Alors que lui et le LOSC fondaient beaucoup d’espoirs en cette Coupe de France, Bruno Genesio et ses hommes ont été stoppés net par l’OL (1-2), ce dimanche soir en 16es de finale. Le coach lillois, qui regrette le manque d’occasions créées par son équipe, ne se préoccupe pas outre-mesure de ce début d’année 2026 manqué.
Bruno, comment analysez-vous la stérilité offensive du LOSC en ce moment ?
« Je pense qu’il y a des périodes où il faut parfois jouer un peu plus en première intention. Mais lorsque vous avez un peu moins de confiance, on a tendance à rajouter une touche de balle, ou à prendre un petit peu moins de risques et à jouer un peu plus latéralement. Il faudrait qu’on arrive à se débloquer avec un match “normal”. On est très souvent en train de courir derrière le score ou un fait de jeu et ce n’est pas simple, surtout face à de bonnes équipes comme Lyon.
Il ne faut pas lâcher parce qu’on voit quand même un comportement d’une équipe qui montre beaucoup de vertus et de qualités. Il nous manque l’essentiel dans le football, c’est de réussir à se créer des occasions pour marquer des buts, parce que c’est le but du jeu.
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Le premier but encaissé au bout de 45 secondes de jeu change-t-il tout le match ?
Oui, ça change beaucoup de choses. Peut-être pas tout le match, parce qu’il reste une heure et demie. Mais d’abord, ça met les Lyonnais dans une position idéale. Mentalement, ce n’est pas simple à assumer. Malgré tout, on a réussi à le faire, à revenir dans le match (1-1, 28′). Je pense qu’on méritait de tourner à la mi-temps sur un score nul. Dans ces périodes-là, il n’y a rien qui tourne en votre faveur, parce qu’en fin de match, Tiago (Santos) décoche une frappe extraordinaire qui tape le poteau (88′). Elle peut très bien faire poteau rentrant ou revenir sur un attaquant…
C’est le plus important : garder la solidarité qui nous anime depuis le début de saison, et continuer à travailler.
Dans ces périodes-là, rien ne tourne en notre faveur. Mais ce qui est important, c’est de garder notre qualité dans le jeu, ce qui a été le cas ce soir, et l’état d’esprit. J’ai vu des joueurs tout donner, faire le maximum avec les possibilités du moment. Malheureusement, on n’est pas récompensés, mais il faut garder la tête froide dans ces moments-là. C’est le plus important : garder la solidarité qui nous anime depuis le début de saison, et continuer à travailler.
Hakon Haraldsson vient chercher beaucoup de ballons bas sur le terrain. Est-ce une consigne ?
Dans les sorties de balle, oui, parce qu’on demande beaucoup de permutations à nos milieux. C’est un joueur qui aime bien venir prendre des positions un peu plus basses face au jeu. Quand on est plus haut sur le terrain, je préfère qu’il soit dans une position de numéro 10, même si là on a terminé en 4-4-2, donc il a repris une position plus basse avec Ngal’ayel (Mukau). Mais c’est lui qui est à l’origine du but (1-1, 28′) et de beaucoup d’actions offensives qui ne débouchent pas suffisamment, à mon goût, sur des occasions ou des situations dangereuses. Il nous manque cette petite justesse technique dans nos derniers choix de passe ou de déplacement devant le but.

Avez-vous des leviers en tête pour tenter de remonter la pente ?
Il y a toujours des leviers. La première chose, c’est de bien analyser et d’être capable de faire la part des choses entre le résultat brut et le contenu du match. On est tous là pour gagner des matchs. Dans une compétition comme la Coupe de France, encore plus, parce qu’il n’y a pas de rattrapage. Le tirage, on va le regarder à la télé, on ne sera pas dedans. Donc ça, c’est une grosse, grosse déception. Après, en analysant froidement le match, il y a plein de choses qui sont positives.
Comme le match de Nabil (Bentaleb), derrière, à un poste qui n’est pas le sien, qui a été très bon par exemple. Il y a plein de choses positives à tirer de ce match aussi. Dans la préparation de nos actions, je trouve qu’on est de manière régulière très performant. Après, il y a des choses à améliorer, on le sait. Maintenant, c’est à nous, le staff, on est là pour ça, de trouver les solutions et de faire tout ce qu’il faut faire à l’entraînement pour pouvoir s’améliorer le week-end.
Je pense qu’on ne mérite peut-être pas de gagner, mais pas forcément de perdre non plus.
Le mois de janvier va être très dense, comment l’analysez-vous ?
On va avoir beaucoup d’enchaînements de gros matchs tous les trois jours. On travaille aussi beaucoup avec l’analyse vidéo des matchs qui est très importante, ainsi que les retours vidéo qu’on peut faire, soit individuellement, soit collectivement. Après, on a toujours quelques séances pour pouvoir travailler des associations, des déplacements et puis aussi des circuits de passes qui soient plus nets que ce qu’on a pu faire ce soir.
Êtes-vous inquiet pour la suite ?
Non, je ne suis pas inquiet, parce que je vois quand même une équipe qui produit du jeu, malgré les deux dernières défaites. Contre Rennes, à 10 contre 11, on a fait quasiment un jeu égal avec des situations où on aurait pu revenir au score. Ce (dimanche) soir, je pense qu’on ne mérite peut-être pas de gagner, mais pas forcément de perdre non plus.
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Donc voilà, il y a quand même plein de choses positives. Même si lorsqu’on perd, on ne peut pas être satisfait et on ne l’est pas. C’est dur d’assumer cette défaite, cette élimination en Coupe de France, parce que c’est une compétition qui est importante et qui tient énormément à cœur les joueurs, le staff, le club. Sortir comme ça, prématurément, c’est une grosse, grosse déception. »
Propos recueillis par Enzo PAILOT
Crédits photo : Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport
