équipe, avec seulement 21 buts marqués après 26 journées. Maintenant, le problème n’est pas imputable qu’aux attaquants, c’est tout le système de jeu qui pose souci. On ne voit jamais de bons centres, ce sont toujours des ouvertures au petit bonheur la chance, où espère que le ballon finira sur un attaquant dans la surface. On manque de joueur de débordement, de percussion, sur les côtés. Et le pire c’est qu’on en voit toutes les semaines face à nous, que ce soit le Paris FC, Sochaux ou même Pau en face. On ne marque quasiment jamais sur coups de pied arrêtés… Cette équipe manque à la fois d’inspiration et de talent. Hormis (Arnaud) Lusamba, qui doit en plus décrocher pour venir mettre un peu d’ordre à la récupération et dans la première relance, on n’a pas ce joueur capable de donner un élan offensif, de se projeter rapidement vers l’avant. Contre Grenoble, on a même vu (Steven) Mendoza décrocher jusque dans sa propre moitié de terrain pour tenter d’impulser des attaques… On revient toujours à la même origine du problème : le recrutement. Plus le temps passe, plus les joueurs sont aussi conscients de leurs limites, ils perdent en confiance, se recroquevillent sur leur but. C’est tout un cercle vicieux… Amiens n’a que ce qu’il mérite.

Vous avez pointé du doigt le recrutement. C’est une nouvelle fois le sujet qui revient sur la table depuis plusieurs mois maintenant…

On en parle et il ne faut surtout pas s’arrêter d’en parler ! Ce n’est pas normal de voir Pau, un candidat au maintien, qui nous a battus 2-0, faire jouer immédiatement ses deux recrues (Itaitinga et Diarra) pendant que nous on attend toujours les recrues arrivées en dernière minute comme d’habitude. C’est à s’en claquer la tête contre les murs ! Chaque année c’est la même chose, il faut réathlétiser les recrues, attendre qu’elles s’acclimatent et entrent dans le collectif et résultat des courses : le mercato n’a pas de réel impact. En principe, le mercato d’hiver doit apporter une plus-value immédiate, ce n’est pas le cas pour Amiens depuis un moment.

Amiens SC : A la recherche des recrues hivernales

Qui sont les principaux responsables de cet échec ? 

La responsabilité est collective. La saison est décevante, il faut désormais faire attention qu’elle ne se transforme pas en un nouveau véritable fiasco. C’est une déception collective qui date d’il y a un an et demi. Maintenant, cela ne doit pas empêcher les joueurs de se lâcher, d’en faire plus, d’arrêter de jouer avec la peur au ventre.

Vous évoquez les joueurs, les sentez-vous tous pleinement concernés par la situation ? 

Les jeunes issus du centre de formation, j’ai envie de croire en un certain attachement à une identité. Maintenant, sur la durée, on voit bien qu’ils ont leurs limites et qu’ils s’essoufflent. C’est devenu plus dur pour (Nathan) Monzango, (Darell) Tokpa, (Youssouf) Assogba et même (Iron) Gomis. Le reste, à quelques exceptions comme (Régis) Gurtner, (Alexis) Blin et (Mickaël) Alphonse, c’est difficile de croire en un investissement maximal. Et on connaît trop bien le football pour savoir que plus la saison va avancer plus les joueurs auront la tête ailleurs, surtout tous ceux qui sont prêtés ou en fin de contrat, ce qui représente quand même une bonne partie de l’effectif. Comment vont-ils s’arracher si les choses tournent mal ? Le manque d’identité provient aussi d’un manque de stabilité et de visibilité à moyen et long terme. Chaque année, il faut repartir de zéro ou presque, avec un nouvel effectif. Or, la réussite d’un club se construit sur un effectif stable et des cycles, souvent de trois ans.

Amiens est devenu expert dans la construction et la déconstruction express.

Etes-vous inquiet à propos de ce dernier tiers de la saison ? 

Je ne suis pas inquiet, je suis méfiant. (Oswald) Tanchot a fait l’essentiel en prenant 28 des 33 points de l’Amiens SC. On en aurait 6 ou 7 de moins, je serais bien plus inquiet. Maintenant, vu le niveau de jeu actuel, je demeure méfiant. Ce ne sera pas simple mais j’espère que les joueurs auront une motivation naturelle à l’idée de jouer les gros pour glaner de précieux points, parce que derrière il y aura des matches contre des équipes qui vont jouer leur survie et ça pourrait bien se compliquer. Maintenant, il y a quand même dix points d’avance sur le barragiste, mais la saison n’est pas terminée et tout peut aller très vite dans le mauvais sens. Pour autant, je pense qu’on verra Amiens en Ligue 2 la saison prochaine. J’ai quand même entendu certains discours assez farfelus de joueurs nous indiquant qu’ils peuvent encore jouer la montée…

On parle beaucoup d’année de transition mais une transition signifie qu’on prépare quelque chose. Avez-vous le sentiment que cette année est vraiment le point de départ d’un nouveau projet ? 

