Gaëtan Tassart (ESC Longueau) : « Même ma fille de trois ans m’en parle ! »

Alors que l’ESC Longueau vit un enfer pour la première saison de son histoire en National 3, Gaëtan Tassart ne veut pas baisser les bras même s’il reconnaît que la situation est difficile à vivre. Entretien. 

Gaëtan, la mauvaise série continue malheureusement…

Oui, maintenant nous on est pas focalisés là-dessus, on est en dehors de tout ça. L’objectif est clair, c’est de prendre des points, logique. Tout le monde connaît notre situation, on ne va pas la cacher. Maintenant on essaye de prendre du plaisir sur le terrain. Aujourd’hui ça s’est vu, même si le résultat est encore négatif.

Ce zéro pointé, tout le monde en parle…

Evidemment que tout le monde nous en parle, même ma petite m’en parle, pourtant elle n’a que 3 ans. C’est compliqué de parler de tout ça, mais aujourd’hui on fait abstraction, nous les joueurs.

Comment Longueau en est arrivé là ?

Je n’oublie pas tout ce qui s’est passé. Ça fait dix ans que je suis au club, j’ai connu le meilleur, j’ai connu le pire. C’est comme dans une relation. Ça ne me dérange pas, maintenant il faut s’en sortir de tout ça. Il n’y a que le travail qui fera que l’on va s’en sortir.

On sent que la joie de vivre du groupe est totalement absente…

C’est totalement différent de la saison dernière. Il y a eu des arrivées, des partants, un nouveau coach. On essaye de s’y adapter, de travailler. On ne fait que ça, et un moment donné ça va sourire.

Encore une fois vous n’êtes pas ridicule, mais ça ne suffit pas…

Non, moi je revenais aujourd’hui après un mois et demi d’absence. Mais sur le terrain, j’ai trouvé que le groupe avait fait une meilleure entame de match que les quinze derniers jours. On prend ce but évitable avant la mi-temps, mais c’est le football.

Comment ne pas lâcher ?

Mais parce qu’on a un mental, on travaille toute la semaine pour ça, et on ne lâchera pas. On a un groupe soudé malgré la spirale négative.

On sent des joueurs de plus en plus abattus…

Forcément, douze matches, douze défaites, comment ne voulez-vous pas être abattu ? On ne lâche pas, on va revenir mardi, on aura oublié ce match et on va se reconcentrer pour le match suivant. Maintenant oui, moi aussi je suis affecté. Je n’ai fait que la moitié des matches parce que j’étais blessé. Je suis dans la même spirale qu’eux.

Beaucoup pointent du doigt le coaching de Christophe Huck, adhérez-vous à ses méthodes ?

Moi, je ne vais pas être contre lui, il me fait confiance. Ça fait dix ans que je suis là, c’est mon quatrième entraîneur, et à chaque fois on m’a fait confiance. C’est lui le coach, c’est lui qui fait ses choix, et on les respecte.

Quand on voit les départs de Ludovic Demetz, de Romuald Lemaire qui étaient des cadres, on se dit que ça va mal à Longueau…

Je n’ai pas cet avis là. Je n’ai rien contre eux, j’ai passé des superbes moments avec eux. C’est la vie, c’est le football. Il y a eu des divergences entre eux, mais ce sont leurs soucis. Moi-même, j’ai envoyé un message à Ludo après son départ et je n’ai pas eu de réponse.

Vous ne baissez pas les bras ?

Pas du tout, si vous me connaissez, vous savez que je ne baisserai pas les bras. S’il faut juste aller chercher un point pour sauver l’honneur, on le fera.

Êtes-vous relégué dans les têtes ?

Mais tant que ce n’est pas fait mathématiquement, on n’est pas relégué. Tant que ce sera possible, moi je vais y croire, on va y croire.

C’est l’honneur qui est en jeu désormais, celui de ne pas finir fanny ?

Mais oui, on ne va pas terminer la saison fanny, je n’ai pas envie de ça. S’il faut que je laisse mon cœur sur le terrain je le ferai. Je suis attaché à ce club, il a fait de moi ce que je suis dans le football. Que l’on descende ou qu’on se maintienne, je resterai à Longueau.

Propos recueillis par Romain Pechon, avec Arthur Lasseron

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