Hicham Andasmas (Amiens SC) : « C’est une grosse marque de confiance »

Hicham Andasmas Amiens SC (f)

Entraîneur de la section féminine depuis 2017, Hicham Andasmas change d’affectation avec effet immédiat en devenant le nouveau directeur de la préformation de l’Amiens SC, un rôle jusqu’ici occupé par Christophe Huck, qui n’est pas conservé au club. Entretien.

Hicham Andasmas, pouvez-vous nous expliquer les raisons de ce changement de rôle ? 

Le président délégué Bernard Leriche m’a reçu il y a quelques semaines de cela pour me proposer de diriger la préformation. J’ai accepté le projet, même si j’étais forcément un peu triste de quitter mes fonctions à la tête de la section féminine. Je ne m’attendais pas du tout à cette proposition. J’avais déjà anticipé pas mal de choses pour la saison à venir. Maintenant, c’est le monde du football, il faut être prêt à bouger à tout moment. Ce sera donc un nouveau cycle pour les filles, pour la préformation et une nouvelle expérience pour moi. Je vais garder de nombreux souvenirs. Il y a eu les sentiments mêlés lors de la montée en D2, un mélange de joie d’atteindre l’objectif et de tristesse de ne pas avoir pu le vivre avec Jacques Henot, qui nous avait quittés durant la saison. J’aurais aimé savourer la montée avec lui, parce que c’était notre projet commun. Il y a aussi les deux coupes des Hauts-de-France remportées. On a montré que l’Amiens SC existait à l’échelle régionale.

Hicham Andasmas (Amiens SC (f)) : « Deux saisons qu’on se fait avoir »

Quel bilan tirez-vous de votre passage à la tête de la section féminine ? 

Il y a forcément un goût d’inachevé. J’aurais aimé laisser l’équipe en D2 à mon départ. Finalement, ça n’a pas été le cas alors que je suis persuadé qu’on avait un rôle à jouer dans la course à la montée. Cette saison, je n’avais peut-être pas l’équipe la plus talentueuse sur le papier mais c’était très certainement une des plus fiables depuis ma prise de fonctions. Maintenant, ça s’est arrêté une deuxième fois. D’un autre côté, je suis content de ce que je laisse derrière moi. Le pôle féminin est passé d’un monde totalement amateur à une approche semi-pro, avec une équipe par catégorie d’âge, une vraie structure, une vraie formation, une vraie école de football. Il y a un vrai projet aujourd’hui. Au-delà de ma mission sur l’équipe première, j’avais pour mission de faire passer un cap à toute la section féminine et je suis content du travail effectué. Même si on a eu du mal à prendre des points, on a vécu une saison extrêmement enrichissante en D2. J’ai l’impression d’avoir vécu dix saisons en une, tellement c’était fort en émotions, alors qu’on a vécu que six ou sept mois en D2 avec l’arrêt des compétitions. On a été dans la difficulté mais on a énormément appris et grandi tous ensemble. Je ne doute pas que Bruno (Fagnoni) saura travailler dans continuité de ce travail.

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L’avenir c’est désormais la direction du pôle préformation. Comment accueillez-vous cette nomination ? 

Sur le papier, c’est une promotion. C’est un poste important, une responsabilité solide qui m’est accordée. Je passe après quelqu’un qui a marqué le club de son empreinte, qui a fait passer un vrai cap à notre préformation. C’est une autre dimension et une grosse marque de confiance de la part des dirigeants. Même si c’est difficile de quitter mon poste actuel, je suis satisfait de cette décision. Outre mes responsabilités à la préformation, je serai également en charge d’entraîner l’équipe U15/R1, qui est la dernière étape avant le centre de formation. L’objectif est de les préparer au mieux pour entrer au centre, même si tous ne peuvent pas y parvenir. L’idée est également d’avoir un lien entre la formation et la préformation, faire des choses en commun dès que l’occasion nous est donnée de le faire. Je vais aussi avoir beaucoup de management à faire, manager les coaches des différentes catégories d’âges, en plus des jeunes joueurs. Il y a aussi les liens avec les clubs partenaires à entretenir. Je serai l’équivalent de Patrice Descamps (ndlr : le directeur du centre de formation), au niveau de la préformation. C’est un tout autre rôle, un tout autre métier. Je ne vais pas avoir de quoi m’ennuyer ! Maintenant, je suis aussi là pour prendre du plaisir et j’espère qu’on en prendra tous, éducateurs comme joueurs.

L’idée est de responsabiliser, de déléguer des responsabilités à des coaches et de piloter tout ça.

Il va falloir vous réadapter au management de jeunes joueurs après plusieurs années en seniors avec des féminines…

De manière générale, manager des hommes et des femmes, c’est déjà quelque chose de différent. Là, ce sera avec de plus jeunes joueurs en plus. Maintenant, le niveau R1 féminines, c’est à peu près un très bon niveau préformation. Dans la réflexion, la manière de construire les choses, il peut y avoir des similitudes. C’est donc dans la manière de les aborder que ce sera différent. L’objectif sera de construire un joueur intelligent, avec un bagage le plus complet possible. En seniors, le joueur est à disposition du coach, qui met en place son plan de jeu et demande aux joueurs de le respecter de A à Z. Désormais, je dois inclure chaque jeune joueur dans un processus de progression, l’idée n’est pas de leur apporter les solutions mais de les aider à les trouver.

Allez-vous avoir un œil sur le recrutement des joueurs dans les différentes catégories d’âge de la préformation ?

Bien sûr ! Je vais tout diriger, de la partie recrutement, à la gestion des éducateurs. Il y aura un entraîneur qui sera référent sur le recrutement et qui sera piloté par moi-même. L’idée est de responsabiliser, de déléguer des responsabilités à des coaches et de piloter tout ça. Le recrutement sera donc une partie importante de ma mission. On n’a pas le budget suffisant pour avoir un responsable du recrutement, comme il peut y en avoir un au niveau du centre de formation. Ce rôle revient donc tout naturellement au directeur de la préformation.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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