Christophe Huck (Longueau) : « Peut-être moi qui ne trouve pas les bonnes solutions »

Christophe HUCK Longueau

Au bord des larmes après la nouvelle défaite de Longueau, la septième en autant de rencontres de National 3, ce dimanche contre Maubeuge (2-4), Christophe Huck a commencé à évoquer son cas personnel sans pour autant baisser les bras et se résigner à abandonner sa mission. Entretien.

Christophe, l’histoire ne cesse de se répéter pour Longueau…

Je suis vraiment extrêmement déçu pour les joueurs. C’est difficile pour moi de m’exprimer parce qu’il n’y a rien à reprocher aux joueurs. Ils ont fait preuve d’un gros état d’esprit. Ca fait encore deux matches de suite où ils sont valeureux et produisent de la qualité dans ce qu’ils font. On a des occasions sur les vingt premières minutes que l’on ne met pas. Derrière, on prend un but, peut-être par excès de volonté de jeu. On a envie de produire des choses, ça s’est vu. Ca se joue parfois à pas grand-chose. Je n’ai rien à reprocher aux joueurs, ils ont été très valeureux.

La sortie de Baptiste Descamps qui est sanctionnée d’un rouge est un peu le symbole de la frustration présente chez vos joueurs…

C’est normal qu’ils soient frustrés, les joueurs ! Mais frustré, ça ne veut pas dire être dans un mauvais état d’esprit. Ils ne sont pas récompensés de ce qu’ils produisent, ils le savent. J’ai l’impression de dire les mêmes choses à chaque match. Je n’ai qu’à encourager les joueurs. C’est la septième défaite mais ils sont toujours aussi valeureux. C’est peut-être moi qui ne trouve pas les bonnes solutions.

Et depuis le début de saison vous avez cherché des solutions, en changeant de schéma tactique, de joueurs…

Je ne change pas les joueurs parce qu’ils ne sont pas bons, je les change parce que les contextes de match sont différents. On fait preuve d’ambition dans nos matches, nos schémas de départ. On a toujours envie de s’imposer. On n’est pas frileux dans nos changements de joueurs ou dispositifs. On n’est pas arrêté, on s’adapte aux évènements. Ca ne tourne pas en notre faveur mais je ne change pas parce que les joueurs ne sont pas bons. Je ne me souviens pas d’un match où les joueurs n’ont pas répondu présent. Si Charles Duvauchelle n’a pas démarré aujourd’hui, par exemple, ça n’a rien à voir avec sa qualité de joueur. On voulait mettre de la vitesse dans le dos des axiaux et les vingt premières minutes montrent que le choix était judicieux.

A notre place, que ce soit staff ou joueur, beaucoup auraient déjà lâché ou se seraient montés les uns contre les autres

N’est-ce pas le plus difficile en tant que coach d’avoir une équipe qui fait ses matches mais qui ne décroche pas le moindre résultat, pire qui s’enfonce dans une spirale de défaites…

Je ne sais pas ce qui va se passer. De toute façon, ceux qui vont déterminer les choses ce sont les joueurs. Tant qu’ils sont derrière moi, je vais avancer et donner corps et âme pour y arriver. Le jour où les joueurs décideront que ce qui est fait n’est plus adapté… Ils ont la main sur ce qui se passe.

Et vous avez le sentiment qu’ils sont toujours derrière vous ? 

Il faut leur poser la question. J’ai le sentiment qu’on affronte les choses ensemble, qu’ils sont très à l’écoute. C’est une équipe qui a énormément progressé dans ses intentions depuis le début de l’année. Ce n’est pas une contre-vérité de le dire. Maintenant, chaque défaite est difficile. Je ne vais pas dire que c’est un exploit mais avoir un groupe de joueurs qui continue à se battre comme il s’est battu aujourd’hui après six défaites en National 3, ce n’est pas le niveau district… Je ne sais pas comment ce sera dans quinze jours, dans trois semaines, parce que je ne connais pas l’histoire du groupe, mais jusqu’à maintenant on a réussi ça. A notre place, que ce soit staff ou joueur, beaucoup auraient déjà lâché ou se seraient montés les uns contre les autres. Ce n’est pas le cas parce que je pense qu’on a tous conscience qu’on fait tous le maximum. J’aimerais bien voir le groupe une fois dans une situation avec un peu de réussite et des points au compteur. J’aimerais voir cette situation pour voir comment on gère ça et si ça peut nous mettre sur une autre dynamique.

On vous sent particulièrement affecté, vous attendiez-vous à ce que ça soit si difficile ? 

Quand j’ai démarré, quand le club m’a sollicité, je connaissais la difficulté. Après on a beau avoir du raisonnement en amont, quand ça arrive on vit les choses avec le cœur et les tripes. Je suis forcément affecté en tant que coach, c’est dans ma tête 24 heures sur 24. Je suis déçu mais je vais retourner à l’entraînement, continuer à mettre le même enthousiasme. Le jour où je ne l’aurais plus, l’intérêt du club passera avant tout. Je ne prétends à rien personnellement, je suis là pour le club. Ce qui m’interpelle le plus est de préserver le club.

Propos recueillis par Romain PECHON avec Adrien ROCHER

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