Luigi Mulazzi (Amiens SC) : « L’idée n’est vraiment pas de contrer la tribune nord »

Amiens SC Mulazzi
Panoramic/Imago

Alors que le club a organisé un déplacement au Havre pour un tarif inférieur à celui mis sur pied par l’association Tribune Nord Amiens, Luigi Mulazzi a tenu à prendre la parole pour clarifier la position du club et répondre à notre article intitulé : le torchon brûle entre le club et les supporters. Entretien avec le vice-président de l’Amiens SC.

Luigi Mulazzi, comprenez-vous que l’on dise que le torchon brûle entre le club et les supporters ?

A propos du déplacement au Havre, il était prévu de longue date. Il en sera de même pour Dunkerque et Valenciennes. Pourquoi voudriez-vous qu’on contre nos propres supporters ? Ce sont des partenaires du club. On n’est pas là pour les embêter, s’ils veulent des places à 20 euros, ils peuvent même en prendre. S’ils veulent un bus rien que pour eux à 20 euros, c’est possible ! On ne fait aucun bénéfice sur ce déplacement, j’ai même demandé des efforts particuliers à nos prestataires.

Les supporters ne comprennent pas pourquoi faire une telle tarification alors que leur déplacement est à 25 euros. C’est quand même un vrai risque pour eux de voir tout le monde se reporter sur le votre…

Je n’étais même pas au courant de leur tarif. Peu importe leur tarif. Je fais un tarif au prix d’achat. On ne fait aucun bénéfice sur ce déplacement, j’ai même demandé des efforts particuliers à nos prestataires. On fait aucune marge. Si la tribune nord veut se faire un peu d’argent, ce que je comprends, c’est une association, c’est leur droit. Nous, on ne prend rien.

Comprenez-vous la colère actuelle des supporters ?

Sur ce sujet, non. Et je ne suis pas convaincu qu’il y ait une vraie colère des supporters sur ce sujet. Sur le reste, ça me paraît normal que des supporters soient mécontents de voir leur club dix-neuvième. Je les comprends. Si on m’avait dit qu’on en serait là après quinze journées, je ne l’aurais jamais cru. Maintenant, on a besoin d’eux, on a besoin de tout le monde. Il faut que toute la collectivité et que le territoire soit avec nous pour qu’on puisse s’en sortir. La situation n’est déjà pas évidente, si on n’est pas un peu plus uni, même si on n’utilisera pas l’expression d’union sacrée, on a besoin d’être ensemble. J’aimerais bien aussi qu’il y ait un peu d’ondes positives autour du club, même si chacun fait son métier. De notre côté, on met tout de notre côté pour essayer de faire venir un maximum de personnes au Havre pour encourager l’équipe. L’idée n’est vraiment pas de contrer la tribune nord. On les respecte et on les respectera toujours.

Les relations n’en demeurent pas moins dégradées et le contact est même rompu…

Les banderoles, on n’a pas été averti. On peut toujours se demander s’ils ont le devoir de le faire, je le pense. Au regard de nos relations, je pensais qu’il nous préviendrait de ce genre d’initiative. Maintenant, qu’on nous demande de dire amen à tout, d’accepter ce genre de banderoles, c’est non. Je ne suis pas obligé d’accepter. Maintenant, il n’y a pas de fracture. J’ai de très bonnes relations avec le président de Tribune nord Amiens, qui est très sympathique, sérieux, compétent et intelligent dans ses réflexions. On traverse juste un moment difficile, ça arrive dans tous les couples.

Propos recueillis par Romain PECHON

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