L’Amiens SC peut-il jouer dans la cour des grands ?

Amiens SC
Loic Baratoux/FEP/Icon Sport

Quatrième après neuf journées, l’Amiens SC est solidement calé dans le bon wagon depuis de longues semaines. Néanmoins, un doute persiste quant à la capacité du club picard à tenir sur la distance, principalement en raison de chocs mal négociés depuis le début de la saison. Dès lors, une question se pose : l’Amiens SC peut-il jouer dans la cour des grands ?

L’Amiens SC peut vraiment y croire…

Dix-sept points et une quatrième place à la trêve, treize points sur quinze pris à domicile et des prestations intéressantes et voilà qu’une question se pose, l’Amiens SC peut-il vraiment se mêler à la lutte avec les gros du championnat ? A première vue, au regard des résultats contre Metz et Caen, le « non » semble évident. Mais ce serait alors oublier des buts provenant surtout d’erreurs défensives et qu’Amiens n’a jamais été vraiment en-dessous de ces équipes. Et qu’en Normandie, Tolu aurait pu changer la donne sur pénalty. Le plafond de verre supposé ne serait donc que fantaisie ? « J’ai longuement réfléchi à ça. Actuellement Sochaux est premier et on a gagné à Sochaux, il y avait donc peut-être un trou dans le plafond de verre, sourit Jérémy Gélin. Ils nous ont posé des problèmes et on a fait un très bon match. Et c’est le même Sochaux que celui qui vient de gagner six matches de suite. Le plafond de verre, ça dépend de chaque match. »

La seule limite viendrait donc de l’effectif amiénois lui-même, des limites qu’il s’impose mais surtout d’un premier véritable résultat référence, outre le succès acquis à Bonal, le 13 août dernier. « On n’a pas de complexe à avoir par rapport aux gros, affirme quant à lui Matthéo Xantippe. On a nos atouts à faire valoir. On ne les a pas forcément montrés contre ces équipes-là mais on va le faire. » Et c’est ainsi le plus gros point de progression pour une équipe qui s’est montrée intraitable contre les formations plus modestes. « On a montré que contre les équipes de notre niveau ou inférieur, sans manquer de respect à personne, on est capable de faire un résultat, mais contre les grosses équipes, on a plutôt du mal, avoue Xantippe. Je pense à Caen et au Havre où on a fait un non-match. Il va falloir se mettre ça dans la tête et montrer à tout le monde que l’on est capable de gagner contre une grosse équipe. Ca fera cogiter. »

Il faut garder en tête le match de Sochaux, se dire que le plafond de verre a eu un petit trou.

Le mois d’octobre qui arrive pourrait alors s’avérer décisif pour les ambitions samariennes avec notamment la réception de Saint-Etienne mais aussi Dijon ainsi qu’un toujours difficile déplacement sur la pelouse de Nîmes. « On va jouer contre des équipes du calibre de Niort mais aussi des gros et il va falloir être présent, anticipe Xantippe. On va avoir des matches dans le style de Niort contre des équipes à cinq derrière en bloc bas et compact. A nous de prendre le temps et d’être patient. » Mais également de garder en tête certaines choses réalisées jusqu’à présent. « On ne va pas pouvoir gagner tous les matches, on va forcément tomber sur des adversaires qui vont nous poser des problèmes, rebondit Gélin. Il faut garder en tête le match de Sochaux, se dire que le plafond de verre a eu un petit trou et qu’on peut répéter le même genre de même que contre Sochaux face à d’autres grosses équipes. Et si on y parvient, on pourrait avancer encore un peu plus vite dans ce championnat. »

Et c’est à ce prix que l’Amiens SC pourrait jouer les trouble-fêtes dans un championnat plus ouvert que jamais. Même si pour l’ancien rennais, les Samariens jouent déjà « dans la cour des grands, il ne faut pas se cacher ! » Le plus dur arrive désormais puisqu’il faudra le démontrer sur le terrain.

…l’Amiens SC n’a pas donné tous les gages nécessaires jusqu’ici

Factuellement, Jérémy Gélin a raison l’Amiens SC s’est bien offert le scalp du leader après neuf journées, le FC Sochaux. Néanmoins, les Doubistes étaient dans un tout autre état lorsque les Amiénois l’ont emporté à Bonal à la mi-août. En plein doute, la formation d’Olivier Guégan concédait alors sa troisième défaite en autant de journées. Dans la foulée du départ houleux d’Omar Daf, le FCSM vivait un début de saison laborieux avec une équipe qui peinait à se mettre en place. Depuis, Sochaux a aligné six victoires et s’est clairement refait la cerise. Durant ce laps de temps, Amiens montrait ses limites face à deux autres pensionnaires du haut de tableau : Le Havre et Caen. Après un nul aussi heureux que miraculeux au stade Océane, l’ASC rendait fort logiquement les armes à Caen, en affichant une vraie fébrilité défensive et une incapacité à porter le danger sur le plan offensif.

Leautey Amiens SC
Loic Baratoux/FEP/Icon Sport

« On a nos valeurs, nos qualités à revendiquer mais il y a un fossé entre les grosses équipes et nous, reconnaît Antoine Leautey. On se rend bien compte que quand on va jouer chez une équipe qui joue la montée, c’est difficile. Honnêtement, je ne pense pas qu’on joue dans la même cour que les équipes qui nous ont battus. C’est une Ligue 2 où il n’y a que deux montées et je n’ai pas la prétention de dire que l’on peut viser les deux premières places. On a nos qualités, mais à l’heure actuelle il y a des équipes comme Bordeaux, Saint-Etienne… » Et aussi Metz qui a lâché des points en route dernièrement, en additionnant notamment les cartons rouges, mais qui a également montré tout son potentiel sur certains matches. A commencer par le tout premier de la saison, où Amiens était repartir de Saint-Symphorien avec sa plus large défaite de la saison (3-0).

Reste que l’Amiens SC a encore une marge de progression, notamment en ce qui concerne son secteur offensif reconstruit sur le tard. Buteur et passeur décisif contre Niort, l’expérimenté Papiss Cissé (37 ans) incarne cet espoir. « Il commence à avoir des repères avec nous, on se sent de mieux en mieux« , promet Antoine Leautey. En attendant, le club picard compte déjà 17 points après neuf journées, le tout en affichant notamment le meilleur bilan à domicile avec 13 points pris sur 15. « On a été les chercher, parfois difficilement je le concède mais on a eu le mérite d’aller les chercher. Même dans des moments où on a été mauvais, je parle de la première mi-temps d’Annecy, la deuxième contre Bastia, le début de match contre Grenoble, on a eu le mérite de ne pas encaisser et d’être solide. »

Une solidité d’ensemble qui permet à l’Amiens SC de se donner le droit d’y croire mais surtout de s’éviter des maux de tête, comme ça pouvait être le cas la saison dernière à ce même stade de la saison. « On n’est pas loin du nombre de points qu’il faut à la trêve hivernale pour parler d’un maintien, à savoir 21 ou 22 points », constate avec pragmatisme Philippe Hinschberger. « Si déjà on bat les équipes qui sont censées être moins fortes que nous sur le papier, ce sera déjà pas mal et on verra la suite« , projette en guise de conclusion temporaire Antoine Leautey.

Adrien ROCHER avec Romain PECHON

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