Julien Valeri : « Beaucoup de joie de voir le RC Salouël aller aussi loin »

Entraîneur du RC Salouël ces trois dernières années, Julien Valeri a constitué l’ossature de l’équipe ayant atteint le huitième tour de la coupe de France cette saison, avec un final en apothéose à la Licorne dimanche dernier face à Wasquehal. Fier de cette épopée historique, le prédécesseur d’Antoine Mücke estime que tout le mérite en revient à ce dernier et aux joueurs. Entretien.

Julien Valeri, avez-vous suivi de près l’épopée en coupe de France du RC Salouël, votre ancien club. Si oui, qu’est-ce que cela vous inspire ? 

J’ai suivi ça à distance mais de très près, avec beaucoup de plaisir et d’affection. J’étais assidu à tous les articles qui sont parus dans la presse locale mais aussi nationale. Je suis resté en contacts réguliers avec beaucoup de joueurs de l’équipe, avec lesquels j’ai échangé tout au long du parcours. J’ai ressenti beaucoup de joie de les voir aller aussi loin. J’étais vraiment fier de voir mes amis Nico (Nicolas Pegard), Adri (Adrien de Sousa), Léo (Tabart) ou bien encore Louis (Semence) et toute la bande, fouler le terrain de la Licorne. Quand je me dis que j’ai mis dix ans à réussir à recruter Kévin (Roger), je suis tellement content de le voir si heureux aujourd’hui. J’étais aussi heureux de voir l’AC Amiens allait loin dans la compétition, un club où j’ai joué et également entraîné.

Etes-vous surpris par cette épopée historique du RC Salouël ? 

A demi-surpris. L’effectif est composé de joueurs de qualité, qui ont le niveau Ligue. D’un autre côté, je ne pensais pas qu’ils étaient capables de se surpasser autant, de créer l’exploit plusieurs fois de suite. Je pense que c’est la patte du nouveau coach, Antoine Mücke. A la différence de moi, c’est un vrai bosseur (rires). Il a bonifié mon travail, il a donné un cadre différent et pertinent pour réaliser ce type de parcours. J’étais trop entêté, je voulais pertinemment faire du beau jeu en jouant constamment en 3-1-4-2. Antoine est beaucoup plus pragmatique que moi, il a su faire les ajustements nécessaires sans jamais renier avec sa philosophie de jeu. Il a su s’adapter aux adversaires à chaque fois. En amont, il a également fait une grosse préparation physique, alors qu’avec moi ils n’avaient jamais couru une seule fois.

Je ne suis vraiment pas sûr que cette aventure était possible avec moi à la tête de l’équipe.

N’avez-vous pas le regret de ne pas être de cette aventure coupe de France…

Aucun. Je ne suis vraiment pas sûr que cette aventure fut possible avec moi à la tête de l’équipe. On aurait peut-être passé certains tours, mais face à des équipes de Ligue je n’aurais pas forcément eu la même capacité d’adaptation. Je suis admiratif de ce qui a été fait par Antoine et les joueurs. Il a récupéré une belle équipe mais il a su la sublimer, la transformer en un groupe très solide au-delà de l’affection qu’ils peuvent avoir l’un pour l’autre. Je n’ai vraiment pas envie de penser à ce qui se serait passé si j’étais resté.

Malgré tout, n’avez-vous pas le sentiment d’avoir une certaine part de responsabilité dans ce parcours historique ? 

Non, je ne dirais pas ça. Cette aventure, c’est 50% Antoine, 50% les joueurs. C’est leur aventure, pas la mienne. Je n’ai jamais le moindre ressenti, je n’ai jamais été envieux quand je voyais Salouël passer tous ces tours. J’étais juste heureux pour mes potes qui sont dans cette équipe, heureux de les voir marquer l’histoire de la coupe de France, heureux de les voir prendre du plaisir. Je n’oublie pas non plus qu’Adrien a eu un rôle prépondérant dans la constitution de ce groupe. Il a fait venir Louis Semence, Alexis Derobert ou bien encore Léo Tabart. A l’époque, on le surnommé Leonardo (rires). Ce parcours est aussi une récompense de son investissement. Ce n’est pas que le leader technique sur le terrain, il est pleinement intégré dans ce projet. Je suis également content pour les dirigeants de ce club, où j’ai toujours été bien accueilli. J’ai toujours été bien dans ce club. Je ne peux que leur tirer un gros coup de chapeau.

Si tout se passait bien, pourquoi être parti alors que vous avez constitué dans les grandes largeurs cet effectif ?

C’était un choix de vie personnel, qui n’avait rien à voir avec le RC Salouël. Je suis parti m’installer à Dubai, où j’allais régulièrement en vacances depuis quinze ans, pour vivre autre chose sur le plan professionnel. Je peux avoir un petit goût d’inachevé par rapport à la saison dernière, où on était bien lancé avec cinq victoires et un seul but encaissé. Le tout avec un effectif plus étoffé que cette année. Maintenant, je n’ai aucun regret sur la fin de mon aventure à Salouël. Si ce n’est que je suis parti d’une manière un peu brutale. A l’époque, le président était encore Francky Mézières, je lui ai expliqué que j’avais d’autres projets et que je voulais arrêter. J’ai un peu mis le club devant le fait accompli. Pour autant, ils ont toujours été à la hauteur avec moi.

Quel a été votre impression quand vous avez appris qu’Antoine Mücke allait vous succéder à la tête de l’équipe ?

J’étais content que ce soit quelqu’un au sein du club, qui connaisse les joueurs. Pour avoir suivi quelques entraînements d’Antoine quand il avait les U15, je voyais déjà qu’il avait la fibre pour entraîner. C’est un travailleur, qui comprend très bien le jeu et qui a un bon relationnel humain. Certes, il y avait déjà 50% du travail effectué avec une belle équipe en place, après il fallait quand même faire le reste. En district, on a parfois avant tout un rôle social, on est là pour faire plaisir à tout le monde, pour les faire jouer. Et même si ça a pris quelques semaines, il a su faire adhérer le groupe à son projet. C’est clairement le plus important. Maintenant, on verra dans le temps, ils ont vécu quelque chose d’exceptionnel et j’espère qu’ils pourront capitaliser en championnat.

On a presque envie de dire que le plus dur commence pour Salouël, qui va désormais être plus attendu que jamais en championnat…

Sur le plan du jeu, ils ont les qualités pour y parvenir. Mentalement, cette épopée doit les avoir soudés, ils ont prouvé qu’ils pouvaient faire de grandes choses. J’espère qu’ils vont rester à l’abri des blessures et des suspensions, l’effectif étant plus restreint que les deux dernières saisons. Objectivement, il n’y a pas de raison pour qu’ils ne montent pas. Et même s’ils doivent encore patienter une saison et monter en 2022/2023, on retiendra qu’ils ont fait un huitième tour de coupe de France cette saison. Ils sont conscients qu’ils ne pourront plus jamais revivre tout ça, une telle épopée, jouer à la Licorne… Il y a 1% de chance que ça se produire à nouveau. Par contre, il s’en souviendront toute leur vie, personne ne pourra leur enlever ça. Alors qu’une montée cette saison ou l’an prochain, ça ne fera pas de grosse différence. Surtout, ce groupe est suffisamment fort pour ne pas exploser si ça ne monte pas cette saison. Le projet est sur le long terme, avec des joueurs assez jeunes, qui ont envie de s’inscrire dans la durée et de faire un gros truc ensemble.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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