Arnaud Lusamba (Amiens SC) : « On est conscient que rien n’est fait »

Amiens SC Lusamba
Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport

Aussi frustré que les observateurs et les supporters pour la finalité du match à Pau le week-end dernier, Arnaud Lusamba est bien conscient de la nécessité de porter un coup de collier supplémentaire pour extraire l’Amiens SC de la zone dangereuse. Entretien.

Arnaud, comment avez-vous à distance la défaite à Pau le week-end dernier ?

Il y a forcément beaucoup de déceptions parce, de l’extérieur, qu’on sentait que ça allait arriver. C’est ce que j’ai dit aux joueurs. Après c’est toujours plus facile de se rendre compte des choses de l’extérieur, même si certains joueurs l’ont ressenti sur le terrain. Ils n’ont malheureusement pas eu le temps de réagir, tout a été très vite. On perdait peu à peu le fil du match. Malheureusement, ça s’est confirmé. On savait que ce ne serait pas un match facile chez eux. C’est vraiment dommage qu’on ait perdu ce match parce qu’on tenait jusqu’à 20-30 minutes de la fin. Ce sont des choses qui arrivent malheureusement et ça va être à nous rebondir.

Sentez-vous encore les joueurs vexés et désireux de faire oublier cette contre-performance ?

Il y a des matches qui ont plus ou moins de mal à passer. Celui-là, il nous reste en travers de la gorge. L’avantage du foot, c’est qu’on peut faire oublier ou faire mieux passer un résultat toutes les semaines. On a à cœur de la faire dès demain (samedi) devant nos supporters.

Avec cette contre-performance, il sera compliqué d’aller chercher le top 5 pour ceux qui y rêvaient encore…

Ça va être compliqué. On le sait. Après, rien n’est jamais terminé. On se concentre match par match et à bien finir la saison.

Certains joueurs parlaient de top 5 après trois victoires à domicile, ne vous êtes-vous pas un peu emballé trop vite ?

Forcément, quand on commence à gagner des matches, on regarde au-dessus en se disant pourquoi pas. Moi, je n’ai jamais parlé de top 5, parce que je sais comment ça se passe. À partir de là, on pense que les choses vont être plus faciles alors qu’elles se compliquent. C’était dans un coin de ma tête, mais ça ne servait à rien d’en parler ouvertement.

Amiens SC
Christophe Saidi/FEP/Icon Sport

Comprenez-vous que vous puissiez être considéré comme une équipe agaçante ?

Je peux le comprendre. On sent qu’il y a la place. Il y a la qualité pour, mais ça ne veut pas. On sent qu’on peut le faire, mais ça cale à chaque fois. Je ne sais pas comment l’expliquer. On a discuté entre nous et on ne trouve pas la réponse. Je ne sais pas si c’est de la concentration ou un peu de relâchement. De toute manière, c’est vraiment dommage.

Au point, parfois, de donner le sentiment d’être suffisant, comme si le match à Pau était déjà gagné après une demi-heure par exemple…

C’est plutôt qu’on se déconcentre et on laisse un peu échapper les matches, alors que dans le championnat, il faut être concentré du début à la fin et ne surtout pas se relâcher. L’adversaire ne lâche rien lui.

Vous semblez sûr de vos forces, de votre capacité à vous maintenir depuis le début de saison. Certains joueurs ne se verraient pas trop beau ?

Je ne pense pas. Malgré tout, il faut quand même avoir confiance en soi et être sûr de ses qualités. Quand j’écoute ce qu’il se dit entre les joueurs, je ne pense pas qu’on soit arrogant ou trop sûr de nous. On est juste conscient de ce qu’on peut faire. Malheureusement, on ne l’a pas encore bien acté sur le terrain. Ce n’est pas un manque d’humilité.

Mais vous n’avez toujours que cinq points d’avance sur la zone rouge…

On avait l’impression qu’avec les victoires, on allait un peu respirer et prendre vraiment le large. Le fait qu’on a du mal à gagner à l’extérieur fait qu’on n’avance pas avec des points pris lors des nuls. Les autres derrière sont donc plus très loin. On est conscient que rien n’est fait. Il reste encore énormément de match. Tout peut se passer. On prend les matches un à un, cette fois-ci, en regardant bien derrière.

Diriez-vous que le match de Nancy est un match sous pression au regard de ce contexte et de la suite avec un déplacement à Toulouse, le leader du championnat ?

Je ne sais pas si on peut dire ça. En tout cas, on sait que ça va être un match compliqué. Après, on enchaîne avec le leader chez eux. On est à domicile, ce n’est pas parce qu’on a perdu un match la semaine dernière que c’est la fin du monde et qu’on ne sait plus jouer au foot. On va prendre ce match comme les autres. Ça va être un match important. À nous de répondre présent. Gagner contre Nancy serait dans la logique des choses, mais rien n’est logique dans le foot. On sait que l’adversaire ne sera pas là pour faire des cadeaux. Ils jouent leur vie. Ce sera dur de la première à la dernière minute. Il va falloir être très concentré. Connaissant Nancy, tant que ce n’est pas officiellement ou mathématiquement mort, ils ne vont pas lâcher, ils ne sont pas morts.

Propos recueillis par Romain PECHON

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