Azouz Hamdane (AC Amiens) : « Je n’ai pas senti un collectif qui avait envie que ça change »

Azouz Hamdane AC Amiens
Adrien Rocher - Le 11 HDF

Une semaine après s’être sabordé contre Lambres, l’AC Amiens n’a pas fait le poids contre la réserve du RC Lens (0-2), samedi. La faute à un manque de caractère qui commence à sérieusement lasser Azouz Hamdane. Entretien.

Azouz, quel est votre sentiment après cette nouvelle défaite pour l’AC Amiens ? 

Je suis un peu fataliste. Je n’ai pas senti un collectif qui avait envie de faire bouger les choses. On a plutôt laissé jouer notre adversaire. Si je dois comparer ce match avec celui contre Lille, face à un profil de joueur similaire, on avait pris les choses en main, on avait agressé le porteur du ballon. Là, c’était absolument l’inverse. Assez logiquement, les Lensois ne sont pas faits prier pour prendre les choses en main. On prend le premier but sur une erreur de communication entre deux défenseurs et on court après l’attaquant pendant 40 mètres sans intervenir. On le laisse entrer dans la surface et à partir de là c’est la loterie. On prend le premier but comme ça. Ensuite, on a pas mal de situations, dont une où Cetiner à bout portant met sur le poteau. A partir de là, on a compris qu’il ne se passera rien de bien. On prend le deuxième but parce qu’on pousse mais je n’ai pas senti un collectif qui avait envie que ça change.

Ce sont tous des signaux rassurants quand se profile une saison où on va lutter pour le maintien…

Cela fait quatre ans qu’on joue le maintien, il ne faut pas rêver. L’an dernier, on a plutôt fait une bonne fin de saison. Maintenant, on n’a pas un groupe qui nous permet de viser autre chose, on manque cruellement de talent et l’état d’esprit est aussi là un match sur quatre. L’AC Amiens version National 2 qui fait rêver les gens, c’est fini depuis très longtemps. Même dans le combat on n’est pas bon. Face à Lens, on concède des occasions énormes, notre défense se délite, notre milieu ne se replace pas. Tout ça est assez inquiétant au final. Je me bats depuis des années mais tous les ans j’ai une équipe qui peut faire cinq-six bons matches dans la saison. Si l’adversaire n’est pas très bon, on peut espérer un nul voire une victoire sur un malentendu. Sinon, on perd logiquement les matches. Quand on ne met pas les ingrédients qu’il faut, qu’on n’est pas dans un esprit de compétition, il ne faut pas rêver. On laisse trop souvent le sort décider des matches. Je ne sais plus si je dois jouer avec trois défenseurs, je ne sais plus si je dois m’entraîner à 17 heures. Ils m’ont mis dans le doute complet. Je ne peux plus faire sereinement mon boulot.

Vous ne savez plus trop quel levier activer ? 

C’est ce que je leur ai dit à la mi-temps de Lambres. C’est vraiment schizophrénique de travailler avec ce groupe. Je pense que le problème est vraiment profond et je ne suis pas compétent pour régler ce type de problème. Je pense qu’on va se maintenir, ce n’est pas le souci. Je suis fataliste mais je ne suis pas résigné, je suis dans un état d’esprit de faire le mieux possible. J’ai encore de l’ambition mais je ne peux pas être ambitieux pour les autres. Je pense qu’ils ne sont pas ambitieux et qu’ils ne le seront jamais. On va tâcher de trouver les leviers, ce n’est pas un souci.

Après Lambres, vous vous laissiez deux matches avant de procéder à des changements. Qu’en est-il après cette nouvelle déception ? 

On ne va pas attendre. Je vais vraiment avoir une réflexion pour amorcer autrement l’avant-trêve, ce n’est pas possible de continuer comme ça. Ils sont prévenus et ils ne seront pas surpris. Maintenant, je ne peux pas non plus procéder à une révolution mais je vais au moins bouger deux-trois petites choses.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

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