Jocelyn Gourvennec (LOSC) : « Si vous ne sanctionnez pas l’adversaire… »

Gourvennec LOSC
Anthony Dibon/Icon Sport

S’inclinant au stade des seizièmes de finale de coupe de France sur la pelouse de son voisin lensois (2-2, 4-3 T.A.B.), Jocelyn Gourvennec redoutait de ne pas avoir porté le coup de grâce lorsque ses joueurs en avaient l’occasion après la rencontre. Entretien. 

Jocelyn Gourvennec, quelle émotion vous traverse après cette remontée ?

Je suis très déçu de ne pas être qualifié. Je me demande encore comment on peut ne pas être qualifié après le match. On peut se reprocher de ne pas s’être mis à l’abri, parce que ça nous tendait les bras, après avoir fait ce match-là à l’extérieur, en coupe, après avoir pris le dessus à un moment donné et se faire ramener de cette façon. On s’est donné les moyens de la victoire et on leur à poser énormément de problèmes. Comme ça se passe parfois en coupe dans le scénario, l’équipe revient à 2-1 et c’est un peu différent. Je pensais quand même qu’on avait le contrôle de la fin de match et sur un ballon qui traîne, on se fait ramener. Sur le contenu et compte tenu de notre préparation qui a été difficile, j’ai vu un LOSC conquérant, équilibré, combattant et qui a montré beaucoup de bonnes choses dans le jeu. Par rapport à ce qu’on a mis dans le match, c’est incroyable de ne pas se qualifier.

Vous avez eu des occasions de 3-0 et de 3-1…

Il y en a eu d’autres. Deux à zéro à la mi-temps, c’était le minimum quand même. Il y en avait déjà eu en première mi-temps. C’est le football. Quand vous avez l’opportunité d’accentuer le score, il faut le faire. Il n’y a pas de cadeau à faire. Je ne dis pas qu’on a fait des cadeaux, mais on doit aggraver le score. Les joueurs ont vraiment bien respecté le plan de jeu. On leur a posé beaucoup de problèmes dans le dos et on a été cohérent défensivement. Après, ils ont des bons joueurs aussi, ils ont mis la pression avec beaucoup de centres comme ils le font habituellement. Ils n’ont pas lâché. Là-dessus, je pense que les deux équipes se ressemblent, avec beaucoup de mental. Après, les tirs au but, c’est la loterie.

Vous avez fait un bon match défensivement malgré les absents…

Lors de la conférence de presse d’avant match, j’avais l’impression qu’on me demandait si ça en valait la peine de nous déplacer à Lens avec tout ce qui nous arrive. Bien sûr que ça en valait la peine, et les joueurs l’ont montré. On avait sur notre composition de départ que des joueurs qui ont joué la Ligue des Champions cette année. Peut-être que ce sont des joueurs qui ont moins de temps de jeu, mais ils ont de l’expérience et ils sont pour la plupart internationaux. Je trouve qu’on avait une bonne équipe au départ. Après, on avait des joueurs de 18 à 19 ans sur le banc et c’était peu-être plus difficile de les lancer sur une fin de match où c’était tendu. On aurait peut-être dû le faire en ayant de la marge, mais on n’en avait pas. Les joueurs ont répondu présent sur le match. Je trouve qu’on a fait de très bonnes choses dans le jeu. Après, c’est la coupe.

Avez-vous l’impression d’avoir manqué de profondeur de banc ?

Certainement. Après, c’était une fin de match tendu et il y avait un peu de fatigue. Quand vous avez moins de temps de jeu en compétition, là il fallait quand même aller au bout, il y avait de l’intensité. Il y avait aussi du répondant athlétique en face. Ils ont récupéré du monde et ils ont pu apporter de la fraîcheur avec des joueurs expérimentés. Malgré ça, on avait bien géré nos récupérations. On est allé encore sur la fin de match chez eux. Si vous ne sanctionnez pas l’adversaire quand ça se présente, vous vous exposez à ce qu’il s’est passé. C’est peut-être incroyable, mais c’est comme ça.

Propos recueillis par Romain PECHON

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