Benoît Sturbois (Amiens Portugais) : « La marche était beaucoup trop haute »

Corrigé par l’AS Beauvais (1-7), l’Amiens Portugais n’a jamais fait illusion à l’occasion de son quatrième tour de coupe de France, samedi soir. Pour autant, Benoît Sturbois ne voulait pas sombrer dans le catastrophisme après la rencontre, quand bien même son équipe a fait preuve d’une criante naïveté en entame de match. Entretien.

Benoît, votre entame de match vous plombe et annihile tout espoir d’exploit…

Exactement. On est mené 1-0 sur la toute première situation adversaire, dans la foulée on donne le deuxième but. Puis, on en prend un troisième deux minutes plus tard. Le pire, c’est qu’on prend un premier but sur une situation à la perte alors qu’on les savait performant là-dessus. Ensuite, on prend deux buts sur coups de pied arrêtés, un autre secteur dans lequel ils sont performants. Les joueurs étaient pourtant prévenus… Prendre des buts sur des pertes de balle, ça peut arriver quand on essaie de jouer, on sait qu’il peut y avoir du déchet. A 3-0, le match était déjà plié mais la marche était beaucoup trop haute. Il n’y a rien à dire, ils étaient beaucoup plus véloce, rapide, malin. Il y avait vraiment trois mondes d’écart entre les deux équipes. Intrinsèquement, Beauvais était trop fort pour nous.

Malgré ça, n’avez-vous pas le sentiment que votre équipe est passé à côté de l’événement ? 

Je suis mitigé. En prenant trois buts en dix minutes, on peut penser qu’on donne le match, oui. Maintenant, on ne va pas le refaire, il est joué, il est perdu. Aurais-je dû faire différemment ? Je ne pense pas. Les joueurs n’ont-ils pas fait ce qu’il fallait ? Je ne pense pas. On va prendre cette défaite comme un apprentissage et j’espère qu’on pourra rebondir dès la semaine prochaine en championnat. Même si j’attendais autre chose de ce match, le championnat reste la priorité.

Même si vous n’aviez rien à perdre selon vous, ce match ne peut-il pas laisser des traces au regard de l’ampleur de la défaite ? 

J’avais dit qu’il ne fallait pas un score fleuve en cas de défaite. Après, je pense qu’on fait une meilleure deuxième période, au cours de laquelle on arrive à marquer un but et on se procure deux trois grosses occasions. Je suis conscient qu’on peut aussi en prendre trois ou quatre et qu’à 5-0 à la mi-temps le travail était fait pour Beauvais. Je pense que les joueurs sont suffisamment intelligents pour savoir qu’il fallait que le parcours s’arrête à un moment donné. Je ne pense pas que ça va laisser des traces et on va mettre toutes nos forces dans la bataille pour le championnat. L’avenir nous dira si c’est une bonne ou une mauvaise défaite. En attendant, je suis satisfait de notre comportement en deuxième mi-temps, qui montre que les joueurs n’ont pas craqué.

Ce match peut vraiment vous servir dans l’optique du championnat ?

Oui car certaines situations ne sont pas passées de justesse ou un manque de qualité technique par moment et on sait que ça passe en R2. L’intensité mise par Beauvais dans ce match, nous a obligé à essayer d’aller plus vite dans tout ce qu’on faisait. Je pense que ça va vraiment nous servir pour la suite. Si on arrive à mettre cette intensité et plus de rapidité dans la gestuelle et la vitesse d’exécution, je pense que ça va nous servir pour le championnat. Je ne suis pas abattu après cette élimination, parce qu’on ne peut pas avoir de regret. On est battu par plus fort que nous, ça me donne juste envie d’encore plus travailler et je pense que ce sera la même chose pour mes joueurs.

Propos recueillis par Romain PECHON

L’AS Beauvais s’est rendu le match facile

Venu superviser l’Amiens Portugais la semaine passée lors du match de championnat contre Gamaches, Sébastien Dailly avait un plan bien précis pour « se rendre le match facile« . « On avait un plan de jeu et parfois ça se passe bien, poursuit le coach de l’ASBO. L’idée était de les priver un peu de ballon et d’amener une dominante athlétique assez importante pour pouvoir se projeter rapidement vers l’avant« . En résumé, Beauvais « a fait ce qu’il fallait pour faire une bonne entame de match et convertir les quelques situations à [sa] disposition. » Sur la fin de match, on n’avait pas forcément une équipe très équilibrée mais on voulait donner du temps de jeu à des garçons qui jouent un peu moins. A la fin, la qualification est là, l’essentiel est fait et sans trembler en plus. Il y a le sentiment du devoir accompli. »

R.P.

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