Antoine Leautey (Amiens SC) : « Sixième, on pouvait espérer beaucoup mieux »

Amiens SC LEAUTEY
Loic Baratoux/FEP/Icon Sport

Alors que l’Amiens SC va lancer la phase retour avec la réception du Havre samedi, Antoine Leautey a accepté de faire le bilan de la première partie de saison à l’occasion d’un entretien exclusif accordé au 11 Amiénois. Frustré par l’arbitrage et la mauvaise série de résultats depuis la mi-octobre, le piston droit amiénois estime qu’il y avait largement mieux à faire. 

Antoine, si vous deviez résumer la première partie de saison de l’Amiens SC en un seul mot, ce serait lequel et pourquoi ?

C’est difficile en un mot. Je dirais encourageante, mais aussi frustrante pour le groupe. Peu de personnes pensaient que l’on pouvait jouer les premiers rôles en quelque sorte cette année. Frustrante, car vu le début de saison que nous avons fait, on pouvait espérer mieux qu’une victoire sur les huit derniers matches. Il y a un peu de frustration à l’arrivée.

Vous coupez donc la première partie de saison de l’Amiens Sc en deux. Avec une entame enthousiasmante, puis une suite plus frustrante avec cette série de mauvais résultats depuis mi-octobre…

C’est clair. À partir du moment où on a le mieux joué, c’est là où on a eu les moins bons résultats. Après, quand je vois ce que l’on est capables de faire, je pense qu’il y a de très belles choses qui vont arriver. Quand je vois contre Bordeaux, contre Guingamp à domicile, on peut faire de belles choses. C’est bon pour le futur.

Comment expliquez-vous que les résultats se soient dégradés, sans qu’il y ait de concomitance avec le niveau de jeu ?

Déjà, nous avons eu beaucoup moins de réussite. Au début de saison, nous en avions, mais là, je trouve que nous n’en avons pas beaucoup. Contre Guingamp, on a plein d’occasions, mais on ne les met pas au fond. Après, en une action, ils marquent. Je pense que ça se résume à ça. Après, je ne vais pas critiquer l’arbitrage, mais je trouve que depuis pas mal de temps, nous sommes arbitrés difficilement. Quand on voit Le Havre, qui est premier, qui est une très bonne équipe, on voit qu’il y a des moments où ça se joue à pas grand-chose, comme pour Lens en Ligue 1, qui vient de gagner un match sur un penalty. Ce sont des petits détails qui comptent à la fin. Peut-être que gagner 3-4 matches en plus sur les huit matches où nous n’en avons gagné qu’un, je pense qu’on méritait d’en gagner plus.

Encore une fois, le penalty contre Bordeaux, c’est une honte.

Y’avait-il faute sur vous contre Guingamp ?

À la rigueur, c’est la moins marquante. Mais que ce soit Gaël (Kakuta), Tolu et Quevilly, à Saint-Étienne où le penalty est très généreux. Je ne critique pas l’arbitrage. Au début de saison, nous avons peut-être eu quelques coups de sifflet à notre avantage, et encore, pas sûr. Je sais que dans une saison, on grappille 6, 7, 8 ou 9 points si l’arbitrage est équilibré.

Ça renforce la frustration, car la deuxième partie de saison étant forcément conditionnée par la première. Si un des deux résultats contre Quevilly ou Guingamp se transforme en victoire, ce n’est pas du tout la même chose…

Je suis totalement d’accord. C’est frustrant, car c’est répétitif. Encore une fois, le penalty contre Bordeaux, c’est une honte. Le pire, c’est que les arbitres nous disent à la fin « oui c’est vrai, il y avait faute ». À un moment donné, ça se répète toutes les semaines. C’est un peu compliqué, car nous, on fait notre travail. Si à chaque fois, on reçoit un couteau dans le dos, c’est un peu difficile. Comme je dis, je ne critique pas, mais je trouve que ce sont des décisions assez dures en ce moment. Ce sont de grosses décisions qui sont en notre défaveur. À nous de plus dominer les matches et plus avoir d’actions, comme ça, si on mène 3 ou 4-0, s’il siffle un penalty, ça ne changera rien.

Il y a aussi ce criant déficit d’efficacité qui plombe grandement l’Amiens SC…

C’est clair. Que ce soit contre Guingamp ou Quevilly, voire Saint-Étienne, je pense qu’en première mi-temps, on peut largement mener de deux buts d’écart. Il y a des séries comme ça dans la saison où on a des petites périodes de moins bien, que ce soit dans l’efficacité ou dans le jeu. J’espère que nous aurons beaucoup de réussite en deuxième partie de saison.

