L’Amiens SC joue déjà gros au Havre

Hinschberger Amiens SC
Vincent Poyer/Icon Sport

A l’exception d’une victoire prolifique contre Valenciennes, l’Amiens SC n’a pas marqué sur quatre de ses cinq dernières sorties en championnat. Dix-neuvième au moment d’aller défier le Havre, les Picards sont plus que jamais dos au mur alors que Philippe Hinschberger joue peut-être bien sa peau sur ce match. Présentation.

Le crédit de Philippe Hinschberger s’épuise

Deux victoires en quinze matches, une peu glorieuse dix-neuvième place et pas moins de sept rencontres sans faire trembler les filets adverses, le bilan comptable n’est guère glorieux pour l’Amiens SC à un mois de la trêve hivernale. Et bien qu’il reste encore quatre rencontres d’ici Noël et que l’hémorragie a été quelque peu stoppée depuis deux mois, avec une seule défaite au compteur mais aussi un unique succès à dénombrer, la situation demeure particulièrement préoccupante pour une équipe qui n’a jamais été plus haute que quinzième et qui est dans la zone rouge depuis plus d’un mois.

« Cette première partie sera ratée dans tous les cas, concède Philippe Hinschberger. Si on peut gagner deux matches avant la trêve, ce qui nous amènerait à au moins vingt points, ce serait une manière minimaliste de réduire les effets négatifs. » Et sans doute sauver la peau du technicien qui fête ses 62 ans ce vendredi et qui est très clairement menacé si l’on en croit certains bruits de couloir en interne. Un revers au Havre pourrait même être fatal à l’ancien coach du GF38, qui commencerait à perdre le soutien de son président, Bernard Joannin, glissent certains qui préfèrent braquer les projecteurs sur un seul homme.

Particulièrement silencieux depuis de longues semaines, à l’exception de deux sorties médiatiques après la victoire contre Valenciennes, Bernard Joannin n’hésite même plus à faire part de ses souhaits à son entraîneur, à l’instar de son désir de voir le duo Badji-Tolu en action. Longtemps opposé à cette idée, Philippe Hinschberger, qui a encore expliqué ce vendredi qu’il peinait à voir la complémentarité des deux hommes, a fini par essayer la paire le week-end dernier en coupe de France. Reste à savoir s’il renouvellera l’expérience au Havre, face à une adversité d’un tout autre calibre et avec la nécessité de trouver le bon équilibre avec la présence certaine de Kader Bamba au coup d’envoi.

Tandis que l’Amiens SC est déjà en sursis

Ne disposant que de très peu de certitudes, Philippe Hinschberger ne va en tout cas pas transiger avec son nouveau système de référence, le 3-5-2 qui a permis à l’Amiens SC de retrouver une certaine assise défensive. A défaut de permettre à cette équipe de passer un cap en matière d’animation et d’occasions créés. « Je ne suis pas d’accord avec ça, réfute le coach de l’ASC. A Bastia, pour moi, on doit gagner parce qu’on a les occasions. Il ne faut pas être plus royaliste que le roi. On a des face-à-face que l’on peut forcément transformer. On a perdu des matches contre des adversaires qui n’ont eu qu’une ou deux occasions. On aimerait avoir cinq ou six occasions nettes mais ce n’est pas possible. »

C’est effectivement la triste réalité d’une équipe dont le meilleur buteur, Tolu, n’a trouvé le chemin des filets qu’à trois reprises, dont une fois sur penalty. C’est effectivement la triste réalité d’une équipe qui n’a tiré que treize fois au but sur ses six derniers matches de championnat, ne parvenant même pas à inquiéter le gardien adverse lors de sa défaite en supériorité numérique à Dijon, le mois dernier. Avec un total de quatorze buts marqués en quinze sorties, l’Amiens SC est tout bonnement en queue de peloton, avec seulement quatre équipes parvenant à faire pire à ce stade de la saison.

Le tout parce que le recrutement réalisé par John Williams est une nouvelle fois à un échec cuisant. A l’instar des dossiers Aliou Badji et Tolu Arokodare, éminemment complexes pour un bilan particulièrement décevant alors que 40% de la saison est déjà dans le rétroviseur. A tel point que Philippe Hinschberger ne pense plus qu’à une seule chose : « sauver cette saison et bien réfléchir sur la prochaine« . En d’autres termes, l’Amiens SC va devoir impérativement changer de logiciel, davantage penser au sportif pour espérer redevenir un club crédible et ambitieux. Encore faut-il ne pas être passé à l’échafaud d’ici là.

Avant même d’en arriver là, un énième entraîneur pourrait faire office de fusible, le tout sans jamais se remettre en cause. Car si Philippe Hinschberger peut légitimement être menacé au regard du bilan sportif actuel, l’entraîneur le plus expérimenté de Ligue 2 est loin d’être le principal responsable de cet échec qui remonte bien en amont de son arrivée au club. Et à défaut de prendre une nouvelle direction, il devient urgent de redresser la barre d’un navire qui semble couler à pic dans l’indifférence la plus totale des principaux responsables.

Romain PECHON

LE HAVRE – AMIENS SC

16ème journée de Ligue 2

Samedi 19 novembre, 19 heures

Stade Océane, Le Havre

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