Benoît Sturbois (Amiens Portugais) : « C’était inévitable »

Benoit Sturbois Portugais

Tout sauf surpris par l’arrêt définitif de la saison au niveau amateur, Benoît Sturbois attendait l’officialisation de cette nouvelle depuis plusieurs semaines. Et même si son équipe n’aura disputé qu’un faible nombre de matches, l’entraîneur de l’Amiens Portugais estime qu’il y a beaucoup de leçons à tirer de cette saison tronquée. Entretien.

On imagine que vous attendiez cette décision comme tout le monde…

On s’y était préparé depuis début janvier, quand on a vu que ce qui avait été annoncé – comme la réouverture des restaurants – n’avait pas été mis en place et qu’on voyait le nombre de cas augmenter. Quand ils ont annoncé le confinement local la semaine dernière, c’était déjà acté pour nous, et c’était inévitable.

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Il était temps que ce soit annoncé…

On avait hâte de savoir concrètement ce qui allait se passer et comment ça allait se passer pour se pencher sur la saison prochaine même si ça peut paraître un peu tôt. Les clubs vont déjà se pencher sur qui reste ou non et là où ils doivent recruter. En tout cas, c’est ce que l’on va faire, même s’il reste quelques mois avant de peut-être reprendre une saison. Il ne faut pas prendre de retard sur la composition de l’effectif.

Comment avez-vous géré ces dernières semaines ?

Depuis mi-janvier, on a repris avec une séance hebdomadaire le dimanche matin parce que c’était une demande des joueurs pour garder ce lien social après le confinement de novembre, où les joueurs avaient plus de mal à effectuer ce qui était demandé sous forme individuelle parce que ça commençait à être difficile pour eux de se motiver pour courir. On avait eu l’autorisation de pouvoir se regrouper tout en gardant les gestes barrières et sans contact également. Comme c’était une demande générale, on s’est entraîné tous les dimanches matins depuis. Comme le couvre-feu est passé à 19 heures, on va essayer d’avoir une séance en semaine mais aussi une le dimanche pour pouvoir toucher un maximum de joueurs.

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On imagine de la frustration chez les joueurs…

C’est très compliqué. Il y a ceux qui ne comprennent pas, ceux qui comprennent mais n’encaissent pas, ceux qui n’ont pas forcément envie de reprendre au regard de la situation sanitaire. Il y a pas mal de réflexions différentes, mais je sais que s’entraîner sans jouer aura ses limites, surtout sans contact. On essaye de varier les séances pour que ça ne soit pas trop rébarbatif, mais ce n’est pas évident.

Comment faire pour lutter contre la démotivation et un éventuel abandon de certains ?

En montrant qu’on est présent pour eux, qu’ils prennent la pleine mesure que ce n’est pas lié aux Portugais d’Amiens mais que c’est national, voire mondial. Après la pluie, il y aura le beau temps, il faut rester positif en se disant que ça ira mieux. Enfin, c’est le dialogue. Il n’y a que ça, le social ! Il faut discuter, échanger, garder le lien social. On essaye de trouver toutes les combinaisons, que ce soit dans la communication, le contenu des séances pour essayer de les motiver et les raccrocher aux branches.

On va devoir redoubler d’efforts parce qu’on avait mis un certain temps à trouver notre place et à allier jeu et résultat

Arrivez-vous à tirer quelque chose de cette saison ?

Il y a des leçons à tirer sur le contenu et les résultats obtenus parce qu’on a des choses à peaufiner, à revoir, à modifier, même si ça a été plutôt plaisant ce que l’on proposait et cohérent. On va devoir redoubler d’efforts parce qu’on avait mis un certain temps à trouver notre place et à allier jeu et résultat. Il faudra insister sur les points qui n’étaient pas bien pour renforcer le système et le projet de jeu mis en place. Il y a aussi l’aspect humain, communication avec les joueurs et le message pour concerner tout le monde. On va devoir insister là-dessus.

Comment envisagez-vous la suite ?

Pour être très honnête, on a déjà demandé aux joueurs de se positionner pour savoir s’ils souhaitent rester au club ou non. De notre côté, on souhaite garder tout le monde. Bien évidemment, il y aura des modifications à avoir chez certains en termes d’état d’esprit, mais aussi des remises en question chez le staff. L’idée c’est que chacun se positionne pour avoir une grosse vue sur ceux qui restent et ceux qui partent, en sachant que les entraînements continueront pour tout le monde, même ceux qui décident de partir. On tiendra nos engagements jusqu’à la fin de saison initialement prévue.

Tous propos recueillis par Romain PECHON et Adrien ROCHER

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