Non, pas du tout. La plupart des joueurs vont partir à la fin de saison ! (Nicholas) Opoku est prêté par l’Udinese, (Racine) Coly est prêté par Nice, Molla (Wagué) est prêté par Nantes, (Stephen) Odey est prêté par Genk et (Abou) Ouattara est prêté par Lille. On ajoute les joueurs en fin de contrat comme (Steven) Mendoza, tout en sachant qu’un joueur comme (Arnaud) Lusamba ne restera pas, plus les joueurs que le club ne voudra pas conserver… Il faudra à nouveau reconstruire et on va repartir sur une année de transition ! C’est un véritable problème de toujours repartir de zéro, de ne pas avoir la moindre continuité. En Ligue 1, ça pouvait encore s’entendre, parce qu’on était le petit, avec une masse salariale inférieure aux autres, nécessitant de réaliser des coups. Aujourd’hui, tous ces arguments ne sont plus valables ! En Ligue 2, on doit pouvoir redémarrer un cycle de trois ans et non pas de six mois. Pour cela, il faut créer une ossature autour de laquelle on procède à des ajustements chaque saison. Là, Amiens est devenu expert dans la construction et la déconstruction express.

Propos recueillis par Romain PECHON

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  1. Club décevant a tout niveau , transfert, choix de l entraineur , prestation offerte par les joueurs depuis Aout 2020….
    Depuis quand avez vous pris plaisir à regarder un match de l Asc ?
    La montée en ligue 1 n etait qu un incident

  2. Force est de constater que la 5 ème place est utopique et depuis longtemps… L’équipe n’est tout simplement pas au niveau… Le plus inquiétant c’est que j’ai le sentiment que les joueurs font le maximum… Oswald doit se concentrer pour le maintien, le plus vite possible ! Car il le sait, la ligue 2 bkt peut rapidement devenir impitoyable (Dallas… Lol)
    Amitiés à toi,
    Solidaire, Allez Amiens 🧐

  3. quelle justesse d’analyse ! je suis a 200% pour ! il faut changer ce systeme ! on joue pas au poker , ni en bourse ! un club de foot joue au foot avec un coach et un projet sportif et une cellule de recrutement . des hommes de base, une identité club et jeu, on construit. nous sommes le club MR bricolage et apres mr joanin ne comprend pas qu’il ne soit pas pris au sérieux ! un comble

  4. John faut ouvrir les yeux ! Je suis abonné depuis 2008 et j’ai vécu des bonnes et des mauvaises chose. Mais là, c’est la cata à tous les niveaux. Aucune vision à court terme sur l’avenir de l’Amiens SC. Aucune communication avec les supporters ! Je ne pense pas reprendre mon abonnement et je n’irai pas à Lens. 🙂

    • bonsoir
      Mais j’ai ouvert les yeux ,c’est que je n’aime pas la facon dont on critique l’Amiens Sc,il est sur que tout le monde a raison et il en va de son commentaire je concois tout ca mais ce n’est pas en dénigrant l’équipe que ca ira mieux,moi aussi je voudrais bien avoir une équipe vaillante sur le terrain et la gagne a chaque fois.mais c’est impossible,on critique le président et autres pour la mauvaise gestion de L’ASC?certes c’est pas faux ,et pour le moment (chose rare) vous n’avez pas encore enfoncé l’entraineur mais ca ne serait tarder.quoi qui en soi il y aura toujours matiere a CRITIQUER.

        • Hors Sujet sur quoi? peux tu me dire?? Ce que je reproche c’est la maniere que vous dénigrez L’ASC apprenez a lire
          puis apres tout je ne vois pas pourquoi je discute sur ce torchon qui n’a cesse d’humilier le club ce n’est pas une facon de réagir ,d’autant que la présidence et autres n’en non que faire de vos salades .Un supporter ,supporte son équipe qu’elle gagne ou qu’elle perde non déplaise a certain fouteux

  5. Il y a du vrai dans ce que dit Mathieu Dubrulle ( pas si nul comme commentateur et toujours très investi pour l’ASC). On a recruté au mercato d’hiver des joueurs… qui ne jouent pas. Ne parlons pas de celui qui joue au basket dans la surface de réparation… Au temps du duo Pouillot – Gossart, quand la situation était tendue, on « mettait le paquet » au mercato d’hiver, avec des joueurs immédiatement opérationnels. On se souvient par exemple de Fiorèse ou de Titi Camara, qui nous ont aidés à nous maintenir certaines années.
    A l’ASC, même le ballon ne semble plus tourner très rond…

    • ne parlez pas de pouillot et gossart qui en 20 ans n’ont jamais réussi a faire monter l’asc en ligue 1. des incompetants notoire qui vivaient sur les subventions de la mairie d’amiens et donc de nos impots ! et fiorese etait l’exemple type de joueur mercenaire que vous reprochez aujourd hui. la descente de ligue 1 est toujours difficile à digérer, pour toute équipe, et c’est vrai que pour un supporter une année de transition n’a rien de « bandant ». on ne repart pas de rien pour l’année prochaine : régis, blin gomis lusamba, assogba etc resteront et auront appris de cette année pour etre au top l’année prochaine. essayez juste d’avoir de la patience…

  6. Dubrulle est aussi nul que ce qu’il dit.même en tant que commentateur radio il est nul ,il ne sais pas commenter il est toujours dans la critique et a coté du match en fait il ne sais pas commenter ;il est toujours en train de meubler et je sais de quoi je parle

      • dubrulle n’a qu’a reprendre l’équipe ! juste des journaleux incapables de construire quelque chose, juste dénigrer ce qui est en place. puisqu’il vit de sa plume qu’il écrive un bouquin et qu’il décroche le Goncourt . niveau écriture il joue en DH….

        • il a joué au foot Dubrulle mais c’était un pietre joueur crois mois…. mais surtout pas qu’il reprenne l’équipe la c’est sur ce sera la mort du club,et tu as raison ce sont des journaleux INCAPABLES de comprendre ce que c’est une contruction a long terme ,les resultats viendront j’en suis persuadé