Eddy Schuster (Amiens SC) : « Impossible de refuser une telle proposition »

Amiens SC Football

Nouveau speaker de l’Amiens SC, Eddy Schuster va succéder à Jérôme Jean à partir de samedi et le lancement de la saison 2021/2022 de Ligue 2. Manager d’un club d’affaires, natif du bassin minier et désormais partagé entre Dunkerque, Amiens et Compiègne, la nouvelle voix de la Licorne a choisi le 11 Amiénois pour faire connaissance avec les supporters amiénois. Entretien.

Dans quel état d’esprit êtes-vous à trois jours du grand soir ?

Je mentirais et ce serait un peu prétentieux si je disais que j’étais sans pression. D’autant que ce sera une grande première tout court en tant que speaker, même si la prise de parole en public est mon métier du quotidien. Je ne me suis jamais retrouvé en bord pelouse pour un match professionnel. Il y a évidemment un peu de pression mais je me suis préparé à cet événement, je suis très serein parce que je me dis aussi que ma vie n’en dépend pas. Pour autant, je vais faire ça très sérieusement. En résumé, je suis excité et impatient d’y être !

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Comment en êtes-vous arrivé à devenir le nouveau speaker de l’Amiens SC ?

La connexion avec le club s’est effectuée par mon activité professionnelle, étant un manager d’un club d’affaires qui s’appelle le Somme Business Club et dont la vocation est de réunir des chefs d’entreprise une fois par mois. Pendant cette rencontre mensuelle, on reçoit une personnalité issue du monde économique, politique ou bien encore sportif. Il nous a alors semblé intéressant d’écouter Bernard Joannin qui a une double-casquette, celle de président de club – sachant que les coulisses d’un club professionnel intéressent toujours beaucoup de monde – et celle d’un dirigeant d’entreprise assez atypique. Je l’ai interviewé pendant 45 minutes et j’ai donc fait la connaissance du président et d’Anthony Ferla (ndlr : responsable de la régie commerciale de l’Amiens SC), avec qui on avait organisé cette manifestation à la Licorne. Assez étrangement, j’ai reçu un coup de fil il y a environ un mois, auquel je n’avais pas répondu parce que j’étais déjà au téléphone. C’est Anthony qui me proposait de prendre la suite de Jérôme. J’ai hésité un peu, parce que j’ai une activité professionnelle très prenante, mais c’était impossible de refuser une telle proposition. Je suis passionné de football depuis ma plus tendre enfance. Je pense que je n’aurais pas deux fois l’occasion de vivre de tels moments. Après une courte réflexion et un rendez-vous de 30 minutes, j’ai donc répondu favorablement à la proposition du club.

Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur votre rapport au football…

Mon rapport au football remonte à l’enfance, quand mon père m’a inscrit au club de football de mon village. Je suis originaire du bassin minier, près de Douai. J’ai donc joué au football pendant toute mon enfance et mon adolescence, jusqu’à une vingtaine d’années. J’ai eu pour entraîneur Daniel Leclercq pour trois saisons, juste avant qu’il ne parte pour le RC Lens et qu’il devienne par la suite champion de France. Le football a donc bercé mon enfance et je reste un passionné de sports et surtout de football. Même si j’habite toujours dans ma région d’origine pour des raisons professionnelles, Amiens est devenu mon club d’adoption en venant régulièrement au stade et mes fonctions aussi au sein club d’affaires. J’ai désormais l’honneur d’en devenir le speaker.

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Vous prenez la succession de Jérôme Jean, qui était installé depuis plus de quinze ans. Cela rajoute-t-il une forme de pression de passer après quelqu’un qui a autant marqué les esprits…

Je passe après Jérôme (Jean) qui était une institution, cela ajoute forcément une pression supplémentaire. Il faisait partie intégrante du club et de l’identité du club. Depuis que je commence à prendre mes marques, il ne se passe pas dix minutes au stade sans qu’on me dise « Jérôme faisait si, Jérôme faisait comme ça ». Cela prouve l’importance qu’il avait au club. On s’est parlé au téléphone, il y a quinze jours, trois semaines. J’ai été très touché par sa bienveillance et sa disponibilité. J’ai surtout retenu de notre chance qu’il m’a dit de ne pas essayer de faire du Jérôme Jean, d’essayer d’apporter ma touche personnelle. Je n’ai pas envie de révolutionner les choses, on va débuter tranquillement et on verra par la suite comment je peux apporter une touche plus personnelle. Maintenant, tout est quand même assez protocole, il faut aussi que je prenne mes marques, que j’écoute les remontées d’information qui seront faites par les membres du club, les supporters. J’espère que je ne me ferais pas trop taillé sur les réseaux sociaux (rires). Même si c’était le cas, je serais à l’écoute de toutes les remarques et suggestions constructives qui seront faites.

Ce qui rend cette mission palpitante, c’est le rapport avec le public

Votre prise de fonctions coïncide avec le retour du public. C’est forcément une bonne nouvelle…

Evidemment ! Et je ne suis pas certain que j’aurais accepté le poste si on avait la certitude de rester à huis clos. Ce qui rend cette mission palpitante, c’est le rapport avec le public, ce sont les réactions sur un but, les acclamations. C’est aussi pour ça que j’ai accepté cette mission. Le retour du public chaine tout, pour tout le monde. Les deux matches amicaux, avec un peu de public, m’ont aussi permis de prendre mes marques. Il n’y avait pas l’adrénaline qu’il y aura samedi soir mais c’était une bonne entrée en matière.

Dans votre état d’esprit, vous êtes pour voir ce que ça donne sur une saison où vous vous projetez déjà sur le moyen terme ? 

On a un engagement réciproque d’une saison. On fera le bilan, des deux côtés, à la fin de celle-ci. Le club pourrait très bien dire, ce n’est pas forcément ce à quoi on s’attendait, on a trouvé quelqu’un d’autre ou bien encore Jérôme revient ! De mon côté, il faudra aussi que je mesure le plaisir pris et l’intérêt que ça peut comporter pour moi. Maintenant, je n’ai pas trop de doute à ce sujet. Rien que sur les matches amicaux, ce moment où tu pénètres sur la pelouse, dans un stade de cette envergure, c’est juste un truc de dingue. J’aurais aussi l’exercice d’après-match, en Bodega et en loges, avec l’exercice qui correspond à ce que je pratique trois fois par mois dans mes clubs régionaux.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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DELBOS
DELBOS
2 mois il y a

sans vouloir imiter Jérome……il est possible et absolument indispensable d’initier un enthousiasme à l’avant match, à la mi-temps et à la fin du match…..! ce que je n’ai pas observé et ressenti lors du match amical contre la ST GILLOISE…..! C’est très dommage et dommageable à court terme si ça devait continuer comme ça…..car le public picard est déjà plus un public de spectateurs que de supporters…..!!
alors, chauffer le stade est une impérieuse nécessité !!