Azouz Hamdane (AC Amiens) : « Si on continue comme ça, on va tout droit en R1 ! »

Azouz Hamdane AC Amiens
Adrien Rocher - Le 11 HDF

Dans la nasse après sa défaite à Compiègne (2-1), l’AC Amiens a peut-être atteint le point de non-retour après cette onzième journée de National 3. Plus que jamais, Azouz Hamdane tire la sonnette d’alarme. Entretien.

Azouz, comment analysez-vous cette nouvelle défaite de l’AC Amiens ?

(Silence) Je ne sais pas quoi dire, je ne sais plus quoi dire. C’est un peu toujours les mêmes choses. C’est le genre de match qui nous est promis et on n’en profite pas. On est à notre place, on est bien trop faible pour espérer quoi que ce soit d’autre. Il n’y a rien d’autre à dire. Dans le contenu, on n’a pas fait un mauvais match mais on est trop faible individuellement. Collectivement, c’est pas trop mal mais individuellement il manque toujours le dernier geste pour aller chercher le petit plus. En plus, on a perdu (Pierre) Slidja assez rapidement dans le match (ndlr : 6 minutes), il s’est fait mal au genou.

On prend aussi un rouge en fin de match… Malgré ça, on a plus qu’existé dans ce match mais il manque ce petit allant pour aller gagner les matches. C’est notre limite aujourd’hui et je pense qu’on est à notre place. Si on continue comme ça, on va tout droit en R1 ! Je veux bien tout assumer, je ne me dérobe pas, je prends ma part de responsabilité mais je ne suis pas sûr d’être le responsable de tout. Je suis en première ligne, je fais front. Maintenant, si on continue comme ça, le chemin est tout tracé.

Le mal est bien trop profond pour dire que la faute n’est pas collective. Si on ne s’en rend pas compte, ça va très mal finir.

Qu’est-ce qu’il faut changer ? 

C’est dans tous les domaines ! Ca commence par nous et la prise en charge des joueurs. Cela passe par les dirigeants et les joueurs eux-mêmes. Sinon, on n’en serait pas là, ce ne serait pas aussi catastrophique si les changements étaient à la marge. Le mal est bien trop profond pour dire que la faute n’est pas collective. Si on ne s’en rend pas compte, ça va très mal finir.

En quoi la trêve peut vous aider pour rectifier le tir ? 

Déjà elle va casser la spirale, on ne sera plus obligé de jouer toutes les semaines et donc de perdre toutes les semaines. C’est déjà une très bonne chose. On s’est dit beaucoup de choses et je pense que ça va mûrir dans la tête de tout le monde. Si on ne change rien au niveau des joueurs, je ne suis pas sûr qu’on puisse modifier quoi que ce soit. Il faut forcément bouger des choses dans ce domaine et le staff va aussi devoir réfléchir à son travail. Il faut aussi que les joueurs se questionnent sur leur niveau et leur projet à ce niveau. Viennent-ils pour gagner les matches ou juste pour se retrouver entre potes et passer une bonne semaine et un bon week-end dans de bonnes conditions ? Si c’est ça, ça ne m’intéresse pas, ce n’est pas le projet que je défends. Aujourd’hui, je ne sais pas ce que je peux leur apporter d’autre. Si on ne bouge rien, ce sera en tout cas dramatique.

Votre degré d’inquiétude est-il aussi grand que celui de la saison interrompu par le Covid où l’AC Amiens avait perdu tous ses matches avant l’arrêt des championnats ? 

Non, parce que malgré tout on propose des choses, on a aussi des joueurs pour faire mieux. Par contre, le résultat est quasiment le même avec cinq défaites consécutives là contre six défaites la saison du Covid. On a eu le mérite de gagner trois matches, ce qui nous permet de ne pas être trop lâché même si l’écart commence à se creuser. Toutes les clés ne sont pas forcément en ma possession. J’essaie tout le temps de bouger ce que je peux bouger, que ce soit les joueurs, le système, ma manière de communiquer. J’essaie mais force est de constater que je n’y arrive pas. On va discuter avec le staff et les dirigeants pour connaître leur analyse et ensuite croiser tout ça pour diagnostiquer et trouver des solutions.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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