La réussite offensive, c’est avant tout une question de confiance ? 

C’est un tout qui peut expliquer nos résultats. Même défensivement, je pense qu’on a eu un peu moins de réussite. Quand on met un grain de sable dans la machine, ça enraye un peu, ça touche la confiance. Quand on reste sur quatre défaites, on est un peu plus fébrile quand on a une occasion ou quand il faut défendre dans sa surface. Je pense que c’est un tout. Même si on est sur une seule victoire sur les huit derniers matches, je trouve que nos productions sont vraiment pas mal. Contre Valenciennes, on avait qu’un seul match de préparation dans les jambes et je trouve qu’on s’en sort bien. Laval, on gagne 3-0. Guingamp, je pense qu’on méritait les trois points. Bordeaux, c’était pas mal de savoir revenir au score après avoir concédé un penalty généreux. Il ne faut pas se prendre la tête et surtout travailler.

Le match à Nîmes est le tournant négatif de la première partie de saison.

Le point de rupture de votre première partie de saison, c’est ce match à Nîmes, car c’est celui qui coupe les deux séries évoquées précédemment. Il a peut-être fait dérailler le bon wagon et surtout il semble avoir marqué le groupe…

Je pense que c’est notre pire match, le tournant négatif de la première partie de saison. Le pire, c’est qu’on joue Nîmes, Saint-Étienne, Pau et Quevilly, donc quatre équipes qui sont limite dans les cinq derniers. C’est frustrant, mais comme je dis, c’est vrai que Nîmes, on ne l’a vraiment pas pris par le bon bout. Comme je dis, c’est humain, personne ne nous voyait là, premiers en affrontant l’avant-dernier. On s’est peut-être un peu relâché. Tout ne peut pas être tout rose, ça fait partie d’une saison. Nous avons gagné des matches à domicile, on en a perdu à l’extérieur. C’est ce qu’il s’est passé. Qui sait, nous aurions gagné contre Nîmes, derrière nous aurions perdu le reste quand même. Il ne faut pas se prendre la tête.

A contrario, quel est le meilleur match de la phase aller ? 

Celui qui laisse le plus d’émotions, c’est Dijon, c’est clair. Maintenant, le meilleur match est sans doute Guingamp. On a vraiment fait une très bonne première mi-temps, c’est sans doute la meilleure période de notre saison. A Laval, on a aussi dominé la rencontre du début à la fin. Je pense que ce sont nos meilleures références de la saison. On pouvait aussi penser à Bastia en début de saison, même si je trouve qu’on a souffert en deuxième période. Cela prouve qu’il y a une belle marge de progression pour ce groupe, ce sont aussi deux matches récents. Encore une fois cela renforce le paradoxe sur notre première partie de saison. En début de saison, on ne jouait pas forcément très bien mais on avait l’efficacité. Là depuis quelque temps, c’est l’inverse. Il faut rester calme malgré tout ça.

Amiens SC Leautey
Antoine Leautey lors de la défaite de l’Amiens SC à Caen / Maxime Le Pihif/FEP/Icon Sport

L’Amiens SC sixième à mi-parcours. N’est-ce pas logique finalement après avoir fait ce bilan ? 

Après avoir affronté toutes les équipes du championnat, seul Le Havre m’a semblé au-dessus de nous. Même quand on va à Bordeaux, sans leur penalty je pense qu’ils ne marquent pas un but. En deuxième mi-temps, ils se livrent, on laisse beaucoup d’espaces mais je trouve qu’on était à la hauteur. Je ne dis pas qu’on a été au-dessus de nos adversaires, mais aucune équipe n’a semblé au-dessus de nous non plus à l’exception du Havre. Maintenant, c’était au début de saison (ndlr : août) et on n’est plus la même équipe depuis. On a progressé collectivement. Cela me fait donc dire que c’est frustrant d’être sixième. Quand on regarde et qu’on se dit qu’on est encore dans la course, à quatre points du podium avec quatre défaites de rang…

Vous avez perdu contre Metz et Caen, à chaque fois en encaissant trois buts, mais ce ne sont pas deux matches qui vous font dire qu’il y a une différence avec ces deux équipes…

Le résultat fait dire qu’ils ont été au-dessus de nous. A Caen, j’oublie pas qu’on loupe un penalty en fin de première période et qu’on prend un but rapide au retour des vestiaires, ça fait basculer le scénario de la rencontre. Metz, ils ont trois occasions et on se retrouve mené de trois buts, tout en sachant que c’était le tout premier match de la saison. Avec du recul, je n’ai pas le sentiment que ces équipes nous sont supérieures.

Tous propos recueillis par Romain PECHON avec Pavel CLAUZARD

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