Antoine Mücke (RC Salouël) : « La Licorne ? Un rêve de gosse ! »

Salouel Mucke
PHOTOPQR/LE COURRIER PICARD/Manon Cruz/MaxpPPP

Entraîneur du RC Salouël, sensation de cette cuvée 2021/2022 de coupe de France et unique formation de district encore en lice, Antoine Mücke a accueilli avec beaucoup de joie l’annonce de la tenue au stade de la Licorne du huitième tour contre Wasquehal. Entretien. 

Antoine Mücke, vous allez jouer votre huitième tour de coupe de France à la Licorne. Comment accueilliez-vous cette nouvelle ?

Moi ça ne me dérangeait pas, mais il ne fallait pas que ça nous revienne à un prix immense pour pas grand chose. Au final c’était soit la Licorne soit Camon, le président nous a dit que c’était plus ou moins gratuit, donc tant mieux ! Si j’ai bien suivi, c’est une journée de coupe. Il y aura des clubs qui pourront venir nous encourager. Donc c’est clair on espère qu’il y aura beaucoup de supporters, pour nous c’est magnifique. Qui aurait cru en début de saison qu’au huitième tour de coupe de France le RC Salouël jouerait à la Licorne ? C’est quand même magnifique, personne n’y aurait cru. On nous aurait dit « Tu te prends pour qui à dire ça ? » et au final c’est un rêve de gosse pour ma part. Les joueurs je ne leur ai pas dit tout de suite pour ne pas qu’ils soient dans l’euphorie, mais il y en a qui l’ont su. Les réactions fusent à tout va maintenant (rires)

C’est la plus belle récompense possible de jouer à la Licorne…

C’est une récompense pour eux, par rapport à notre précédent tirage, où on souhaitait jouer à la maison contre un club professionnel. Même si ce n’est pas un club professionnel, il faut se rappeler que Wasquehal a joué en deuxième division, ça reste quand même un gros club pour nous. Pourquoi pas réaliser un truc extraordinaire encore une fois parce que je jouerai quand même le match pour le gagner. Le fait de jouer sur le stade de l’ASC, c’est juste dingue.

Il faudra être à la hauteur de cet événement maintenant ?

Exactement. Les émotions ils les auront, et je vais faire pour qu’ils l’ait avant l’échauffement, qu’ils s’acclimatent au terrain. Après le coup d’envoi, il faut relâcher cette émotion et cette pression. Se libérer, parce que sinon on peut vite se retrouver avec un score assez large alors que l’objectif, ça peut paraître fou de dire ça, mais ce sera de gagner. On est à 90 minutes d’un truc juste encore plus dingue, avec pourquoi pas une Ligue 1 par la suite. On jouera pour gagner quoiqu’il arrive.

Vous ne craignez pas le changement de cadre pour vos joueurs ?

C’est ce que je me suis dit. Je leur ai demandé aussi, je ne suis pas le principal acteur de tout ça. On savait que plus ou moins Moulonguet c’était cuit avec l’ACA. Je leur ai proposé s’ils ne préféraient pas jouer sur un terrain comme Longueau ou Camon. On savait que la Licorne c’était aussi envisageable, même si on savait que ça aurait un coup. Ils m’ont tous dit que de toute façon, on n’ira jamais la gagner, je pense qu’un club amateur à ce niveau-là c’est déjà fou. J’ai pris leur avis, que la Licorne ne nous dérangeait pas. Si on peut remercier M. Joannin, Amiens Métropole, toutes les personnes engagées pour le cadeau qu’ils nous ont fait.

Le fait de jouer dans ce stade, ça permet de réaliser encore plus ce que vous faites dans cette épopée ?

Je pense que si. Ils vont se retrouver, ils vont voir les tribunes, même si ça ne sera pas plein on ne va pas se mentir, mais ils vont réaliser qu’ils auront fait quelque chose de très très grand. Ce sera marqué pour toute une vie pour eux, même pour nos supporters, pour les enfants. Notre retour de Douai, les bus nous ont attendus avec des klaxons, plus de 250 personnes qui nous ont attendus pour célébrer notre victoire, c’est comme si l’équipe de France avait remporté la Coupe du Monde sur les Champs-Elysées ! Pour nous c’est juste fou. J’espère qu’ils seront contents du cadeau, comme tout le monde, et j’espère que ce sera une belle fête.

C’est la toute première fois de l’histoire de la coupe de France qu’un club de D2 arrive au huitième tour, ça fait quelque chose ?

On savait qu’on n’était les seuls encore engagés dans cette compétition en 2021, mais là vous me l’apprenez, c’est quelque chose d’incroyable. Franchement c’est que du « kiff », et le fait de le transmettre sur le visage de tout le monde, nos supporters, les journalistes, ça nous rend encore plus fiers. Parce qu’on fait ça « pour nous », mais tout le monde est content. Ce ça qui fait la beauté du football, et il n’y a que la coupe de France pour nous faire vivre de telles émotions.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Arthur LASSERON

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