Azouz Hamdane (AC Amiens) : « J’ai apprécié la réaction des joueurs »

Pour son tout premier match de la saison à domicile, l’AC Amiens s’est fait peur avant de parvenir à renverser Vimy (2-1), samedi pour le compte de la 7ème journée de National 3. Une finalité satisfaisante pour Azouz Hamdane, qui a décidé d’agir en conséquence pour inverser la vapeur durant la rencontre. Entretien. 

Azouz Hamdane, votre retour à Moulonguet est couronné de succès…

C’est très positif. Même si on était mal embarqué dans ce match, on a fait une deuxième mi-temps de belle facture. Ca commençait à sentir mauvais, à ressembler au match contre Amiens. On laisse filer une occasion dans notre bonne entame, puis on perd progressivement le fil face à un adversaire bien regroupé, discipliné et qui joue crânement sa chance sur ses sorties de balle. Ils finissent par ouvrir le score sur leur troisième situation. On avait un bloc totalement désorganisé, ce qui était inexplicable. J’ai fait un changement très rapide pour agir là-dessus, je ne veux plus subir et revivre les choses comme la saison dernière. Cela a fonctionné et j’ai apprécié la réaction des joueurs, avec une deuxième mi-temps de très haute intensité.

Mentalement, c’est un gros pas en avant pour votre équipe de savoir retourner une situation défavorable…

Complètement. On avait déjà réussi à le faire contre le Touquet, où on avait aussi été mené 1-0. C’est très positif de parvenir à renverser une situation mal embarquée. Par le passé, on a trop souvent eu tendance à laisser filer les choses.

Vous avez évoqué ce changement rapide, avec la sortie de Charly Rosso. Pourquoi ce choix ? 

Il n’avait absolument rien pour lui. Il n’était pas dans ce que je recherchais, il ne respectait pas les consignes. J’ai donc fait le choix de le changer. C’est un geste fort mais je suis aussi là pour prendre des décisions. J’aurais pu me tromper mais il m’a un peu forcé la main. On reproche souvent aux entraîneurs de prendre ce genre de décision que certains qualifient d’humiliante. J’en ai rien à foutre (sic). Je défends mon club, mon équipe. Ne pas être bien un jour, ça peut arriver à tout le monde. Maintenant quand on ne court pas sur le terrain, qu’on se prend pour ce qu’on n’est, qu’on pense avoir des qualités techniques qu’on n’a pas. A un moment donné, il faut leur faire comprendre les choses.

Il faut que les joueurs comprennent qu’ils ne sont pas les patrons.

Quand tu donnes des consignes, que tu attends des attitudes et que tu ne retrouves pas ça. Pire encore, quand un joueur s’enfonce dans ce qu’il croît être la solution alors que c’est le problème, c’est à moi de reprendre la main. C’est mon boulot. Je l’ai fait en parfaite conscience, je n’ai aucun regret. En plus, le match me donne, entre guillemets, raison. Il faut que les joueurs comprennent qu’ils ne sont pas les patrons, ils sont là pour faire ce qu’on leur demande. Ils ont un staff qui prépare le match, qui est là pour les guider. Ce n’est pas possible de laisser passer ce genre de chose. Diouf revenait de suspension, c’est un joueur dans l’amour de défendre. Il donne aussi du plaisir à le voir jouer, son entrée a tout changé. Pas forcément sur la première mi-temps où on a eu un axe défensif très désorganisé.

Et cela aurait pu vous coûter très cher…

A la mi-temps, j’avais même honte d’être leur entraîneur. Parce que ce genre de souci, c’est l’entraîneur ce ne sont pas les joueurs. Quand une équipe est désorganisée, pas en place tactiquement, on ne peut s’en prendre qu’à l’entraîneur. Ils étaient en train de me faire passer pour quelqu’un qui ne travaille pas. Je leur ai redonné quelques consignes et ça a payé. C’est vraiment la victoire de la défense collective. Slidja et Despois, qui ne travaillaient pas beaucoup, ont fait énormément d’efforts sur la seconde mi-temps. Tout de suite, ça a tout rééquilibré, ça a énormément aidé tout le collectif. J’ai vu des joueurs avec des crampes en fin de match, c’est ce que je veux parce que ça veut dire qu’ils ont fait tous les efforts. Maintenant, s’ils avaient un peu plus l’habitude de faire tous ses efforts, ils ne seraient pas en difficulté physique en fin de match.

Le syndrome Moulonguet est donc chassé ! 

Sur la première mi-temps, je me suis dit que c’était reparti comme l’an dernier ! Maintenant, il ne faut pas faire trop de superstition non plus. Ce n’est pas Moulonguet qui nous fait jouer comme ça, si c’est le message qui est ressorti de nos propos, je veux remettre les choses en place. Je n’ai jamais voulu dire ça. Maintenant, quand on ne sent pas d’énergie positive, c’est un peu compliqué. C’est ce qui se passe à Moulonguet, après c’est aussi à nous de s’approprier ce terrain. Si on veut faire une bonne saison, ça passe par là. Il faut qu’on prenne des points à domicile pour aller chercher notre maintien. C’est donc très bien d’avoir démarré par une victoire.

Tous propos recueillis par Romain PECHON

AC AMIENS – VIMY : 2-1 (0-1)

7ème journée de National 3

Stade Moulonguet, Amiens

Buts : Bodur (64′), Sagouti (75′)

AC Amiens : Banaziak – N’Goma, Villier, Binet, Siradjidini – Rosso (Diouf, 22′), Sagouti – Ettaibi (Bodur, 55′), Despois, Seck – Slidja (Boukhelifa, 90′)

Remplaçants : Thoris (g.), Diouf, Kwinta, Bodur, Boukhelifa

Entraîneur : Azouz Hamdane

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *