Amiens SC : Les trois responsables de la déroute face à Strasbourg

Au terme d’une prestation catastrophique, l’Amiens SC a concédé contre Strasbourg la plus large défaite à domicile de son histoire en Ligue 1 (0-4), samedi soir. Une déconvenue finalement assez prévisible et dont il faudra vite tirer les conséquences. A commencer chez les trois principaux responsables de cette déroute. 

Luka Elsner plaide coupable

S’il n’a pas manqué d’égratigner ses joueurs en conférence de presse, jugeant leur prestation indigne, Luka Elsner a également assumé la responsabilité de cette prestation pour le moins indigne de l’Amiens SC. « Beaucoup de mes choix ont été très mauvais, que ce soit sur le plan de jeu, le choix des joueurs, le discours, énumère l’entraîneur de l’Amiens SC. Tout est à remettre en cause et mérite une analyse très sévère. » Quinze jours après sa sortie remarquée contre Rennes, Juan Otero a ainsi débuté la rencontre sur le banc de touche, Chadrac Akolo lui étant préféré dans le couloir droit de l’attaque. Un choix qui n’a pas porté ses fruits au regard de la prestation pour le moins insipide de l’international congolais.

Rentré de sélection dans la journée de jeudi, Steven Mendoza a également débuté la rencontre. Un choix qui peut laisser songeur quand on sait le rythme auquel est soumis l’ailier colombien depuis deux mois. Outre les hommes alignés au coup d’envoi, Luka Elsner n’a guère été plus inspiré dans ses choix en cours de match. En finalité, Amiens n’a jamais réussi à inverser la spirale, comme si son entraîneur demeurait impuissant sur le banc de touche. Désireux de ne pas faire de cet affrontement contre Strasbourg un match à part, l’entraîneur de l’Amiens SC s’est heurté à un adversaire surmotivé, là où Amiens semblait à la fois ronronner et être à la recherche d’un second souffle.

Gaël Kakuta, le symbole

Recrue phare du mercato estival de l’Amiens SC, Gaël Kakuta est complètement passé à côté de son match. A l’image de ce coup de pied arrêté manqué en fin de première période et débouchant sur le premier but strasbourgeois en contre, le meneur de jeu fait preuve d’un déchet trop conséquent depuis son retour. S’il est attendu pour sublimer le jeu offensif de son équipe, l’ancien joueur de Chelsea doit également être capable de mettre le pied sur le ballon pour aider les siens à traverser les temps faibles d’un match. Or, Gaël Kakuta ne parvient pas à tenir ce rôle, se contentant jusqu’ici d’éclairs de génie, comme à Rennes avant la trêve internationale.

Plus gros salaire du club, Gaël Kakuta a été l’objet d’un investissement conséquent de la part des dirigeants pour le rapatrier en Picardie. Et s’il faudra attendre une échéance plus avancée dans la saison pour savoir si le come-back du numéro 10 s’avère être un échec, celui-ci demeure jusqu’ici assez mitigé. Avec un bilan statistique de trois passes décisives pour aucun but inscrit, le milieu offensif de 28 ans ne répond pas totalement aux attentes placées en lui. De quoi irriter également certains de ses coéquipiers, lui reprochant son manque d’implication aux tâches défensives et sa capacité à disparaître des matches quand la situation devient plus complexe.

Un environnement coupable

Depuis le début de saison, la très grande majorité des observateurs ne tarissaient pas d’éloges à l’égard de l’Amiens SC. Vanté pour son identité de jeu, son esprit offensif et son sens du panache, l’équipe de Luka Elsner a souvent été portée aux nues dans les médias, en partie à juste titre. Vent de fraîcheur d’une Ligue 1 trop souvent aseptisée, le petit club picard a ainsi été mis sous le feu des projecteurs. Méconnu de tous à son arrivée à Amiens, Luka Elsner est quant à lui rapidement devenu une véritable attraction, crevant l’écran avec un un capital sympathie certain et une communication proche de la perfection.

Un cocktail détonant qui explique pourquoi beaucoup n’ont vu que le verre à moitié plein en ce début de saison, préférant mettre en avant l’attaque prolifique de l’Amiens SC plutôt que de pointer du doigt son manque de solidité défensive, comme en attestent les vingt-quatre buts encaissés et les deux seuls clean-sheets effectués depuis le début de saison. Bercés par tous ces commentaires élogieux, les Amiénois sont finalement tombés dans un confort, voire une forme de suffisance, qui a fini par avoir raison d’eux contre Strasbourg. Car comme le répète inlassablement Christophe Pélissier : « les compliments sont souvent les meilleurs des somnifères. »

Et si certaines claques sont parfois salutaires, tâchons que celle-ci en soit une pour l’Amiens SC qui, ne doit pas perdre de vue les valeurs essentielles dans sa quête de maintien : l’abnégation, humilité, la solidarité et le sens du sacrifice. Des vertus qui lui font défaut depuis quelques matches. 

Romain PECHON

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5 Commentaires

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  1. Kakuta voit clair et anticipe. C’est donc un vrai joueur de haut niveau. S’il paraît moins flamboyant qu’il y a 2 ans, c’est qu’il joue moins « personnel » et plus « collectif ». On ne peut pas tout lui demander et il y a 9 autres joueurs sur le terrain. Kakuta travaille pour l’équipe beaucoup plus qu’il y a 2 ans. Qu’il continue et tout le monde lui en sera reconnaissant.
    Aleesami aurait dû être laissé au repos après ses matchs internationaux, de même que Mendoza, même si ce dernier a quand même été actif.
    Jordan Lefort est un joueur de qualité qui a sa place sur le terrain. Pourquoi ne l’utilise – t- on pas ???

  2. Aleesami a été catastrophique… Aucune passe réussie. Abandon systématique de son poste.
    Avant d’attaquer, il faut qu’il apprenne à défendre

  3. Trop facile de mettre tout sur le.dos de 3 joueurs ….la défense et plus particulièrement les latéraux ne.sont pas au.niveau …. rien a voir avec nos deux latéraux de l annee dernière.
    Kakuta est la pour créer et non combler les grosses faiblesses défensives

  4. Le 11 vous avez oublié la tribune nord que je n’ai pas vraiment entendu et qui ne sait pas stimuler l’équipe quand ça ne va pas, et le reste du stade, mais ça , on est habitué .

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