Agacé par une question sur l’héritage laissé par Paulo Fonseca au LOSC, ce jeudi en conférence de presse, Bruno Genesio a inspiré les débats de l’émission “Génération After” sur RMC : l’entraîneur lillois est-il encore sous estimé ? Focus.
Bruno Genesio désormais estimé à sa juste valeur ?
« Parler de la patte Paulo Fonseca, ça m’agace un peu. » À l’aube d’un OL – LOSC en forme de retrouvailles mutuelles, Bruno Genesio n’y est pas allé par quatre chemins pour rappeler que la saison 2024-2025 était avant tout celle de son groupe et de son staff que celle de Paulo Fonseca. Une nouvelle preuve de sa sous-estimation par la planète foot français ?
« Il l’était indéniablement, mais il ne l’est plus, juge Félix Rouah, chroniqueur dans l’émission “Génération After”. Qu’il y ait un héritage Fonseca, c’est indéniable. C’est le cas dans tous les clubs. Quelles que soient les prouesses que tu peux réaliser, ce n’est pas toi qui a construis l’effectif de A à Z et les schémas ne sont pas radicalement différents entre le LOSC de Fonseca et le LOSC de Genesio. On a tous loué le travail sur la première partie de saison. »
Cette saison, Bruno Genesio ne peut pas dire qu’on le sous-estime ou qu’on considère que c’est un entraîneur défensif sans idées de jeu. On a passé la saison à dire l’inverse.
Et de reprendre : « Dernièrement, avec les blessures, ll fait des choix plus défensifs, ce que lui reprochaient les supporters lyonnais. Honnêtement, cette saison, Bruno Genesio ne peut pas dire qu’on le sous-estime ou qu’on considère que c’est un entraîneur défensif sans idées de jeu. On a passé la saison à dire l’inverse. S’il prend la mouche pour une question sur l’héritage de Fonseca qui est indéniable… »
Une saison et des prouesses en forme de preuves
Même son de cloche du côté de Jimmy Cabot. « Il a quand même eu la lumière sur lui cette saison, rappelle l’ancien Lensois devenu consultant. Il a été capable de faire des grands matches, notamment en Ligue des champions. Il récupère une équipe un peu mieux armée que Fonseca quand il arrive, donc les comparaisons sont compliquées. Il y a eu un travail en amont, mais il a su s’adapter derrière. J’ai la sensation qu’on a toujours un regard plus dur sur les coaches français, qui doivent un peu plus convaincre que les autres. Mais je trouve qu’il a été pas mal mis en valeur cette saison. »

De son côté, s’il comprend que « c’est un avis récurrent qui peut lasser » Bruno Genesio, Walid Acherchour note que « l’héritage de Fonseca est indéniable. Quand il récupère Lille, le LOSC est en fin de cycle et vient de faire dixième avec Jocelyn Gourvennec et les départs de Sven Botman, Renato Sanches, Burak Yilmaz… On repartait à zéro et on se demandait quels allaient être les objectifs de Lille. La manière dont Paulo Fonseca a réussi à faire jouer cette équipe très rapidement, ç’a été bluffant et on a kiffé ce LOSC. Derrière, Genesio prend ce travail. Là où il a raison, c’est que Fonseca avait fait du très bon travail dans le contenu, mais il n’avait pas réussi à matérialiser et à concrétiser cela par des résultats clairs, notamment sur les fins de saison. »
De “surcritiqué” à “surprotégé” ?
L’éditorialiste poursuit sa démonstration et pointe les différences entre les contextes différents des deux derniers coaches du LOSC : « Genesio arrive dans un groupe qui se connaît et qui a travaillé une base sous Fonseca, mais ça ne veut pas dire que le travail de Genesio n’est pas bon et qu’il n’a pas réussi à maximiser son effectif. Là où on a été subjugué par Genesio, ce n’est pas forcément dans sa qualité de jeu mais sa capacité à réaliser de très grosses performances en Ligue des champions et en Ligue 1 avec un groupe très jeune et beaucoup de blessures. C’est ce qui me fait rehausser le travail de Genesio, parce qu’il y a aussi beaucoup de matches où je me suis ennuyé et où ça n’a pas été bon ».
Et de conclure, de manière bien plus cinglante : « Je vais vous dire quelque chose. Je trouve qu’on a même été très gentil médiatiquement avec Genesio sur certains matches parce qu’il faisait des miracles : le match retour contre Dortmund qui est honteux, la première mi-temps à Paris avec une mauvaise composition d’équipe, le 1-0 face à Montpellier, la défaite à 11 contre 10 à Nantes avant la trêve… On n’est pas critiques parce que Genesio fait superformer cette équipe, donc je suis un peu dans un entre-deux. Surtout, il faut qu’il aille concrétiser ce top 4. Sinon, lui aussi n’aura pas remis le LOSC en Ligue des champions ».
Crédits photo : Daniel Derajinski/Icon Sport