Christophe Huck (Longueau) : « Tout le monde est fatigué de la situation »

Malmené ces derniers jours, que ce soit par d’anciens joueurs ou l’entourage du club, Christophe Huck a accepté de répondre favorablement à nos sollicitations. Désireux de ne pas alimenter la polémique, l’entraîneur de l’ESC Longueau a préféré livre son analyse à propos de la situation très délicate dans laquelle se retrouve le promu, toujours en quête de son premier point après neuf journées de championnat. Entretien.

Christophe, souhaitez-vous vous répondre aux propos tenus par Joffrey Torvic à votre égard ? 

Non, il n’y a pas d’intérêt à répondre. Ce sont des choses qui sont internes et qui sont bien plus complexes que quelques lignes dans un article ou des réponses à une interview. Je ne comprends même pas que ça puisse intéresser les gens. Je n’ai pas envie de m’exprimer là-dessus, je trouve ça inintéressant.

Pour ceux qui sont toujours dans le bateau, vous ne sentez pas de résignation chez eux en dépit de ce parcours ô combien difficile ?

Dire qu’il n’y a pas d’abattement, d’impact psychologique, ce serait mentir. Tout le monde est fatigué de la situation. C’est extrêmement pesant de travailler, d’enchaîner les semaines, sans jamais ramener le point. D’autant quand il y a parfois des performances de qualité, même si ça n’a pas toujours été le cas. On n’a pas toujours été récompensé, certainement en raison de manques. Pour qu’on puisse ramener quelque chose, il faut certainement qu’on soit au-delà de ce qu’on est capable de faire, d’aller au-delà des 100%. On n’a pas du tout de marge. Tout le monde est fatigué et la période de coupure va faire du bien à tout le monde. Je pense que c’est la même chose pour tout le monde, mais encore plus quand on vit notre situation.

A titre personnel, comment vivez-vous cela ? 

Je n’ai pas trop envie de parler de moi. Quoi que je dise, ce sera toujours soumis à interprétation. Je ne vois pas beaucoup d’intérêt à m’exprimer sur ce sujet. Beaucoup de personnes vont regarder nos résultats, et c’est quelque part logique, et vont en tirer les conséquences qui veulent. Maintenant, la réalité de notre quotidien est bien différente et ne regarde que nous. C’est bien évidemment une situation complexe à gérer mais je ne veux pas m’étendre sur le sujet. Je tiens aussi à préciser que les tensions en interne proviennent aussi de choses à régler qui ne datent pas de cette année.

Vous êtes la cible de beaucoup de critiques depuis quelques semaines…

Tout ce qui se dit à l’extérieur du groupe ne m’intéresse pas. On essaie de me parler de ce qui se dit sur les réseaux sociaux mais je leur demande de ne pas le faire. Encore une fois, ce n’est pas me mettre en position victimaire, je sais que je subis des insultes, c’est comme ça. Ce qui m’importe est ce qui se passe dans mon vestiaire et nous sommes les seuls à connaître la totalité de l’histoire. Je veux bien répondre à vos questions mais cette histoire ne peut pas s’étaler dans la presse. Il y a une forme d’impudeur et de manque de dignité à mes yeux de le faire. Il est hors de question que je rentre dans ce genre de chose.

Comment expliquez-vous la situation actuelle de Longueau ?

Je pense qu’on a abordé la saison avec une forme de retenue, l’exemple type restant le match contre Lambres. Celui-ci et celui de Maubeuge sont déterminants sur notre première partie de saison. Si on gagne Lambres, je pense qu’on bascule dans une forme de confiance. Malheureusement, ça n’a pas été le cas. Celui de Maubeuge, on avait enchainé avec Feignies et je pense que c’était notre meilleure période sur le plan de jeu, en se montrant très cohérent. Malheureusement, on ne ramène rien de ces deux matches, sur le deuxième match on perd même Baptiste (Descamps). C’était vraiment très compliqué à gérer.

Finalement, les joueurs ont fini par s’apercevoir qu’ils pouvaient être au niveau de ce championnat en termes de production de jeu. Maintenant, il n’en reste pas moins qu’il nous manque quelque chose, notamment dans certaines zones la capacité à faire des différences. Progressivement, il y a un manque de confiance qui s’est installé. Psychologiquement, c’est difficile de gérer l’enchaînement des défaites. Il faut essayer de balayer une forme de fatalité en luttant contre l’idée que ça va encore être comme la semaine dernière. Humainement parlant, ce n’est pas évident.

On vit très mal psychologiquement d’être encore à zéro point. 

Pour vous, au départ, c’est principalement une question d’efficacité dans les deux surfaces de réparation ?

C’est un peu le sujet du football actuel. Beaucoup d’entraîneurs s’expriment sur ce sujet durant cette coupe du monde. Je pense qu’on a produit des choses intéressantes, même si le manque de confiance et les luttes intestines ont fait qu’on est également moins prégnant dans ce domaine depuis deux-trois matches. Par contre, on s’est produit des occasions nettes mais il nous a manqué une vraie efficacité dans les vingt derniers mètres. Et chez nous, on a trop souvent payé cash certaines erreurs individuelles. Et ça c’est récurrent.

Comment faire pour sortir de cette morosité ambiante ? 

Cela fait déjà quelques matches qu’on a dit qu’on arrêtait de se préoccuper du classement. A titre personnel, je n’ai jamais sorti le classement, parce que ça ne veut pas dire grand-chose non plus. Pour les prochaines rencontres, il faut simplement se concentrer sur l’adversité et se fixer des objectifs au match. Je n’aurais pas non plus cette indécence, au regard de notre classement et de ce qui nous attend, de parler à tout va de maintien. Il faut déjà essayer de marquer un point. On vit très mal psychologiquement d’être encore à zéro point. Si on prend les cinq potentielles descentes, il est évident qu’on est cité dedans. Par contre, être zéro point au regard de ce qu’on a fait depuis le début de saison, il y a une forme de frustration qui prend le dessus. Actuellement, c’est ce qui marque le plus les joueurs et le club. 

On sait que Longueau n’a pas des moyens extensibles et que le contexte est loin d’être favorable. Pour autant, n’est-il pas nécessaire d’apporter du sang neuf dans cette équipe durant la trêve, sachant que vous venez de perdre deux joueurs et que d’autres pourraient suivre dans les prochains jours ?

Ce sujet est traité en interne et reste de l’ordre de la stratégie. Je ne peux pas l’évoquer comme ça sur la place publique. Maintenant, ce n’est pas trahir un secret de dire que le club n’a pas des moyens mirobolants et il est aussi évident qu’il n’est pas facile d’attirer un ou deux joueurs qui pourraient faire une différence et apporter une vraie plus-value au groupe. On est actuellement dernier de National 3 avec zéro point et très peu d’argent, c’est une réalité qu’il faut prendre en compte. On me parle de deux joueurs perdus, mais je ne m’exprime pas comme ça à leur sujet. On n’a pas perdu deux joueurs, il y a des choses qui se sont passées et ça fait partie de la vie de groupe. On aurait perdu deux joueurs si on avait subi les choses, là ce n’est pas le cas.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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