Franck Haise (RC Lens) : « Cette victoire prouve qu’on peut battre tout le monde »

Franck Haise RC Lens
Franco Arland / Icon Sport

Dans la lignée de son excellente première partie de saison, la meilleure de toute son histoire d’un point de vue comptable, le RC Lens s’est offert le scalp du Paris SG (3-1) au terme d’un match accompli et enthousiasmant qui fait le bonheur de Franck Haise. Entretien.

Franck, vous allez vous en souvenir de ce 100ème match à la tête du RC Lens…

Il y a des chances ! Il y a un paquet de matches dont je me souviens, mais celui-là est un peu différent. D’une part parce que c’est un chiffre symbolique, ça n’arrive pas si souvent de l’atteindre et puis surtout parce qu’on a fait une grosse performance. Les joueurs ont fait un match exceptionnel.

Qu’est-ce qui suscite le plus de fierté ?

Je pense que l’on a répondu à toutes les problématiques, en-dehors du but encaissé, où on est resté trop longtemps sur un bloc bas. On savait que ça pouvait arriver mais il fallait à chaque fois regagner des mètres pour sortir de la pression. On a sorti les ballons sous pression, travaillé des sorties de balle différentes et elles ont été abouties. On a marqué sur une attaque placée sur quelque chose que l’on recherchait avec attaque du premier côté et structure du deuxième côté. On a marqué sur une transition, un contre-pressing. On est resté calme et engagé, c’était très bien de ce côté-là.

Sur quels points avez-vous axé votre préparation de match ?

Je ne vais pas rentrer dans tous les détails mais contre Paris, il faut être capable de sortir sous pression, d’animer contre un losange, d’être bon sur les pressings et contre-pressings, pouvoir verticaliser à l’image du deuxième but. Même si on n’a pas pu le travailler sur le terrain, avec le staff et les analystes vidéos, on a pu donner des indications aux joueurs mais ce sont toujours les joueurs qui le font sur le terrain.

Quand on joue un losange, si on arrive à bien fixer d’un côté, il faut avoir du nombre et si on est bien structuré du deuxième côté, il se passe des choses, c’est ce qu’il s’est passé sur le premier but et ce qui a failli se passer sur une deuxième action quelques minutes après avec Alexis Claude-Maurice qui s’est retrouvé face au gardien. C’était du travail mais les joueurs l’ont mis en place. Ils ont eu une intelligence situationnelle. Ils captent ce qui est en train de se jouer. C’est normal que nous, le staff, soyons dans l’analyse, mais ce sont les joueurs qui répondent bien parce que c’était quand même Paris en face.

Est-ce qu’il y avait faute sur Brice Samba ?

Je n’ai pas revu les images mais Brice me dit qu’il se fait toucher le bras et je me prends au doute. Il touche le bras au moment où il prend le ballon. Je pense qu’il y avait faute mais si la VAR n’a pas rappelé l’arbitre…

Vous avez pris le micro en fin de match, racontez-nous ce moment…

C’était la centième, un match magnifique, on bat Paris… Je ne suis pas trop dans ce genre de choses mais les joueurs me l’ont aussi demandé pour la centième. Je n’ai pas un très bel organe mais ça me faisait plaisir de le partager avec le public, c’était plutôt sympa. Il ne faut pas trop se prendre la tête non plus dans la vie, quand il y a des grands moments, il faut en profiter. Il y en aura des plus compliqués, donc on profite des grands moments, je chante un peu, tout le monde est content, ça laisse des souvenirs, des émotions. Qu’est-ce qu’il restera de tout ça dans le futur ? Les émotions. Les gens dans le stade se rappelleront de cette victoire et c’est pour ça que l’on fait se métier. Maintenant, je vous rassure, je ne vais pas chanter tous les dimanches.

Cette victoire donne-t-elle encore un peu plus de sens à la saison du RC Lens ?

Elle prouve que l’on peut battre tout le monde dans ce championnat, même Paris, et aussi avec la manière, pas juste sur un fait de jeu. Ca prouve qu’on a un groupe qui travaille très bien avec un staff qui bosse fort. Continuons à travailler en ce sens sans en rajouter et puis avançons. On a vécu une année 2022 exceptionnelle, 2023 commence bien mais il reste encore vingt-et-un matches cette saison. Je ne vais pas dire que je suis déjà sur le match de coupe, mais ce qui m’intéresse est toujours le prochain match.

Neuf victoires en neuf matches à domicile, ce n’est pas commun…

Tout à fait, ça ne l’est pas. C’est quand même génial de gagner tous ses matches à domicile, c’est une bonne chose. La force collective à Bollaert est encore plus forte parce qu’on a les 38000 qui sont avec nous parce qu’ils savent que leur équipe donne beaucoup. Elle peut être décuplée, on l’a vu. On a mis beaucoup d’énergie jusqu’au bout alors que l’on a joué il y a trois et que les gars sont rentrés à quatre heures du matin et qu’on n’a quasiment pas pu s’entraîner. C’est la force collective d’un club et ça peut être puissant.

Le RC Lens joue-t-il le titre désormais ou restez-vous dans la prudence habituelle ?

Je ne suis pas habituellement prudent, mais on joue le Paris Saint-Germain, une des plus grandes équipes d’Europe et on est content d’être à quatre points d’eux mais surtout d’avoir quarante points après dix-sept journées. Je ne vais pas faire le discours du « on est maintenu avec quarante points » mais notre objectif est de continuer à faire ce type de match, quelque soit l’adversaire. Restons ambitieux dans le jeu, et avec cet état d’esprit on peut être ambitieux à tous les niveaux. On ne peut pas se comparer à Paris non plus.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *