Hugues Parsemain (Lamentin) : « On vient pour remplir notre mission, se qualifier »

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Président du club omnisport de l’Aiglon du Lamentin, Hugues Parsemain n’est pas venu en métropole pour faire du tourisme et encore moins jouer à la victime expiatoire face à l’Amiens SC. Sans complexe et désireux de réaliser l’exploit, le club martiniquais va se jeter corps et âme dans la bataille. Entretien.

Président, quel a été le programme de votre semaine depuis votre arrivée en métropole ?

Nous sommes arrivé lundi matin. Nous avons été hébergé près d’Évry, on s’est entraîné là-bas, à l’espace Léonard de Vinci de Lisses. C’est un grand complexe sportif avec salle de musculation, etc… Ils ont l’habitude de recevoir des équipes de toute la France et d’Outre-mer. En 2018 nous y étions déjà. Ensuite, on est arrivé à Amiens jeudi en fin d’après-midi, pour prendre nos chambres à l’hôtel à Boves. Là, on a pu s’entraîner de 11 heures à 13 heures sur le terrain d’entraînement de l’Amiens SC. A la base, on voulait s’entraîner à 15 heures mais ils ne pouvaient nous proposer qu’un terrain synthétique sur ce créneau. On a préféré venir plus tôt et s’entraîner sur un terrain en herbe. Personnellement, avec quelques dirigeants, j’ai pu entraîner dans le stade et voir la pelouse de la Licorne.

Vous avez l’habitude vous de venir en métropole…

Oui, en 2014 on a perdu contre Cholet, en 2018 on a battu Poitiers. Ensuite on a rencontré en Martinique le club de Sainte Geneviève-des-Bois. Nous sommes surtout arrivés en 32e de finale contre Orléans, une équipe de Ligue 2 et là on a perdu aux prolongations trois buts à deux, en 2019.

Au moment d’affronter à nouveau un club de Ligue 2, ce match-là vous laisse-t-il encore des regrets ?

Oui et non, c’était quand même une Ligue 2 mais on pouvait passer. C’est vrai que ça allait compliquer la vie du club car on aurait dû repartir en Martinique et revenir tout de suite après pour jouer le match notre seizième de finale. Je pense qu’on aurait eu quelques difficultés dans l’organisation et les finances. C’est les limites de l’amateurisme, du bénévolat, car pour beaucoup il faut prendre des jours de congés. Tout le monde a un travail en dehors du club et au bout d’un moment on n’a plus de jours de congés à poser.

Le voyage et l’hébergement sont pris en charge par la Fédération ?

Pas forcément tout, elle va pendre en charge une partie. Elle va prendre en charge 18 joueurs et 5 membres du staff médical, technique et des dirigeants. Ensuite, un arbitre pour qu’il arbitre un match dans la région des Hauts-de-France et un dirigeant de la Ligue qui est avec nous. Nous avons emmené en plus 5 jeunes supplémentaires qui peuvent compléter l’équipe pour les entraînements et pour pallier une éventuelle blessure. On a aussi emmené sept dirigeants pour la partie logistique. Tout ce supplément est à nos frais, même si nous allons demander l’aide de la ville, de la collectivité territoriale de Martinique, de sponsors, de supporters. S’il y a des sociétés en Métropole qui veulent être partenaires, nous sommes preneurs.

C’est un club omnisports avec de multiples sections qui regroupe à peu près 1000 licenciés par an.

Tout le monde peut nous suivre sur nos réseaux sociaux, car nous ne sommes pas qu’un club de foot. C’est un club omnisports avec de multiples sections, athlétisme, football, basket, handball, badminton, escrime et de volley-ball qui regroupe à peu près 1000 licenciés par an. On a une organisation de base qui est solide. Maintenant, il faut des bénévoles, des gens qui veulent s’investir gratuitement pour les plus jeunes, pour donner du rêve. On a souffert du Covid mais c’est en train de repartir. On a déjà eu des champions de France, des champions d’Europe ou bien encore un médaillé de bronze aux Jeux Olympiques, en la personne de Dimitri Bascou sur 110m haies à Rio.

Dans quel état d’esprit abordez-vous ce huitième tour de coupe de France contre l’Amiens SC ?

Il ne faut vraiment pas avoir de complexe. Il ne faut pas se laisser avoir. On doit être détendu, nous ne sommes pas les favoris. On vient pour remplir notre mission, se qualifier. On vient avec nos moyens, nos qualités mais aussi nos défauts mais on vient pour faire de belles choses. On vient se battre pour la Martinique, pour se qualifier. Le prochain tour est l’objectif. L’équipe par rapport à 2019 et notre match contre Orléans mais il reste quand même sept joueurs qui étaient déjà là dans le froid d’Orléans. A eux de passer l’expérience aux plus jeunes.

Qu’est-ce que représente l’Amiens SC pour vous ?

C’est un club de Ligue 2. Ce n’est pas une montagne mais c’est le plus haut niveau qu’on ait eu à affronter jusqu’ici, avec Orléans. Pour nous c’est un challenge pour connaître notre niveau. De notre côté, on pense se situer au niveau d’un club de National 3 en métropole. On a pour ambition de tenir la dragée haute à cette équipe de l’Amiens SC. Les cinq meilleurs clubs de la Martinique sont à un bon niveau et on a aussi 6 ou 7 internationaux martiniquais. A nous de jouer notre chance à fond.

Face à Orléans, 2 000 Martiniquais étaient venus au stade. Vous espérez déplacer autant les foules à Amiens ?

On espère même en déplacer deux fois plus qu’à Orléans ! On est en novembre, il fait moins froid, on va jouer l’après-midi, même si on aurait aimé jouer un peu plus tôt. En ce moment, il fait 30 degrés en Martinique. On arrive ici, il fait au moins deux fois moins. Il va falloir qu’on compose avec ça.

C’est pour cette raison que vous auriez aimé jouer plus tôt dans l’après-midi ?

On aurait aimé jouer à 15 heures car il fait 5 ou 6 degrés de plus au coup d’envoi, mais France Télévision a choisi de nous avoir à 17 heures en oubliant le fait qu’il y ait du froid. Ils ne nous ont pas consultés, c’est l’audimat qui compte. On va être diffusé en Martinique, c’est bien, mais si c’était pour que ça nous rapporte de belles choses, oui. Si c’est pour que tout le monde soit content et que ça ne nous rapporte rien, à quoi bon ? C’est juste pour que ça rapport à France TV ? On touche une dotation mais il y aussi souvent des frais annexes. On ne peut pas dire qu’on tire un super avantage de cette diffusion.

Les dotations commencent aussi à devenir intéressantes…

On gagne 22 500 euros, c’est bien, c’est quelque chose de très bien, mais on n’est pas encore dans la manne financière. Il faut encore passer des tours pour atteindre les 100 000 euros ! En tout cas, c’est déjà quelque chose de formidable qui va nous permettre de mettre du beure dans les épinards et de donner quelques primes aux joueurs, d’acheter du matériel, de faire des choses pour l’ensemble du club.

Comment voyez-vous le match à venir ?

On a va disputer un match difficile, on est prêt pour ça. On sait qu’on va être combattant, les cerveaux sont prêts à se battre. On sait que ça va être difficile contre des professionnels qui s’entraînent toute la journée pour ça. On espère créer la surprise et se qualifier pour le tour suivant.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Clément ROSSI

Crédits photo : Global Foot

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