Jean-Louis Leca (RC Lens) : « Ça commence à être excitant à partir des huitièmes »

Jean-Louis Leca RC Lens
Anthony Dibon/Icon Sport

Pour son deuxième match de la saison en Coupe de France, le RC Lens va se déplacer sur la pelouse de Brest. C’est Jean-Louis Leca qui va débuter la rencontre au poste de gardien de but. Pour l’occasion, le portier Sang et Or revient sur la préparation d’un exercice qui est propre à la Coupe. Entretien. 

Est-ce que quelque chose change quand on sait que l’on va jouer ?

Ce qui change, c’est surtout à l’approche du match parce qu’on en fait un petit moins quand on est numéro 1. On garde un peu plus de jus à J-2 et J-1. Quand on est numéro 2, s’il faut rester avec les attaquants, on le fait.

Préparez-vous une séance de tirs aux buts dans la semaine ?

On le travaille oui mais ce n’est pas en faisant des séances. On fait de la vidéo, on regarde les habitudes frappeurs adverses et qui peut frapper.

Est-ce que ça a été renforcé avec la Coupe du Monde ?

On n’a pas attendu la Coupe du Monde pour ça ! On est professionnel, on doit s’attendre à tout et ça fait partie des choses sur lesquelles on doit être prêt si ça arrive.

Comment vous préparez ces séances ?

Il y a une approche différente entre un gardien et un joueur. Le gardien ne va pas s’entraîner à plonger pour les arrêter. Le joueur va s’appliquer sur son geste de manière répétitive. C’est plus de la technique. Pour un gardien, un plongeon n’est pas technique. Tu essayes de couvrir au maximum une zone. Je suis plus à me dire de regarder en vidéo qui a l’habitude de tirer, où ont été tirés les derniers pénaltys et après c’est un feeling sur l’instant. Je sais qu’il a l’habitude de tirer là mais il y a un dernier regard qui peut faire changer le choix.

Est-ce aussi de la gestion mentale de la pression ?

Le coach a mis un truc en place en disant qu’un pénalty raté c’est une amende de trente euros et ce sera donné à une association. Ca rajoute un petit plus parce que quand c’est frappé sans pression, c’est assez facile. N’importe quel joueur de l’effectif sait prendre un ballon et le mettre où il veut. Après, quand il y a de la tension, les conditions climatiques à prendre en compte, le ballon qui n’est pas le même… Sur les cinq tireurs choisis, c’est souvent ceux qui sentent les choses.

Le ballon de la coupe de France change-t-il ?

Il vole beaucoup plus, est un peu plus « plastique » et les gardiens n’aiment pas trop ça.

Comment sentez-vous vos coéquipiers dans l’exercice du pénalty ?

A l’entraînement, il n’y aucune fébrilité. Même en match, je n’en ressens aucune. Il y a parfois des passes comme ça. Quand j’étais à Bastia, je me rappelle qu’on mettait en avant la série de pénaltys réussies par Ryad Boudebouz. Pour d’autres équipes on parle de tant de pénaltys réussis pour tant loupés. Aujourd’hui, on est dans cette passe. Franky vient de stopper la passe, ça tombe très bien.

Existe-t-il un rapport psychologique entre le tireur et le gardien ?

Il y a toujours un jeu psychologique et les journalistes en font partie. Avant France – Pologne, tous les journalistes disaient qu’il ne fallait pas aller aux pénaltys parce que Szczesny (ndlr : le gardien polonais) est bon dans l’exercice. Inconsciemment, quand on est joueur, si on doit aller frapper un pénalty, on l’a entendu, et même si on maîtrise, c’est quelque chose qui peut perturber. Il y a toujours un aspect psychologique. Il y a un rapport de force qui se fait là-dessus.

Seriez-vous amené à jouer là-dessus ?

Je ne suis pas friand de ça, peut-être à cause de mon âge. Je l’ai fait plus jeune, tu te rapproches du joueur, mais il faut plus que je me concentre sur moi, essayer de percevoir quelque chose, plutôt que jouer sur un aspect psychologique. Est-ce que j’ai tort ou raison, je n’en sais rien.

Quel est votre rapport à la Coupe de France ?

C’est une compétition à part parce que c’est en élimination directe. Quand on est joueur de Ligue 1, je pense que la compétition commence vraiment à partir des huitièmes ou des quarts de finale. C’est difficile de se mettre dedans quand on rentre et que l’on doit aller dans des stades où l’on n’a pas l’habitude de jouer, sur des pelouses souvent en mauvais état, voire catastrophiques. Quand on arrive en huitièmes, on sait qu’il ne reste plus beaucoup de matches, il y a un trophée à portée et la compétition va commencer à ce moment-là. Pour moi, la Coupe de France commence à être excitante à partir des huitièmes ou des quarts.

Propos recueillis par Clément Rossi avec Adrien Rocher

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