Jocelyn Gourvennec (LOSC) : « On a fait le match que l’on voulait »

LOSC Jocelyn Gourvennec
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Victorieux sur la plus petite des marges contre Salzbourg (1-0), le LOSC de Jocelyn Gourvennec a fait un très gros coup en s’emparant de la première place mais l’entraîneur lillois est surtout satisfait de la qualité du match réalisé par ses joueurs face au champion d’Autriche.

Estimez-vous que c’est une victoire logique ?

Est-ce qu’on mérite de gagner ? On a fait le match qu’on voulait, ne rien donner à Salzbourg qui est une équipe très forte pour aller chercher des opportunités laissées par l’adversaire. Pour ne pas qu’ils aient d’espaces, ou qu’ils soient bons en transition, il ne faut pas connaitre d’erreurs. On a eu vingt premières minutes avec des pertes de balle au cœur du jeu, ce qu’ils adorent. On a corrigé ça, et la deuxième mi-temps était plus consistante sur ça. Le fait de passer à trois au milieu a aussi permis de resserrer. Est-ce qu’on mérite ou pas, je ne sais pas, mais on a gagné 1-0.

Jonathan David a encore sorti une très grosse prestation…

J’ai beau chercher, je n’ai pas un élément négatif sur lui. Il n’a que 21 ans, et il joue comme un vieux briscard. Il est encore au début de sa carrière mais ce sera un grand joueur. Il montre tellement de choses, il n’y a pas besoin de se répéter avec lui. Si on lui dit quelque chose une fois, il l’intègre et il l’applique. Quand on a des joueurs comme ça, c’est une grande chance. Il aide beaucoup l’équipe, fait beaucoup d’efforts, est très efficace. Ce qu’il l’importe, c’est de gagner les matches, et si on gagne il est aussi heureux qu’il ait marqué ou non. C’est un joueur d’équipe, il est précieux pour nous et ses partenaires le ressentent.

Vous avez affronté une équipe bien en bloc…

Salzbourg joue en losange au milieu, avec un numéro dix derrière deux attaquants, ça veut dire qu’il y a beaucoup de monde à l’intérieur. Il fallait que l’on soit très serré pour ne pas leur donner d’espaces dans la préparation et il fallait être réactif sur les pertes de balle pour ne pas leur offrir de transitions. Je pense qu’on l’a plutôt bien fait. On a réussi grâce aux analystes à la mi-temps et à quelques images qu’ils ont montré à la mi-temps. C’était bien que les joueurs puissent voir que si les choses ne sont pas faites parfaitement, ça peut avoir des conséquences. On l’a bien corrigé, et c’était intéressant.

Quelle était la clé pour gérer le pressing de Salzbourg ?

On voulait avoir un jeu plus vertical qu’en première mi-temps. Leurs passes sur nos latéraux déclenchent le pressing, on voulait éviter ça et on ne l’a pas très bien fait en première mi-temps donc on a souvent subi leur pressing. Dès qu’on a eu un jeu plus vertical, c’était plus intéressant parce qu’ils ne sont pas à l’aise là-dessus, ce n’est pas leur jeu. On a réussi à s’adapter. Ce qui était intéressant c’est qu’ils ont pressé mais on leur a donné très peu d’opportunités, ce que l’on avait déjà fait à domicile contre Wolfsburg et Séville. A l’arrivée, ça nous fait trois matches de suite en Champions League sans prendre de but à domicile. C’est une performance.

Avez-vous le sentiment que vos joueurs ont désormais assimilé le 4-3-3 ?

Je ne pense pas qu’il soit encore assimilé, il faut le travailler plus. Quand vous avez un groupe qui est habitué à jouer depuis trois ans dans un dispositif, même si on le module, il faut travailler plus. C’est un dispositif supplémentaire et contre ce genre d’équipes avec beaucoup de joueurs à l’intérieur, c’est intéressant pour mettre de la densité, et réussir à exister avec un joueur de plus face à quatre milieux de terrain adverse. Ca le permettait car on menait aussi au score. C’est une option supplémentaire sur laquelle je réfléchis depuis longtemps mais encore une fois il faut du temps pour assimiler les choses sur le plan tactique. Ca ne se fait pas comme ça simplement en mettant les choses sur le tableau. Il faut l’expliquer, le répéter à l’entraînement pour que ce soit assimilé.

Est-ce que Lille est forcément meilleur dans le jeu avec Burak Yilmaz cette saison ?

Ca fait un moment qu’il n’a pas marqué, c’est frustrant pour lui parce qu’il n’avait jamais connu ça et c’est un peu nouveau. Dans le même temps, il est impliqué très régulièrement dans les buts que l’on marque en étant souvent à la passe. Il est frustré de ne pas marquer mais c’est un joueur collectif qui joue pour les autres. C’était pour nous le thème de la soirée dans ce qu’on avait présenté aux joueurs : il fallait faire un gros match collectif, penser équipe, groupe, vestiaire. Je trouve que l’on a répondu présent et Burak aussi parce qu’il a fait beaucoup d’efforts. Il est dans une période moins en réussite, je l’accorde, mais il travaille beaucoup pour l’équipe, c’est intéressant.

Propos recueillis par Arthur LASSERON

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